Moi brasseuse amateuse

Ma bière ma bataille, petit guide pour faire sa binouze maison

C’est décidé, je fais ma propre bière ! Fini les MachinBrau sans saveur ou les IPA aux noms imprononçables, cet été ce sera ma bière, ma bataille. Bienvenue dans ma cuisine, je vous montre comment faire de la potion magique !

©Manon Nougier

Pourquoi faire sa bière maison ?

Certaines bières du commerce contiennent un certain nombre d’additifs dont on aimerait bien se passer, voire même des substances animales. Faire sa bière maison permet de comprendre tout le travail des brasseurs (et savoir pourquoi on doit payer 8 € en terrasse), de s’amuser, et surtout de se la péter en société, ce qui est toujours bon pour le moral.

Pour réaliser mon chef d’œuvre, j’ai commandé un kit B Maker, me permettant de faire ma bière chez moi avec tout ce qu’il faut. Plusieurs enseignes en proposent, à vous de faire votre choix : Nature et Découvertes, Saveur bière, Rolling beers

Mon trésor

Une cuve de fermentation (qu’on transformera en cuve à sangria cet été avec son plastique sans perturbateurs endocriniens)
Un robinet de soutirage
Un barboteur
Un sac de brassage
Un thermomètre (votre nouveau meilleur ami)
Une dosette à sucre 33/50/75 cl
Du malt d’orge bio
Deux houblons différents
Un sachet de levure
Du désinfectant

 

À cela je rajoute de ma cuisine…

Une casserole pouvant contenir 5 litres
Une cuillère
Un couvercle
Du sucre roux
Des bouteilles en verre refermables
Une bonne playlist et pas mal de patience

On s’y met ?

©Manon Nougier

Étape I : La grosse tisane

> L’empâtage – 85 mn (1 h et 25 mn donc)

 

Mettez à chauffer 3,5 litres d’eau à 71 °C.

Pendant ce temps, désinfectez tout le matériel (sauf les bouteilles en verre) avec le désinfectant et laissez-les sécher à l’air libre.

L’eau a atteint 71 °C ? C’est le moment d’ajouter le sac de brassage à votre casserole et d’y verser tout le malt.

On laisse le tout infuser comme un énorme sachet de thé pendant 85 mn, soit deux épisodes de Stranger things.

N’hésitez pas à goûter et à découvrir un bon goût de céréales. Attention : la température doit rester entre 66 °C et 68 °C.

Astuce n° 1 : vous pouvez augmenter la température les dix dernières minutes pour atteindre environ 75 °C, cela s’appelle le Mash Out. Ceci permettra la destruction des enzymes et la stabilisation du moût. Et puis c’est drôle à dire.

 

©Manon Nougier

Les 85 mn sont passées ?

Sortez les biscotos et égouttez/pressez le contenu du sac de brassage. Attention : c’est extrêmement chaud !

Astuce n° 2 : vous pouvez garder le contenu du sac pour cuisiner, nous avons profité de la deuxième étape pour réaliser un granola de drèche. Pour cela, faites sécher le contenu du sac de brassage au four puis mélangez-le à du sucre roux fondu, de la cannelle, de la vanille, les graines de votre choix, enfournez le tout à 150 °C et mélangez souvent.

©Manon Nougier

Étape II : Un doux sentiment d’amertume

> L’ébullition – 1 h

Ajoutez 2 litres d’eau à température ambiante dans votre casserole (vous avez donc 5 – 5,5 litres au total normalement), portez le tout à ébullition. 

Ça bout ? Versez le premier houblon, qui est amérisant, dans la casserole, et laissez bouillir durant 50 mn en remuant régulièrement pour bien diffuser le houblon.

Re-goûtez si vous n’avez pas peur du goût très amer.

Attention : surveillez bien votre casserole pour que l’ébullition ne soit pas trop forte ou votre bière risque de s’évaporer et ce serait dommage. Vous obtiendrez normalement à peu près 3 litres de liquide à la fin de cette étape.

Ça fait 50 mn ? Ajoutez le second houblon, qui est aromatique, et laissez-le infuser durant 10 mn, puis coupez le feu.

©Manon Nougier

Étape III : Bain de siège

> Le refroidissement et la première fermentation

Sortez les muscles ou demandez de l’aide à une personne de confiance et mettez votre casserole à tremper dans un bac rempli de glaçons ou d’eau froide. Si vous en avez un : couvrez la casserole d’un couvercle (que vous aviez désinfecté tout à l’heure).

Afin de sédimenter les dépôts et les protéines, vous devez réaliser un whirlpool (un tourbillon quoi). Munissez-vous d’une cuillère en bois et réalisez des cercles énergiques dans le mélange dans le sens de votre choix durant plusieurs minutes jusqu’à créer un typhon aquatique. Laissez le tourbillon tourner jusqu’à l’arrêt complet.

Préparez ensuite la cuve en vérifiant que le robinet est bien fermé.

Lorsque la température se situe entre 18 °C et 23 °C, versez précautionneusement le liquide dans la cuve, demandez à une personne de la tenir, on ne sait jamais.

Ajoutez ensuite les levures dans la cuve, fermez cette dernière avec le bouchon.

Enfin, remplissez à moitié d’eau le barboteur et placez-le sur le bouchon de la cuve (dans le petit trou).

Vous pouvez laisser votre bière dormir tranquillement pendant dix jours dans un endroit sec, à l’abri du soleil, à une température entre 18 °C et 23 °C. Ceci permettra la première fermentation. Ne touchez à rien, laissez comme tel, passez juste de temps en temps écouter les petits gazouillements de votre enfant.

Et voilà !

©Manon Nougier

Étape IV : Mise en bière

> L’embouteillage et la fermentation finale

Dix jours sont passés et vous avez eu le temps de récupérer des bouteilles en verre ? Parfait, vous pouvez donc les désinfecter !

Si vous y pensez : placez votre cuve (et son barboteur) au frigo au bout de sept jours, cela aidera les levures à se déposer au fond de la cuve.

On passe à la mise en bouteille !

Demandez de l’aide à une personne car remplir une bouteille, tenir la cuve, et fermer le robinet à temps, peut se révéler plus complexe qu’on ne le pense.

Retirez le barboteur, et faites bien attention à remplir les bouteilles jusqu’à 2 cm du haut de la bouteille et à ne pas verser le fond de la cuve (arrêtez-vous au niveau du robinet, sauf si vous souhaitez boire une soupe de levure).

Ajoutez ensuite dans chaque bouteille du sucre en suivant la dosette fournie. Ou mettez du sucre à la petite cuillère si vous avez oublié la dosette à la maison

Fermez bien les bouteilles et laissez dormir durant 2 à 4 semaines dans une pièce à l’abri de la lumière et à une température d’environ 18 °C.

Cela vous laisse le temps de lui trouver un petit nom.

Astuce n° 3 : d’expérience, attendez vraiment quatre semaines, mieux vaut ne pas être trop pressé que de déguster une bière ratée, ce serait dommage.

 

©Manon Nougier

Étape V : Le grand show

> La dégustation

Faites bien attention à ouvrir votre création en maintenant le haut du bouchon d’une main afin qu’elle ne vous explose pas au visage. Une ouverture au-dessus d’un évier est aussi recommandée, on ne sait jamais.

Alors, heureux ?

Faire sa bière maison est extrêmement satisfaisant car c’est moi qui l’ai fait. Cependant, cela prend beaucoup de temps (comptez au moins 3 heures pour les étapes I à III) et le résultat change selon vos plaques de cuisson / le lieu de stockage / votre degré d’alcoolémie durant le brassage.

Vous avez peur de vous lancer ? Plusieurs brasseries proposent des cours ou stages, vous assurant ainsi une bière réussie, et une certaine liberté (pas besoin de louer un hangar pour stocker vos enfants bullés).

Si vous souhaitez plus d’infos sur le brassage maison, le site Univers-bière est une mine.

Allez, cheers !

©Manon Nougier

4 commentaires

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  1. Attention aux bouteilles de bières transparentes, c’est pas du tout bon pour le houblon qui tourne au goût de « mouflette » au moindre rayon de soleil.
    C’est pour cette raison que le cidre est souvent en bouteille claire tandis que les bouteilles de bière sont brunes.

  2. Un peu dubitative sur le bidon plastique sans perturbateur endocrinien … Ca reste du plastique. Et si c’est toujours sympa de s’essayer à faire soi-même on pourrait plutôt encourager tous les petits brasseurs et producteurs 😉

  3. Très intéressant tout ça… Mais si l’on compte le temps passé, la dépense énergétique (personnelle et celle de la plaque chauffante…) et le coût du kit, peut-être vaut-il mieux acheter une bonne bière Bio produite par un micro brasseur pas loin de chez soi ? A part le côté « self made » et l’aspect fun de la démarche, je ne suis pas vraiment séduite sur le fond. Eric, vous avez l’air de vous y connaître, parlez-nous donc du rinçage du mash, comment s’y prendre puisque selon vous, on récupère un peu plus de bière à la fin ?

    Merci d’avance

  4. je trouve que cet article sous estime le « brassage » lui même, c’est à dire, comme son nm
    om l’indique, le fait de touiller le mash avec une grande cuillère en bois pendant 75 mn, c’est quand même assez physique, et sans ça on va perdre plein de matière, et risquer la surchauffe du fond de la gamelle. Donc pour regarder une série à la téloche à mon avis c’est raté. Idem : pas de rinçage du mash ?? ben on va perdre 30% des sucres produits par le brassage, et un tiers du volume de bière, ça serait dommage ….

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