Distillerie de fruits

La Part des anges, sélection officielle de cannes

Sur l’île de la Réunion, Céline et Ludovic Maufras ont inventé le plus beau cocktail de leur vie : un mélange de fruits locaux, de variétés anciennes de cannes à sucre, de passion et de savoir-faire familial. Bienvenue dans leur distillerie artisanale, la Part des anges.

Ludovic Maufras
La qualité des produits joue sur la fermentation des fruits et de la canne, étape essentielle avant la distillation. À la Part des Anges, elle est naturelle : pas l’ombre d’un produit chimique.

Une odeur douce, délicate et sucrée vous enveloppe dès l’arrivée dans les locaux de la Part des anges sur la côte occidentale de l’île de la Réunion. Ludovic est à la tâche et presse sans relâche la canne à sucre pour en tirer le précieux jus à distiller. Canne après canne, l’extraction est méthodique, longue, artisanale et… joyeuse !

Voilà déjà trois ans qu’il répète ces gestes pour produire un rhum agricole sur une île où la pratique est une institution. Pour se démarquer et parce qu’ils aiment le goût du terroir et de la qualité, Céline et Ludovic ont sélectionné des variétés anciennes ou très parfumées comme la canne bonbon. Le label bio va de pair avec leur exigence qualitative. À la clé, un rhum agricole atypique et très fruité.

Céline et Ludovic Maufras
Le père de Ludovic peut se réjouir. Lui qui craignait que la lignée s’arrête... La relève est assurée.

Il y a dix ans, Céline et Ludovic décident de lâcher les cuisines qu’ils ont fréquentées pendant vingt-cinq ans pour créer une distillerie modeste et expérimentale. Dans leur petite entreprise familiale, le produit est roi et l’utilisation de fruits locaux, gorgés de soleil et d’arômes délicats, un principe de base qu’ils ont adopté en 2009.

Céline et Ludovic Maufras sont proches des producteurs. Ils s’assurent ainsi une qualité et des quantités constantes.

Céline en décrit les notes si particulières : la complexité quasi minérale des fruits de la passion ou le côté très épicé du goyavier. Même évocation quasi poétique pour le tangor, un agrume très aromatique à mi-chemin entre l’orange et la mandarine ; la cerise, le fruit rouge du café ; l’ananas ; la banane ; le litchi. On leur avait prédit qu’ils n’arriveraient à rien avec la mangue ? Ils persistent. L’arôme que dégage l’eau-de-vie en question convainc désormais les plus sceptiques.

alambic
À la Réunion, la saisonnalité des fruits permet d’étaler la distillation tout au long de l’année, un détail appréciable pour une structure familiale qui accueille juste de temps en temps quelques wwoofers.

Si les fruits choisis sont excellents, ils ne pourraient devenir de bons alcools sans le savoir-faire de Ludovic, Charentais d’Angoulême. Issu d’une longue lignée de distillateurs, il baigne dans cette tradition depuis sept générations. Son père sillonnait les campagnes pour distiller le cognac des bouilleurs de cru. C’est lui qui lui a transmis les rudiments de la pratique et qui a éveillé ses sens, sollicités en permanence pour réussir la transformation.

Salle des machines

Acteur majeur de ladite transformation et au centre de la distillerie : l’alambic. Il a été fabriqué en Allemagne par un expert selon des plans (et des  astuces) voulus par Ludovic et son père. Faite sur mesure, cette belle machine fonctionne comme un gros bain-marie. Elle permet une triple distillation en circuit fermé. En six heures, le début et la fin de la distillation sont écartés, seul le cœur de chauffe est conservé, le meilleur. Il est ensuite combiné à de l’eau distillée pour équilibrer le taux d’alcool. Et c’est ensuite parti pour un an de repos dans le chai, afin d’assouplir l’attaque en bouche, précise Céline.

Ces délicieux spiritueux sont à retrouver dans les Ruches de l'île.

Les opérations restantes sont réalisées à la main. Les eaux-de-vie, liqueurs, rhums agricoles ou mistelles, un apéritif conçu dans l’esprit du Pineau des Charentes, sont embouteillés puis les bouchons cirés. Des dégustations sur place permettent de jouir de ce travail bien-fait. À terme, il pourrait même être entrepris grâce à un station photovoltaïque qui alimenterait directement l’alambic, électrique. Si la part des anges est la part qui disparaît par évaporation quand l’alcool vieillit, l’entreprise de Céline et Ludovic s’avère bien ancrée dans son époque.

4 commentaires

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  1. Grand BRAVO ! Et sincères félicitations pour cette ode à l’eau de (la) vie, essences fugaces et essentielles à l’existence.
    Axel doit être fier de vous!

  2. L’ile de la Réunion produit plusieurs rhum AGRICOLE (à partie du jus de la canne) de très très bonne qualité.

    La mélasse est utilisé pour le rhum traditionnel

  3. Le Rhum Agricole est tout sauf une institution à la Réunion qui est une île productrice de sucre et utilise de la mélasse pour faire du Rhum..qui n’est donc pas un rhum agricole produit directement à part du jus de canne cultivée dans cette optique.

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