Pour la paix des ménages

Végés, flexis, viandards, voici 5 raisons de vous réconcilier

Sur les réseaux sociaux, la guerre est déclarée. Les vegans ne manquent pas une occasion d’embouleverpaler les viandards. Et réciproquement. Votre magazine joue les médiateurs, et donne 5 raisons d’enterrer la hache de guerre.

Dans les forums, sur des pages Facebook et bien sûr aussi dans les commentaires de nos articles, le combat est rude. D’un côte du ring, ceux qui ne touchent jamais à un produit issu d’un animal voire se refusent à toute forme d’exploitation animale. Ils sont les végétariens, vegans et antispécistes. De l’autre, ceux qui, pour résumer, mangent de la viande le moins souvent possible et/ou tentent de ne manger que les steaks et les côtelettes les plus éthiques possible. On leur donne de drôles de noms comme flexitariens ou carnivores éthiques. Quand les deux camps discutent, le ton monte souvent et le point Godwin est vite dépassé. Votre magazine joue les médiateurs, et donne 5 raisons de se réconcilier. L’objectif ? L’amitié entre les peuples et le bien-être de tous les êtres vivants, rien que ça.

Brunch Choice Crowd Dining Food Options Eating Concept

1- Parce personne n’a le monopole du cœur

S’il fallait lister les points communs entre végés, pesco-végés, flexis et autres carnivores éthiques, le premier serait sans doute celui-ci. Tous ces gens se posent beaucoup de questions, lisent, écoutent et s’informent pour y répondre. Ils sortent ainsi de la culture du secret et du tabou qui règne dans le milieu de la barbaque, ce qui n’est pas une mince affaire alors que depuis un siècle notre société s’échine à cacher le sang des bêtes.

Les deux groupes osent faire face à ce qu’on appelle parfois le « paradoxe de la viande », une « dissonance cognitive » répandue. L’antinomie est la suivante : nombre de gens affirment à la fois aimer les animaux, ne pas souhaiter qu’ils souffrent… mais sont d’accord pour en manger. Certes, nos deux camps ennemis ne répondent pas du tout de la même manière à ce paradoxe. Mais ça ne veut pas dire que l’une des deux façons de penser est plus juste, sincère ou intelligente que l’autre.

Prenons, pour vous en convaincre, l’exemple de deux grandes chercheuses qui ont permis chacune à leur manière de véritables révolutions dans notre compréhension et notre relation avec les animaux. D’un côté Jane Goodall, la célèbre primatologue qui fut l’une des premières à constater que les chimpanzés fabriquent et utilisent des outils, après avoir vécu des années avec eux en Tanzanie. Elle se revendique végétarienne et explique qu’elle ne voit que de la peur, de la souffrance et de la mort dans une assiette qui contient de la viande.

 

Temple Grandin – biologiste de renommée internationale que l’on appelle l’interprète des animaux tant elle est capable de les comprendre et de se mettre à leur place – a elle fait le choix exactement inverse. Elle assume de manger de la viande et de travailler pour l’industrie de la viande… en mettant au point du matériel et des procédés qui limitent les souffrances dans les abattoirs et les élevages. Il faut lire les livres de ces deux femmes pour constater qu’ils sont remplis de la même empathie, même si elles ont choisi des issues différentes.

2- Pour croire en l’intelligence collective

On peut également citer les auteurs, chercheurs et penseurs qui sont devenus végétariens après avoir été carnivores, ceux qui ont fait le chemin inverse ou même ceux qui naviguent entre ces mondes. Marissa Landrigan, par exemple, une ancienne végétarienne auteure d’un Guide pour manger de la viande éthique quand on est végétarien (en anglais) explique qu’elle a changé de régime alimentaire et préfère maintenant chasser de son assiette les aliments qui nuisent à la santé ou à l’environnement, plutôt que ceux qui sont carnés ou non. Dans un article qui commente ce livre, la journaliste Emily Monaco – elle-même ancienne végétarienne reconvertie en carnivore éthique – citait pour guider ses lecteurs les 5 règles du philosophe Peter Singer pour acheter de manière éthique. Or ce philosophe est un végétarien qui par ses livres a convaincu un nombre incalculable de gens de renoncer aux aliments issus des animaux. Mais il défend aussi dans certains textes l’idée que des principes éthiques peuvent être plus importants que l’opposition entre aliments carnés et non carnés.

Quand les élevages permettent aussi d'entretenir les paysages.

Au lieu de s’offusquer de ces allers-retours et de ces frontières floues, il faut voir la diversité de ces points de vue comme une chance et une richesse. D’abord parce qu’en lisant chacune de ces réponses différentes au paradoxe de la viande, on est sûr de s’éviter un biais cognitif appelé biais de confirmation, qui pour résumer consiste à ne prêter attention et à ne retenir que les informations qui confirment ce que l’on pense déjà. Ensuite parce qu’ensemble on est plus fort. Le philosophe Dominique Lestel appelait ainsi récemment dans une tribune publiée dans Le Monde les végés et les flexis à s’allier. Il rappelait que le Parti animaliste français est composé d’une majorité de vegans mais dont les revendications sont non seulement acceptables mais de surcroît souhaitables pour des « carnivores éthiques ».

3- Parce qu’il n’est pas évident de dire quelle solution est meilleure pour l’environnement

La seule chose dont on peut être sûr, puisque de nombreux rapports l’ont montré, c’est que les quantités astronomiques de viande consommées actuellement dans le monde ne sont pas du tout soutenables. Mais attention, toutes les alternatives ne sont pas forcément préférables. Les études menées sur l’impact des alternatives végétales et autres simili-carnés montrent que les produits les plus bruts nuisent effectivement moins à la biodiversité et requièrent beaucoup moins de terres que la production de bœuf. En revanche, les produits les plus transformés ou issus de pays où la production de soja contribue à la déforestation ont un impact carbone plus élevé, proche de celui de l’élevage du poulet.

Déforestation massive pour planter des palmiers à huile.

Enfin, deux analyses publiées récemment tentaient d’évaluer ce qu’il adviendrait si le monde entier renonçait à la viande. La première étude estimait que les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation pourraient diminuer de 60%. Chouette. Mais l’autre alertait sur les difficultés à trouver des alternatives accessibles et suffisamment nourrissantes pour les personnes déjà mal nourries, sur le risque de déstabiliser des groupes sociaux basés sur le nomadisme et l’élevage, comme les Mongols ou les Berbères, et sur la menace que cela ferait peser sur de nombreux paysages et écosystèmes.

4- Parce qu’il n’est pas évident de dire quelle solution est meilleure pour notre santé

Pour notre santé comme pour l’environnement, toutes les alternatives à la viande ne sont pas bonnes à prendre. Une étude publiée il y a quelques semaines dans la revue Chan School of Public Health de Boston (Massachusetts) assurait qu’un régime végétarien devient nuisible si les aliments sont trop transformés. Attention donc aux céréales raffinées, aux boissons sucrées telles que les jus de fruits, ou même aux fritures ou aux aliments d’origine végétale, certes, mais retravaillés en profondeur par l’industrie : les produits dits « ultra-transformés », commentait Le Monde.

Encore une raison de s’allier pour les flexitariens et les végétariens. Mieux vaut être nombreux, motivés et unis pour s’assurer qu’à la place de la viande l’on nous propose plus souvent des repas sains, éthiques et goûtus que des produits transformés. 

Plantations de quinoa en Bolivie.

5- Parce qu’il faut réfléchir ensemble au monde dans lequel on veut vivre

En 2016, le Guardian racontait comment la mode du quinoa dans les pays occidentaux a fait grimper les prix à l’échelle internationale et poussé les populations du Pérou et de Bolivie à vendre leur production et à se nourrir d’alternatives moins nourrissantes. Un exemple de plus qui montre que nos choix alimentaires transforment le monde et bouleversent l’ordre de sociétés parfois installées à l’autre bout de la planète. Au lieu de se faire la guerre, les camps ennemis devraient s’asseoir autour de la même table et réfléchir ensemble à un futur commun, favorable à une autre manière de vivre et manger.

Les questions qui se posent sont nombreuses et complexes, et parfois encore à peine effleurées dans le débat. Par exemple, comment penser notre rapport aux animaux et le métier d’éleveur à l’heure où l’on ne mange (presque) plus de viande ? Jocelyne Porcher, sociologue à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) que nous avions interrogée il y a quelques mois, aime rappeler que les ânes ont failli disparaître quand ils ont été remplacés par des machines. Comment éviter un sort semblable aux animaux que nous mangeons/mangions ? Il faudra quelques repas partagés aux végés et aux flexis pour trouver les bonnes réponses.

25 commentaires

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  1. Manger de la viande et de la charcuterie donne énormément d’acidité à l’organisme ce qui amène plein de maladies dites « de civilisation » car dans les régions où on ne mange pas ou peu de viande il y a beaucoup moins de cancers. Combien de fois faudra t-il encore le prouver ? De plus l’homme n’est pas omnivore comme certains le croient, mais purement végétarien. C’est très bien expliqué par Gary Yourofsky sur youtube.

  2. … le rôle des médias se confirme : pourquoi parler de « guerre » ? Vous mettez de l’huile sur le feu, ne croyez-vous pas ? Arrêtez de vous immiscer dans un débat qui ne fait pas rage et ne nous faites pas passer pour des intolérants aveugles !
    Les animaux souffrent, c’est une réalité, le problème est là! pas ailleurs…

  3. Très bel article à mon sens… (et j’ai découvert Temple Grandin il y a peu grâce à « Culottées 2 » donc contente de la retrouver!^^) Malheureusement, rien qu’à lire les commentaires sur l’article, on voit que la réconciliation n’est pas gagnée! Ce qui est dommage c’est que (notamment sur les réseaux sociaux) certains extrêmes des 2 bords (viandards ou vegan) sont très visibles et donnent une mauvaise image du groupe entier. Je pense notamment à des réflexions sur un éleveur qui s’était suicidé ou aux gens qui braillent des slogans type « sauvons un boeuf, mangeons un vegan ». Je ne pense pas que ce soit un échantillon très représentatif, mais il est en tout cas très visible…
    Croisons les doigts pour une réconciliation quand même!^^

  4. Temple Grandin « assume » de manger de la viande écrivez-vous. Ce serait une tare, une perversité, une addiction coupable? Cette seule formulation acte la prise de pouvoir des vegans.

  5. Il n’y a pas de bonne manière de faire une mauvaise chose. Ce qui me choque dans cet article c’est la non-considération des intérêts à vivre des animaux, qu’est-ce que vous en faites dans l’histoire ? Les animaux tiennent à leur vie, sont conscients d’eux-même, veulent continuer à vivre et profiter de toutes les expériences que la vie peut leur offrir, à partir de quel moment vous pouvez associer l’éthique avec le fait de les mettre à mort pour satisfaire un plaisir gustatif qui n’est plus nécessaire ?

    Abolir l’élevage et les abattoirs est une question de justice au même titre qu’autre fois l’esclavage a été aboli, ce n’est pas une question de choix, nous n’avons aucun droit de vie et de mort sur les autres, il est temps d’en finir avec ce suprémacisme humain. Manger de la viande « bio » « circuit court » « garanti bien être animal » c’est seulement se donner bonne conscience car pour les individus animaux qui sont tués (la plupart tous très jeunes) dans les abattoirs leur sort est le même.

    Dominique Lestel est un imposteur, tout comme Jocelyne Porcher, ils veulent surtout continuer à exploiter et tuer les animaux pour les manger ou par intérêt, ils ne veulent pas d’une société plus juste envers tous les êtres sensibles. Un livre à conseiller : L’imposture intellectuelle des carnivores de Thomas Lepeltier.

    1. Il y a une sacrée faille systématiquement dans les raisonnements vegan et anti-specistes. Attribuer une conscience plus importante qu’elle ne l’est sans doute aux animaux, vous présumez qu’ils ont conscience de la fin de vie, du temps qui passe, une conscience en tant qu’individu sensible… Vous présagez que les animaux quels qu’ils soient ont conscience de la notion de projet, d’envisager des périodes de vie futures. Or il a été démontré que ça n’est pas le cas pour beaucoup d’animaux comme les animaux de bétail par exemple. On a longtemps tenté de démontrer que c’était le cas chez les chevaux. C’est aller un peu vite, tous n’ont pas ces perceptions. Parler de droit de vie ou de mort sur des espèces animales au titre qu’elles auraient la même conscience que la notre, mais dans ce cas que faites vous des espèces animales omnivores ou carnivores qui tuent d’autres espèces pour se nourrir ? Vous voulez attribuer une notion de justice mais elle ne va que dans un sens. Ca parait absurde, mais c’est pour penser le raisonnement à fond. Les animaux ne tiennent pas à leur vie comme vous vous craignez la mort parce que vous avez conscience de la fin de la vie, ils répondent d’abord à une nécessité de prolonger le groupe, l’espèce.
      Ce qui est dommage par ailleurs c’est de juger automatiquement que manger de la viande mais moins et éthiquement c’est mauvais. C’est mauvais dans votre référentiel votre système de moral mais pas de manière générale.

  6. Le soja issu de la déforestation est produit pour nourrir les animaux d’élevage … votre article est bidon, superficiel et plein de raccourcis. Mieux vaut se renseigner en profondeur avant d’écrire quoi que ce soit. Mais c’est vrai que végétarisme et la carnisme ont les mêmes conséquences : les animaux finissent à l’abattoir.

  7. Au fait, 70 % du soja produit dans le monde sert à nourrir le bétail.

    Le soja mangé par les vegans français est bio et produit en France.

    Je me demande ce qu’aurait donné cet article si son auteur était un peu renseigné.

  8. bonjour à vous
    merci et bravo pour cet article en particulier ( et votre travail en général ) .
    Cela dans le bon sens : le vivre ensemble !
    le manichéisme n’est pas la solution
    Qui n’a jamais entendu le cri de la salade que l’on coupe au pied ?
    Sincèrement , Laurent

    1. La salade ne crie pas.
      L’animal, si.
      A quand remonte votre dernière visite dans un abattoir ?

  9. Avant tout je ne suis pas végétarienne/végétalienne.

    Mais pardon mais flexitarien ne veut rien dire, n’existe pas et n’a aucun sens. Soit on est végétarien/végétalien soit on est omnivore.
    Il faut arrêter d’inventer des termes pour soulager sa conscience. Si on veut stopper la consommation de chair animal on devient végétarien, dans le cas contraire on assume on est omnivore (et pas viandar qui est inapproprié) et on ne s’invente pas une étiquette.

    On entendait plus trop parler de pesco-vegetarisme, de lacto-vege voir d’ovo-lacto végé alors cesser de vous mettre dans des cases inexistantes.

    1. Bonjour, pourquoi donc cela n’existerait il pas? Pourquoi se limiter à quelques termes si certains ne s’estiment plus vraiment omnivore?
      Et quel problème cela pose? Cela change quoi pour vous? Et ce jugement de valeur « il faut arrêter d’inventer des termes pour soulager sa conscience » svp, un peu de respect pour les gens adeptes de ce therme que vous ne connaissez pas, personnellement j’espère qu’il y aura + de végétalien, de végétariens, des flexitariens, etc etc, car tous sont des personnes qui s’intéressent et qui ont un impact, à quoi cela sert il de faire preuve d’une telle fermeture d’esprit, laissez donc les gens se mettre dans les cases qu’ils souhaitent si ça leur plaît, s’ils y trouvent une certaine reconnaissance et que cela les encourage dans ce mouvement c’est merveilleux

  10. Ca n’est pas dur de réconcilier les humains mangeurs de viande avec les humains végétariens. Ca n’est pas dur puisque les deux groupes sont des humains qui ne finissent pas à l’abattoir.

    Imaginons, par exemple, trois groupes humains :
    – A) Les humains rouges, qui veulent emprisonner, tuer et manger les humains bleus.
    – B) Les humains rouges, qui ne veulent pas emprisonner, tuer et manger les humains bleus.
    – C) Les humains bleus. Aucun humain bleu ne veut être emprisonné, tué et mangé par les humains rouges.

    Imaginons qu’une partie du groupe A dise :
    – A-1) « Il faut tuer les humains bleus et les manger. C’est divergent de ne pas tuer et manger les humains bleus. On a toujours fait comme ça, c’est normal. Je déteste les humains rouges qui ne veulent pas les manger. Et je déteste encore plus les humains rouges qui nous font la morale. »
    Et que l’autre partie du groupe A dise :
    – A-2) « Moi, j’aime bien tuer les humains bleus et les manger. Mais je comprends que certains humains rouges ne veulent pas les tuer et les manger. Chacun doit se respecter. Et puis j’aime les humains rouges en plus, et je les tue par surprise, donc c’est pas grave. »

    Et que dans le groupe B, on dise, d’un côté :
    – B-1) « Je ne mange pas les humains bleus, parce que je n’aime pas l’idée de les tuer. Mais après tout, chacun fait comme il veut. Peut-être que ça n’est pas grave de les tuer. »
    Et toujours dans le groupe B, d’autres disent :
    – B-2) « Je ne mange pas les humains bleus, parce que je n’aime pas l’idée de les tuer. Et je n’aime pas l’idée de les tuer, parce que les humains bleus ne veulent pas être tués. Donc c’est complètement idiot de croire que je pourrais être contre l’idée de les tuer tout en pensant que ça n’est pas grave de les tuer. Est-ce qu’on a demandé aux humains bleus ce qu’ils en pensent ? »

    Ca ne serait pas très difficile de réconcilier les humains rouges entre eux en misant sur les A-2 et les B-1, ceux qui ne veulent pas comprendre pourquoi les B refusent de tuer, et ceux qui n’ont pas bien compris pourquoi ils avaient décidé d’arrêter de tuer. Ca ne sera pas bien difficile, parce qu’à aucun moment personne n’aura été demander son avis aux humains bleus. Et aucun des humains rouges n’aura à en payer le prix.

    Mais plutôt que de réconcilier les rouges entre eux, est-ce qu’on ne devrait pas essayer de réconcilier les rouges AVEC les bleus ?

    (Et bien sûr, on ne leur demanderait pas leurs avis, mais les humains bleus penseraient plutôt :
    « Ouais, ben nous, on n’a pas envie d’être emprisonnés, tués et mangés, en fait. Pas du tout. Je vous jure que c’est vrai. Non, on ne trouve pas ça marrant, c’est pas notre trip. On aime bien vivre. On propose que, par exemple, vous mangiez des milliers d’autres trucs, sans nous tuer, genre des végétaux, comme la plupart d’entre nous. C’est fou, comme idée, peut-être, mais on ne veut pas mourir, pour de vrai. »)

    Ah oui, dans ma métaphore, les bleus, c’est seulement l’ensemble des individus sensibles et conscients, qui veulent vivre.
    http://www.liberation.fr/sciences/2012/08/30/les-animaux-en-toute-conscience_842936
    https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_de_Cambridge_sur_la_conscience
    https://www.youtube.com/watch?v=dOgN4epVNS8
    http://vegfaq.org/

    (Bonus : la métaphore que je propose est aussi valable pour d’autres oppressions entre humains, bien réelles, qui ont eu lieu ou qui ont encore lieu, en enlevant juste « manger » par exemple. Comme quoi, ça fonctionne toujours pareil. Ca n’est pas dur de réconcilier les oppresseurs d’un même groupe entre eux, mais ça n’a aucun intérêt éthique.)

    1. génial. merci beaucoup pour ce commentaire, l’article me laissait perplexe…. évidemment qu’il ne s’agit pas de mépriser, détester, juger les gens qui font d’autres choix… Mais parler de « réconciliation » n’a pas de sens.

    1. Comme le sectarisme des gens persuadés qu’il faut manger de tout et que les vegans sont extrémistes, oui.

  11. Merci d’avoir fait intervenir Mme Porcher, selon qui les vegans sont des hypocrites qui servent des intérêts industriels.

    Pourquoi pas la présidente de la FNSEA qui considère que le lait des vaches est fait pour le fromage, et non pour les veaux ?

    Ou un de ces éleveurs qui jettent de l’herbe aux citoyens recueillis devant un abattoir en laissant fuser des insultes homophobes ?

    Parce qu’il n’est pas évident de dire si les animaux veulent vivre ou non, et qu’il vaut mieux se focaliser sur les marginaux pour se rassurer, au fond.

  12. Très bon article qui pourrait tenter de réconcilier les 2 camps. je suis « flexi » et j’avoue que les messages, les débats, lancés par les différents côtés, y compris les « viandards », sont épuisants et souvent stériles. Bravo pour cet article !

    1. Cet article qui accumule tous les poncifs à l’encontre des vegans – par exemple sur le soja déforestateur (alors qu’il nourrit le bétail à 70 %) -_-

  13. Si les approches représentées par Jane Goodall and Temple Grandin sont toutes les deux nécessaires pour réduire la souffrance animale dans un monde en grand majorité carnivore, votre language qui parle de « carnivore éthique » est un oxymore.
    La viande est par définition un animal mort, tué pour des besoins qui peuvent être satisfaits autrement. Il est impossible de tuer de façon humaine un animal qui ne souhaite pas mourir. Votre article ne parle que de viande, alors qu’un vegan refuse la souffrance crée par l’industrie laitière, celle qui se cache derrière les oeufs, le cuir, la laine et l’expérimentation animale qui est encore présente derrière d’autres produits.
    Etre vegan est un impératif moral pour les animaux, mais aussi pour les humains que nous payons pour exploiter les animaux et qui en payent les conséquences psychologiques. De nombreux employés des abattoirs souffrent d’état de stress post-traumatique comparable à ceux de vétérans.
    « “Juste pour le plaisir de quelques pauvres bouchées de chair, nous privons une âme du soleil et de la lumière, et de la vie et du temps qui lui revenaient, et dont elle était née en ce monde pour jouir” Plutarque

    1. réponse à Josette :
      L’alimentation végétale génère beaucoup moins d’agriculture, en fait. Cela demande moins de surface pour obtenir autant de ressource. Nourrir les animaux gaspille bien plus de calories que ce qu’on en récupère après l’abatage.
      En espérant t’avoir renseignée 😉

    2. En réponse à Josette, considérer que les arguments « DES vegans » en général sont spécieux est asssez agaçant, déjà il n’existe pas UNE pensée vegan. Pour ma part je ne suis « que » végétarienne, je songe au veganisme, je n’ai pas encore franchi le pas mais le moment viendra, et pour moi il est évident que ça se ferait de pair avec une alimentation respectueuse de la nature dans son ensemble… Pour une agriculture paysanne et locale… Sans simili viandes dérivées de soja etc…
      Mais n’est ce pas déjà une autre question? Si une partie des hommes ne peut plus supporter l’idée de tuer des êtres vivants pour consommer leur chair, ou bien de les exploiter pour d’autres produits (leur peau, leur lait, leurs oeufs), est-ce qu’on ne pourrait pas au moins les laisser tranquilles avec ça? Est-ce qu’il ne pourrait pas y avoir des vegans pas écolos, comme il existe des omnivores pas écolos?? Qu’est-ce que c’est que ce jugement moral en fait?

      Ah oui et si j’osais, pour répondre à « dans un monde idéal on vivrait de l’air du temps ».. Je vous parlerais du pranisme, et vous inviterais à consulter des témoignages de gens qui ont arrêté de consommer de la nourriture « matérielle »… Evidemment on en fait ce qu’on veut, chacun est libre d’y croire, mais rien qu’en entendre parler, ça peut ouvrir des perspectives je trouve…

      Avec bienveillance! 🙂

    3. Loin d’être viandarde je trouve que les arguments des végans, même s’ils sont séduisants, sont spécieux : quid des animaux tués par les socs de charrue, privés de leurs terres par les exploitations agricoles, de ceux qu’on tue par « ricochet » comme lors de l’extraction du pétrole et autres exploitations du sol, du sous-sol, des forêts. Dans un monde idéal on vivrait de l’air du temps… mais avez-vous pensé à ce qu’engendraient vos produits de remplacement de tous les produits que vous refusez ? Etes-vous sûrs qu’ils ne nuisent pas aux animaux ?

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