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Terre en vue

Un projet pédagogique pour reconnecter les jeunes aux métiers du vivant.

Texte et photos : Julie Subiry

Comment créer des ponts entre deux mondes qui ne se connaissent plus : d’un côté les jeunes citadins, de l’autre, celles et ceux qui produisent notre alimentation dans le respect de l’environnement ?

C’est la question que s’est posée Astrid Tarteret, fondatrice de l’association Terre en Vue, fille d’agriculteurs et co- créatrice de FEVE ( fermes en vie ).

 

A travers ateliers en classe et demi-journées d’immersion dans des fermes, son but est de sensibiliser les jeunes aux enjeux de nos modèles agricoles et alimentaires ainsi qu’aux métiers du vivant. Le projet pilote est mis en place courant 2023 auprès des élèves du collège Claude Monet d’Argenteuil (classé REP + ). Il s’adresse à un public déjà sensible aux questions environnementales : les écodélégués. A leur tour, ceux-ci transmettront ce qu’ils ont appris à leurs camarades.

 

Une étude américaine montre qu’un enfant est capable de reconnaître environ 1000 logos de marques mais qu’il aurait du mal à faire la différence entre deux feuilles d’arbres… Astrid propose le test aux élèves. Ses résultats concluent aussi à une déconnexion au vivant.
L’objectif d’Astrid est de les faire réfléchir sur nos habitudes de consommation, de tenter de faire évoluer les pratiques. « Saviez -vous que de sa production à sa consommation, un pot de yaourt parcourt en moyenne 10 000 km ? »

 

Les élèves visitent Zone Sensible à Saint Denis. Sur l’ancienne Plaine des Vertus, la dernière ferme

maraîchère du 19ème siècle encore en activité aux portes de Paris a été reprise par le Parti Poétique et les Fermes de Gally en 2018. Le projet allie « nature, culture et nourriture ». Des artistes en résidence investissent le lieu. Plus de 200 espèces végétales sont cultivées sur 1 ha en permaculture. Les légumes produits seront destinés à des distributions solidaires.

 

Franck Ponthier, le chef maraîcher de Zone Sensible anime la visite. « Jusqu’en 1950, la capitale était approvisionnée pour l’essentiel par un hinterland nourricier. Aujourd’hui à Paris, plus de 95 % de la production alimentaire est importée. »

 

Les jeunes découvrent la vie des sols et apprennent que les vers de terre et les cloportes sont indispensables à la décomposition des matières organiques. Ils participent à un atelier de semis. Chacun appréhende la terre à sa manière : les uns plongent avec joie leurs mains dedans tandis que d’autres préfèrent porter des gants.

 

Zone Sensible, à travers les 3 axes de nature, culture et nourriture, a pour but de sensibiliser les visiteurs à l’art, au vivant, à la préservation de l’environnement et à une alimentation saine et durable. C’est un lieu de partage de connaissances et de formation qui propose régulièrement des interactions avec le public.

 

Quelque semaines plus tard, c’est dans le Vexin (95), à la Bergerie de Villarceaux, qu’Astrid entraine les

jeunes citadins. Cette ferme de polyculture-élevage est engagée depuis 1995 dans une transition agro- écologique. Olivier Ranke, ingénieur agronome et exploitant explique aux élèves l’importance de la diversité dans les prairies. Elle enrichit les sols et nourrit les vaches qui produisent le fumier qui viendra amender les terres. Olivier est aussi boulanger. A la question « que peut-on faire avec du blé ? », un élève répond « des miels pops ! ».

 

Les vaches Salers et les moutons font partie du système de polyculture-élevage mis en place par Olivier Ranke.

 

La visite se poursuit dans les zones de maraîchage. Chaque année, 35 tonnes de légumes bio sont produits et vendus localement. Les élèves apprennent qu’il existe différentes familles de légumes : « les courges et courgettes font partie des Cucurbitacées, le cresson des Brassicacées » .

 

L’espace d’une matinée, les élèves se sont transformés en reporter pour participer au « concours « je filme le métier qui me plaît ». Ils interrogent les agriculteurs sur ce qui les motive, leur rapport au travail et à la nature, leur rythme, les compétences nécessaires pour être agriculteur…
Ces rencontres seront peut-être fondatrices pour certains d’entre eux… Avec son projet, Astrid Tarteret a semé des graines, elle espère que quelques unes germeront …

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