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Une ferme en bas de chez moi

Chez moi, c’est Clichy-sous-bois, Villiers-le-Bel, Fresnes ou Andilly, dans la banlieue parisienne. Chez moi, si on veut des haricots verts, on les achète à l’hypermarché, on ne rencontre ni vaches ni poules. Chez moi, on a même du mal à croiser son voisin. Mais cela peut changer…

Texte et photos : Julie Subiry

L’association Veni Verdi (en partenariat avec le bailleur social Toit et Joie) mène un projet ambitieux dans le 93 : « Une ferme en bas de chez moi », pour requalifier les espaces verts en fermes urbaines autonomes.

Depuis 2010, l’association défend l’agriculture urbaine comme vecteur d’éducation et de sensibilisation aux enjeux alimentaires, énergétiques et sociétaux. Ce projet permettrait d’aller encore plus loin : à terme, ces systèmes indépendants produiraient une alimentation saine tout en fédérant les habitants et en générant une économie locale, sociale et solidaire.

Quatre résidences sociales Toit et Joie ont été sélectionnées pour expérimenter. Éloignées des politiques culturelles, sujettes aux incivilités et trafics divers, elles sont parfois désinvesties par leurs locataires. À Clichy-sous-bois, dans le quartier du Bois du Temple, il y a peu d’espaces verts. Grâce à l’investissement de l’association et des enfants du quartier, il y a maintenant un jardin partagé et un lombricomposteur.

La prochaine étape ? L’aménagement du poulailler. Mais pour l’entretenir, il faut pouvoir compter sur un habitant référent… Et s’il est facile de motiver les enfants, il est parfois plus compliqué d’emmener les adultes dans l’aventure.

Bintou et Melek, 10 et 11 ans, ont imaginé une chanson pour mobiliser leur entourage :
J’ai tant besoin de vous partager tout mon amour pour le potager
Y a encore tant de choses à changer
Nature à protéger
Faut du soleil, de l’eau, de la terre
L’air pur de notre planète mère
Pour faire éclore un monde plus vert
Retrouver nos repères.

Dans chaque résidence, Veni Verdi assure sa présence par l’intermédiaire d’un·e maraîchèr·e animateur·rice qui organise les ateliers, assure l’entretien des cultures, déjoue parfois les conflits, maintient le lien avec les habitants mais aussi les acteurs extérieurs (collectivités, scolaires…).

Les ateliers pédagogiques développent le sens de l’observation, la patience, la curiosité. Les enfants prennent conscience des cycles de la nature. On y cultive la terre, mais aussi le goût de la découverte, le plaisir d’être ensemble, le lien avec ce qui nous nourrit.

À Fresnes, avant l’arrivée de l’association, Anka et Olga avaient peu d’occasions de se croiser dans la résidence. Aujourd’hui, elles partagent le jardinage, des recettes mais aussi des moments festifs. Petit à petit, elles gagnent en compétences et en autonomie. Elles partagent à leur tour ce qu’elles ont appris, comme le bouturage de la menthe… pour agrémenter les délicieux jus de bissap d’Olga !

Le projet a de l’avenir : la future ferme de Clichy-sous-bois est lauréate de l’appel à projet « Quartiers fertiles » de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine).

La relève est déjà assurée !

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  1. Je suis un ancien habitant de Clichy sous bois des années 70 !
    Je ne voulais pas que mes enfants y vivent et la Ville de Soissons fut ma réponse à mon désir de les voir grandir dans un cadre favorable.
    Je suis donc très heureux de lire cet article procurant de l’ espoir aux jeunes générations de banlieue qui sont si souvent stigmatisées et délaissées.
    Merci.

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