Un truc de wwoof

5 bonnes raisons de faire du wwoofing

Tu wwoof ou tu wwoof pas ? Si tu wwoof pas, tant pis. Oui, mais voilà, tu rates peut-être une belle occasion de partir en vacances utile et de voir du pays pour pas un radis. À la pêche aux arguments, suis le cours du ruisseau.

Le wwofing, ça vous parle ? Créé en Angleterre en 1971, le wwoofing (du nom du réseau international World wide opportunities on organic farms) met en relation propriétaires de fermes biologiques et volontaires désireux de tester ce mode de vie et de travail. En bref, le wwoofer participe gratuitement aux tâches quotidiennes de la ferme en échange du gîte et du couvert. Plus de cent pays en ont déjà adopté le principe, porté par une association nationale disposant de son propre site Internet – elle y recense les hôtes inscrits, dispense des conseils et, le cas échéant, règle les conflits.

Il est très difficile de créer de véritables liens avec les Japonais, surtout lorsqu’on est un touriste de passage. Avec le wwoofing, j’étais certaine de pouvoir partager de vrais moments d’authenticité avec les hôtes. 

Pour consulter la liste des fermes répertoriées, vous devrez payer une adhésion, dont le montant varie d’une association à l’autre (25 € par an en France, 38 US $ en Argentine, 40 US $ en Inde…). Un concept qui a le vent en poupe (en France, on dénombre quelque 10 000 wwoofers par an et plus de 1300 hôtes) et se révèle riche d’apprentissages. La preuve par cinq, témoignages à l’appui.

1- Tester une autre vie

C’est souvent la première motivation du wwoofer – et sa principale découverte : en pleine campagne, entre techniques de jardinage, élevage ou construction d’un chemin de randonnée, le travailleur volontaire approche un mode de vie parfois très loin du sien. Accueillis par un couple d’Argentins engagés sur la voie de l’autonomie alimentaire et énergétique, Glennie et Florent ont profité du wwoofing pour nourrir leur réflexion sur l’éventualité de lendemains plus alternatifs.

Je voulais découvrir la permaculture, explique Glennie, comprendre comment ça marche pour, un jour peut-être, le tester à la maison. Je m’interroge sur le jour où l’on partira de Paris pour retourner à la campagne. Est-ce que l’on serait capables de faire pareil ? Et jusqu’où ? Venue de Lyon, Maureen a goûté dans une ferme irlandaise une façon de vivre beaucoup plus sereine et apaisée. Une parenthèse de deux semaines très bénéfique, qui m’a permis de comprendre qu’on pouvait être heureux et épanoui en ayant une vie simple, proche de la nature et loin de la folie de la ville. Et dans quelques semaines, je déménage enfin pour une contrée plus verdoyante.

Quant à Edouard et Marie, leurs douze semaines de wwoofing en Australie ont aidé ces deux citadins à se sentir un peu plus débrouillards : nous avons moins de crainte à mettre la main à la pâte et avons pris conscience qu’on peut faire beaucoup de choses par soi-même. Nous avons aujourd’hui beaucoup de projets de jardinage, cuisine et bricolage.

2- Faire des rencontres improbables

Que vous partiez une semaine ou un mois, vous vivrez, travaillerez, mangerez avec vos hôtes. Et pour peu qu’ils jouent le jeu – c’est heureusement souvent le cas – ils partageront avec vous ce qui fait leur quotidien. Une précieuse occasion de vivre en immersion, surtout lorsque, comme Vanessa, vous choisissez de partir à la rencontre d’une population plutôt réservée de nature.

Il est très difficile de créer de véritables liens avec les Japonais, surtout lorsqu’on est un touriste de passage, raconte la jeune femme, partie dans un village situé à une heure de Kyoto. Avec le wwoofing, j’étais certaine d’en apprendre plus sur ce peuple et ses coutumes, de pouvoir partager de vrais moments d’authenticité avec les hôtes. Sans compter que nombre d’entre eux accueillent plusieurs wwoofers en même temps. Une vraie petite communauté de membres d’origines diverses, unie dans l’effort – et la sueur, ça rapproche.

3- Découvrir cultures et culture

Non, le wwoofing ce n’est pas le bagne. Le volume d’heures de travail se définit au préalable avec les hôtes, mais la moyenne se situe autour de 5 heures par jour. Ce qui laisse un peu de temps pour visiter la région, hors des sentiers battus – renseignez-vous tout de même en amont sur les moyens de locomotion, histoire de pouvoir sortir du périmètre de la ferme. Et si, à l’issue de votre labeur, vos jambes ne vous portent pas plus loin que jusqu’au canapé, ce sera toujours l’occasion d’échanger sur la culture de votre famille d’accueil.

Au Japon, Vanessa a eu l’heureuse surprise de découvrir que Keisan n’était pas seulement propriétaire d’une ferme biologique mais aussi moine bouddhiste. Et l’alternatif s’est joliment teinté de spiritualité… Édouard et Marie se sont initiés aux séances de méditation de l’ashram australien qu’ils travaillaient à entretenir et les hôtes de Glennie et Florent ont longuement évoqué l’Argentine ou le rite du shabbat qu’ils observent. Enfin, si le wwoofing vous offre de dépasser les frontières de la francophonie, pas de doute, c’est un excellent moyen d’apprendre la langue du pays.

4- Manger super bien

Vous ne reviendrez peut-être pas de votre wwoofing avec la volonté de quitter la ville pour élever des chèvres au fin fond du Larzac. Mais, en attendant, vous aurez peut-être une révélation culinaire ? Glennie et Florent se souviennent encore des excellents burgers végétariens de leurs hôtes – entre autres petits plats aussi beaux que bons. Depuis leurs dix wwoofings effectués en Amérique du Sud, Maylis et Adrien assurent avoir adopté une alimentation plus saine : on essaie le plus possible d’acheter aux producteurs grâce aux Amap, car nous voulons des produits de qualité qui ont du goût.

Et Ariane, nourrie au lait parisien loin de tout potager, a découvert dans une ferme des Pouilles que la cuisine végane lui convenait parfaitement. Après trois semaines d’expérimentation à base de produits bio et de plantes sauvages cueillies dans les environs, l’essai est confirmé : désormais végétarienne, elle réfléchit aujourd’hui au développement d’un projet autour de l’alimentation naturelle.

5- Voyager (presque) gratos

Un voyage se passe de motifs, écrit Nicolas Bouvier dans L’usage du monde. Mais pas de monnaie. Et l’expérience peut coûter cher – en particulier pour la majorité de jeunes woofers qui n’ont pas encore, ou à peine, entamé un parcours professionnel rémunéré. Alors, même si l’argument peut sembler trivial en regard des précédents, il pèse son petit poids dans un contexte économique un poil difficile. Maureen avait longtemps repoussé ses envies d’exploration, notamment en raison de l’aspect financier. Le wwoofing et sa perspective de s’envoler à moindre frais fût le déclic pour, à l’aube de ses 25 ans, partir à la découverte de la terre irlandaise qui la faisait rêver.

Même constat pour Ariane qui, dans la ferme apulienne où elle posa ses valises, vit débarquer plusieurs Italiens du coin qui, face à une situation économique très difficile, faisaient du wwoofing par intérêt autant que par nécessité. À l’heure où nombre d’Européens pointent au chômage, le concept vient aussi révéler la possibilité de trouver d’autres moyens pour vivre que de gagner un salaire.

10 commentaires

Close

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. C’est certainement super le woofing mais j’ai une grande question :
    Comment réagit la MSA ? Je ne peux déjà pas faire travailler mon fils sur mon exploitation sans le déclarer sinon je suis passible d’une amande pour travail non déclaré alors des touristes qui viennent donner un coup de main à la ferme ! Je n’ai pas envie de me retrouver en prison !
    Pouvez vous m’éclairer sur ce point, merci.
    Lisa

    1. Bonjour Lisa, j’ai une ferme en bio donc nous accueillons des wwoofeurs, pas de souci avec la MSA pour nous mais regardez sur le site http://www.wwoof.fr, il y a les détails d’un agriculteur qui a gagné son procès contre la MSA justement…

  2. Attention cependant au woofing aux USA et au Canada qui a ses propres règles. Un français n’est pas autorisé à faire du woofing avec un visa de tourisme car être rémunéré en nourriture et logement est considéré comme salaire. Je viens de me faire refuser l’accès aux USA à cause de mon profil créé sur Woofing USA qui a été trouvé par les autorités américaines. Voyage retardé en attendant un visa, billet perdu et tous mes plans à reconsidérer… je suis navrée que le site ne mette pas plus ses utilisateurs en garde !

    1. Bonjour Hélène. C’est possible en effet et les listes d’hôtes précisent généralement ceux qui acceptent d’accueillir des enfants – souvent ceux qui en ont eux-mêmes. Mais il faut bien discuter des conditions avant de partir (éventuel dédommagement pour les repas des enfants qui ne travaillent pas, sécurité, environnement…), surtout pour un petit de 4 ans.

  3. Je suis partie 1 an en Nouvelle-Zélande où nous avons fait presque que du Wwoofing. Une expérience formidable avec des Vrais gens. Même si parfois on a eu l’impression d’être des « larbins » (bien souvent on nous fait faire les tâches dures et ingrates), cela reste un super souvenir!

  4. On parle beaucoup de WWoofing pour les jeunes. Est-ce accessible plus tard ? pour les plus de 30, de 40, de 50 ?…

    1. Bonjour ! Il faut être majeur pour faire du wwoofing, mais il n’y a pas de limite d’âge. En revanche, il faut en parler en amont avec les hôtes, pour vous mettre d’accord sur le nombre d’heures, le rythme et le type de travail qu’ils attendent, histoire qu’il n’y ait pas de mauvaises surprises… Mais c’est tout à fait possible !

  5. Quelle idée formidable!

    Si nous avions quelques printemps de moins…

    En tout cas nous en parlerons autour de nous!

Recevoir le magazine

1 newsletter par semaine.
No pubs, Pas de partage de donnée personnelle

Oui ?

Recevoir le magazine

1 newsletter par semaine.
No pubs, Pas de partage de donnée personnelle