Circuit court de l'énergie

Enercoop : énergies positives

Depuis dix ans Enercoop invente le circuit court de l’énergie. Dans cette coopérative, on rémunère justement les producteurs et on encourage les petites productions vertes et citoyennes. Ça vous rappelle quelque chose ?

Éteindre la lumière en se brossant les dents, couper l’eau en changeant l’ampoule, tout écocitoyen du monde que vous êtes avez forcément retenu ces leçons. Mais avez-vous déjà pris la bonne résolution, non pas de mettre les doigts dans la prise, mais d’aller regarder ce qui se passe derrière ? De savoir à qui vous confiez vos watts ? De comprendre le projet de société que vous encouragez via votre facture d’électricité ? Si manger c’est voter trois fois par jour, appuyer sur un interrupteur c’est changer le monde toutes les heures. Enfin presque. Suivez-nous !

Le service public est mort, vive le service citoyen !

Pour bien commencer notre périple derrière la prise, rappelons qu’il existe depuis onze ans plusieurs itinéraires possibles. En effet, le 1er juillet 2007, le marché de l’électricité s’est ouvert à la concurrence pour l’ensemble des clients français. Hier, EDF détenait le monopole de l’électricité, il n’y avait donc qu’une seule et unique autoroute à explorer. Aujourd’hui, l’opérateur historique continue à fournir 85 %  de l’énergie et une grosse trentaine de fournisseurs nationaux d’électricité se partagent le reste du gâteau. On trouve des poids lourds comme Engie, Total, C-Discount, Casino (ils sont partout !) et toute une offre alternative aux noms poético-gourmands : Plum énergie, Mint énergie, Planète Oui, Happ-e…

Il y a dix ans, au moment de la libéralisation de l’énergie et de la mort de ce service public, Patrick Behm et Julien Noé ont imaginé un service citoyen de l’énergie en fondant Enercoop, explique Emmanuel Soulias, l’actuel directeur de la coopérative d’énergie qui détient aujourd’hui 0,5 % du marché, soit 60 000 clients.

 

Nous voilà désormais derrière la prise d’Enercoop, parcourant de petites ruelles escarpées pavées d’énergies renouvelables et de participation citoyenne. Dans notre projet, il s’agit de redonner les clés de l’énergie aux citoyens, explique Emmanuel. De mettre en relation producteurs et consommateurs dans une démarche de circuit court. Chez Enercoop, chaque personne peut devenir sociétaire et ainsi avoir une voix sur la gestion globale de l’électricité qu’elle consomme et sur le projet Enercoop.

Concrètement, la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) créée par Greenpeace, Biocoop, Hespul, le CLER, les Amis de la Terre et la Nef ne se fournit qu’auprès de petits producteurs d’électricité faisant appel aux mouvements de l’eau ou du vent, aux rayons du soleil ou à la décomposition organique. Ces énergies que l’on appelle hydraulique, éolienne, solaire et biomasse sont inépuisables, présentent peu de risques pour l’environnement et émettent peu de gaz à effet de serre. 

Paris, Nantes, Lille, la Maif, Chronopost, Biocoop font partie des 60 000 clients d’Enercoop.
Chez EDF, 89,13 % de l’énergie provient du nucléaire et seulement 5,53 % de l’eau, du solaire, du sol ou du vent. Chez Enercoop, 100 % des énergies sont renouvelables (92 % hydraulique, 5 % éolien, 3 % solaire, 0,01 % biomasse).

Quand l’énergie renouvelable fait école

Le chemin nous conduit à l’école du Petit Prince à Bilieu (Isère), l’un des 170 producteurs-fournisseurs d’Enercoop. Nous nous sommes inspirés des centrales villageoises, explique Gilles Fanget, fondateur de Buxia énergies qui pilote le projet. Nous avons choisi le toit de l’école pour installer des panneaux solaires photovoltaïques non seulement capables de fournir 36 kWc mais aussi de jouer un rôle pédagogique en montrant aux enfants une source d’énergie renouvelable.

Pour boucler ce chantier de 60 000 euros, 130 citoyens ont apporté leur contribution technique et financière et sont ainsi devenus sociétaires de cette nouvelle centrale électro-écolo-pédagogique. Nous avons choisi de vendre notre énergie à Enercoop car leurs valeurs sont proches des nôtres, confie Gilles. La volonté d’agir dans un cadre renouvelable qui encourage la sobriété et l’efficacité énergétique, la gouvernance coopérative, tout ça c’était des images qui collaient très bien avec l’idée que l’on se faisait d’une économie vertueuse pour tous.

Enercoop encourage aussi les économies d'énergie avec son programme Docteur Watt.

Les 169 autres sentiers pourraient nous mener chez Benoît Parésy, producteur de lait bio en Haute-Normandie et propriétaire d’un éolienne, du côté d’Annick et Pierre Lebbe qui utilisent 450 m³ de fumier caprin par an et 100 m³ d’effluents issus de leur production de bière pour alimenter en électricité bien plus que la totalité de leurs installations. Ou chez Sebac qui utilise l’énergie d’une rivière en Languedoc-Roussillon pour produire de l’électricité. On aurait pu aller se promener dans les quatre coins de France pour rencontrer ces producteurs à qui Enercoop achète l’électricité 10 % au-dessus du marché et avec qui des contrats de 3, 5 ou 10 ans sont signés. 

L’électricité Enercoop est vendue en moyenne 15 % plus chère qu’EDF mais permet de rémunérer justement les producteurs, de soutenir les énergies renouvelables et de s’engager auprès d’une entreprise de l’économie sociale et solidaire.

Mais la route est longue et il nous faut rentrer. 

Ce soir, en branchant notre téléphone sur la prise du salon, nous aurons à choisir entre deux chemins. La voie rapide jusqu’à Fessenheim, Tricastin et Cruas ou les sentiers de traverse ponctués de toitures solaires, d’éoliennes, de micro-barrages et de fermes, illuminés par les visages de tous ceux qui, partout en France, dessinent la transition énergétique. 

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Partage de bonnes ondes

La coopérative Enercoop et la Ruche qui dit Oui ! sont un peu comme deux cousines. L’une promeut un circuit court de l’énergie avec une offre d’électricité 100 % renouvelable. L’autre, avec ses 1000 Ruches, met en lien agriculteurs et personnes désirant mieux se nourrir en consommant local.

Elles repensent notre façon de manger, d’utiliser de l’énergie et sont animées par la même volonté de mettre les citoyens au cœur de ces préoccupations. Elles portent chacune la transition écologique à leur manière.

Ainsi Enercoop et la Ruche qui dit Oui ! ont décidé de nouer un partenariat pour vous permettre de bénéficier de leurs produits et services à des conditions avantageuses. Pour en profiter, c’est par ici.

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  1. ah !!! la propagande d’enercoop : enercoop = énergie verte, je me marre

    je serais curieux d’avoir la proportion d’énergie hydraulique (grandes vs petites structures) vs éolien vs photovoltaïques vs biomasse, si quelqu’un a ?

    au vu du nombre de centrales hydrauliques que gère enercoop … je suppose qu’elles fournissent la quasi totalité de l’énergie re-vendue
    on a quand même connu plus écolo qu’une centrale hydraulique … mais bon une fois en place effectivement, on a juste le désagrément visuel des trouées dans la montagne
    et s’il y a une gestion citoyenne de ces structures, c’est plutôt une bonne chose, même si on reste dépendant du réseau d’acheminement

    par contre, pour le reste (éolien, photovoltaïques) je suis perplexe !!!

    c’est comme la voiture éléctrique qui laverait plus blanc que blanc ; en europe oui, ou du moins sur les lieux où elle circule, mais si on regarde de plus près les impacts humain et environnemental de la totalité de son cycle de vie (extraction terres rares, lithium, uranium, … construction, transport et le recyclage de tout ce bazard) … alors là on n’est plus trop vert, ou alors tendance caca d’oie

    pour en revenir en énercoop, côte éolien et photovoltaïque, on ne regarde qu’une partie du cycle de vie de l’électricité, c’est une propagande par l’infantilisation pour se donner bonne conscience (comme celle de ne pas laisser les appareils électriques en veille pendant la nuit … alors que le lendemain, tu prends ton 4*4 pour aller bosser, en hiver tu pars au ski et à la mi-saison tu prends l’avion pour aller dans les iles)

    les énergies dites naturelles (vent, soleil, …) sont généralement perçues comme inépuisables, oui, certes, mais on ne peut pas en dire autant des dispositifs qui transforment ces énergies là en électricité (photovoltaïques, éoliennes, batteries de stockage, …) :
    – on a besoin de matières premières (terres rares, lithium, …) soumises aux lois du marché libéral et extraites dans des conditions environnementales et sanitaires abominables (faudrait qu’enercoop mette des chiffres et des photos de la vallée du cancer en chine ou des déforestations en colombie … mais c’est pas très marketing)
    – il faut ensuite les fabriquer (si c’est en chine, y a fort à parier que l’usine tourne au charbon)
    – les acheminer (par bateau ? extrèmement polluant)
    – et les recycler (non ça on n’en parle pas, on verra plus tard, de toute façon y aura des technologies innovantes qui le feront sans trace dans l’avenir)

    alors, d’aucuns diront que vaut mieux ça que le nucléaire … ouhais, sauf qu’on s’éloigne peu de l’économie libérale mondialisée et on est quand même très loin de l’autonomie pronée par enercoop ; cette fausse bonne idée fait malheureusement reculer le moment où on devra prendre une véritable décision politique … si on en a encore la possibilité

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