Recettes branchées

Quinoa, star du moment

Impossible d’échapper à l’hégémonie de Chenopodium quinoa, et hors de question de ne pas l’aimer sauf à passer pour un cuistre réactionnaire. C’est ainsi : les modes vont et viennent, inutile de lutter.  Aujourd’hui, le vent du succès souffle dans les voiles de cette petite herbacée.

DÉFAUTS DE FABRIQUEAVANTAGES AVANTAGEUX
Inévitable dans les soirées branchéesExiste en plusieurs couleurs
Très aimé des mites et mythes alimentairesTrès riche en protéines
Cuisson délicateDigeste et léger
Saveur somme toute discrèteVite préparé
Et c'est toutVersatile et customisable

Choix/Retour de courses

Selon votre humeur vous choisirez la couleur de votre quinoa… Noir pour les jours sombres, rouge pour ceux de révolte et blond quand tout ira bien. Quelle que soit sa couleur, la graine attire les mites : à conserver très soigneusement emballé…

La santé, c’est le silence des organes

C’est l’intérêt nutritionnel du quinoa qui attire ses adorateurs… Tout d’abord, la petite graine ne contient pas de gluten mais a pu subir une « contamination croisée » par ce grand Satan lors de son conditionnement. Bien lire l’étiquette. Elle est aussi très riche en protéines, c’est pourquoi les végétariens et flexitariens l’apprécient tant.

 

Un peu de culture sur la culture

Si le quinoa est cultivé depuis des millénaires sur les plateaux de la Nouvelle-Grenade, du Pérou et du Chili, les conquistadores ne lui trouvèrent ni bon goût, ni attrait, ni rien du tout, en fait. La pomme de terre, le maïs et les haricots furent vite remarqués mais pas le pauvre quinoa qui pourtant nourrissait les peuples indigènes depuis des lustres. C’est le botaniste naturaliste Joseph Dombey (1742-1794), semble-t-il, qui le premier s’intéressa à ce chénopode dont il rapporta les graines vers 1775. Le quinoa connut, après que sa culture fut adaptée aux conditions européennes, un certain succès avant de retomber dans l’oubli presque total dont elle semble ressortir depuis une dizaine d’années jusqu’à être même cultivée France. À l’époque, on consommait d’ailleurs presque plus ses feuilles (comme des épinards) que ses graines que certains auteurs considéraient toxiques en raison de leur pouvoir détergent, faute à une légère quantité de saponines…

Les conseils synoptiques et avisés

CuissonsAffinitésCoup de pouce
À l’eauLe beurre, l’huile d’olive, le jus de rôti, la sauce soja,…Salez un peu l’eau de cuisson, ébullition calme et sans prolongation inutile
De type pilafLe beurre, les oignons, le safran, le curry, le paprika, rien du toutCuisson des oignons, ajout du quinoa, épices, eau puis cuisson douce à couvert
De type risottoLes échalotes, le poireau, les carottes, les petits pois, les bouillons, le beurre, le ParmesanCuisson des légumes aromatique, puis ajout du quinoa et du bouillon chaud au fur et à mesure, puis finition
A l’eau puis saladeLes huiles d’olive, courge, noix, les vinaigre de xérès, vin, framboises, le cumin, le carvi, le curry, l’estragon, …Cuisson à l’eau, égouttage soigneux, puis mélange avec d’autres végétaux et assaisonnement

 

Les préceptes définitifs et incontournables

« Le quinoa est au Bourgeois-Bohème ce que steak-frites est au camionneur. » Oui, c’est à peu près ça, et de ce point de vue, la petite graminée est un marqueur social fiable. Mais rien n’empêche le Bobo de s’attabler à un routier, ni les camionneurs de déjeuner dans le 11e arrondissement de Paris.

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Photos : Guillaume Czerw, stylisme Sophie Dupuis, 180°C

6 commentaires

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  1. Merci pour cet article!
    Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de cet article de Libération qui permet de comprendre les enjeux sociaux, économiques notamment en Bolivie où il est cultivé traditionnellement depuis des siècles sur des terres arides et au Pérou où ils ont pressenti le filon et où la culture intensive est reine. Malheureusement pour la culture française, la priorité est aussi la culture intensive avec utilisation d’insecticides. Restons attentifs sur ce qui nous est proposé pour choisir en toute connaissance de cause.

  2. Je voudrais souligner que dans les pays comme la Bolivie où le quinoa est cultivé et consommé depuis des millénaires en effet, il est devenu quasiment inabordable pour les habitants. Son succès international a généré une hausse de prix qui le réserve désormais presque exclusivement à l’exportation.

    1. Entièrement d’accord avec toi Judith, il est bon de le préciser !! Je reste sans voix devant cet article où, à aucun moment, il n’est mentionné le désastre humain observé actuellement en Bolivie/Chili/Pérou (et j’en oublie peut-être) causé par NOTRE consommation accrue du quinoa. Passé de leur alimentation de base à une denrée inaccessible du à l’exportation massive, il n’est souvent plus possible sur place d’en acheter à un prix acceptable.
      Il conviendrait donc, non pas d’arrêter sa consommation totale, mais surtout de faire attention à sa provenance. Il est également produit en France 🙂 ce qui, de surcroît, est plus cohérent niveau bilan carbone !

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