Ecologie à la ferme

Martine Donner fait de l’économie circulaire sans en avoir l’air

Des poules, des lapins, des canards coureurs, des oies… des cailles et un cochon, le petit René : sous les arbres fruitiers de la ferme familiale des Donner, à Obenheim en Alsace, l’économie circulaire n’est pas un vain mot mais bien une réalité.

Martine et son fils.

Dans la famille Donner, demandez d’abord la mère, Martine. Aide familiale et ancienne secrétaire dans le domaine du transport alimentaire, elle a pris la succession d’une ferme, avec vergers, champs et forêt. « En quinze ans d’activité à la ferme, avec le temps, on s’adapte à la demande », résume l’agricultrice qui pratique la polyactivité avec une folle énergie et un solide sens pratique. Dans son potager, elle plante courgettes, aubergines, betteraves, courges…

« Je vends tout en circuit court, raconte-t-elle, on a investi il y a deux ans dans un distributeur de produits qu’on a installé devant la maison. Dans les casiers, je mets la cueillette du jour. C’était un gros investissement mais c’était nécessaire. Il est disponible pour les clients 24h sur 24h, ils sont assurés d’avoir des légumes de la première fraîcheur. C’est utile pour nous, c’est moins pénible que faire les marchés. »

Distributeur à la ferme, disponible 24/24h

Agitée du bocal

Martine, c’est une artiste de haute couture potagère : ses bocaux très colorés se déclinent en saison printemps-été et automne-hiver. Comme ses pickles, ces petits morceaux de légumes conservés au vinaigre et au sel, à croquer, ou ses crudités à peine assaisonnées pour que persiste le goût naturel. En été, elle ramasse les fruits pour en faire des confitures et des sirops et coupe tous les légumes de fin d’été pour en faire des ratatouilles stérilisées en bocaux qui fourniront les Ruches toute l’année.

« L’été dernier, j’avais beaucoup d’aubergines, du coup j’ai essayé une recette de caviar », se souvient-elle. C’est devenu un produit très prisé chez les clients de Martine, qui n’hésite pas à proposer des nouveautés dans sa gamme. Elle remet aussi au goût du jour les recettes populaires de la région, avec ses navets salés qui font pschrittst quand on ouvre le bocal.

C'est une agréable surprise quand on te dit que ta soupe, elle est super bonne et qu’elle sent les légumes

Mixeur à la main, elle s’apprête à réduire en bouillie des betteraves, base de la toute nouvelle « soupe écarlate ». Les soupes, c’est la recette miracle de Martine, qui écoule ses légumes en les mixant à l’envi. Soupe vitaminée, soupe d’hiver ou de printemps, velouté de courge musquée, soupe écarlate donc, dernière arrivée dans la gamme développée « depuis deux ou trois ans ». Chez Martine, rien ne se perd, tout se transforme. « En discutant avec les clients, j’ai bien vu que certains n’avaient pas toujours le temps de cuisiner, surtout le soir après le travail, résume-t-elle, alors je me suis dit que la soupe en bouteille en verre, bien dense, à peine salée, pleine des vitamines des légumes, c’était une solution pratique pour eux. Et pour moi, puisque ça me permet d’écouler mes légumes.

Mais je dois avouer que je ne m’attendais pas à ce que mes soupes soient aussi appréciées, c’était une agréable surprise, surtout quand on te dit que ta soupe, elle est super bonne et qu’elle sent les légumes ». C’est qu’elle y met beaucoup d’amour et tout ce qu’elle peut trouver dans ses champs et sous ses arbres, y compris l’ortie et l’ail des ours, « sources naturelles de vitamines ». La seule chose qu’elle n’utilise pas dans ses soupes « c’est les fanes, même si je sais que c’est à la mode. Les fanes, elles sont pour les cochons. L’objectif, c’est de nourrir les animaux avec le maximum de végétaux de la ferme ».

Grand déballage d’emballages

Près de l’enclos du petit René, le cochon nain et de Peggy la cochonne, « forcément », sourit Martine, quelques cailles se font entendre dans leurs cages. Leurs œufs font le régal des enfants. Les poules couvent dans leur enclos sous les arbres. À chaque distribution dans les Ruches que Martine fournit, la productrice récupère boîtes d’œufs et contenants en verre qu’elle nettoie soigneusement pour recycler le tout. Les locavores sont tout autant ravis de lui fournir cette matière première.

Pas d’engrais ni de pesticides évidemment, on évite tout ça au maximum.

Il y a aussi le cheval, qui produit du fumier, qui servira de paillage dans le champ d’un hectare pour les légumes. Pas un centimètre d’espace dans et autour de la ferme n’échappe à l’œil avisé de Martine. Même au pied de la maison familiale, des plants de tomates poussent quasiment tous seuls. Pas d’engrais ni de pesticides évidemment, « on évite tout ça au maximum. »

Dans la famille Donner, il y a aussi Firmin, le père. Il n’hésite pas à donner un coup de main à la ferme le soir, après son service à la sucrerie voisine d’Erstein. N’oublions pas Fabien et Luc, les deux garçons de 21 et 19 ans, qui souhaitent tous deux travailler dans l’agriculture et qui admirent l’énergie et le travail de leur mère. C’est elle aussi qui leur a donné l’envie de travailler la terre. C’est qu’ils ont été à bonne école à la maison.

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