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Oranges pas dans le rouge

Naranjas del Carmen, la Sagrada familia

Leur quartier d’oranges se situe à une vingtaine de kilomètres de Valence. Sur 25 hectares, 4 frères et soeurs, à peine plus de 100 ans à eux tous, vendent l’intégralité de leur production d’agrumes directement aux consommateurs. Une révolution qui passe par beaucoup d’amour et d’internet.

Patricia, Gonzalo, Fernando et Gabriel, même chemise à carreaux, même projet.

Imaginons un instant, que chacun d’entre nous ait un oranger planté dans sa cuisine et que chaque matin, on y cueillerait les 2-3 oranges nécessaires à l’élaboration d’un bon jus. Imaginons aussi que nous consommerions l’intégralité de sa production. Dans ce cas et dans ce cas seulement, nous aurions affaire à la chaîne d’approvisionnement optimale, zéro gâchis ! Sur leur site internet, Patricia, Gonzalo, Fernando et Gabriel annoncent direct la couleur de leur projet orange. Cultiver uniquement ce qui va être consommé pour éviter le gâchis. Nous avons bien été obligés d’accepter que les arbres ne poussaient pas dans les cuisines de nos clients, explique Gonzalo. Mais nous avons imaginé quelque chose qui pouvait bien s’en approcher…

L'exploitation produit et vend en direct 6000 kilos d'agrumes chaque jour.

Ainsi, en 2015, alors qu’ils avaient repris l’exploitation du grand-père depuis seulement cinq ans, Gonzalo et sa tribu ont inventé un nom et presque un concept : le  Crowdfarming®. En deux mots : créer un verger partagé où chacun peut devenir propriétaire d’un arbre et recevoir sa production directement à la maison. Bref, comment se transformer en agriculteur du XXIe siècle, indique la baseline du site. Nous avons aujourd’hui des milliers d’orangers parrainés, se félicite Jenna Della Chiesa la plus vieille salariée de l’exploitation, pourtant la plus jeune de la bande. J’ai commencé chez Naranjas del Carmen alors que j’étais en Erasmus, se justifie-t-elle.

 

Lorsque Jenna était étudiante, l’exploitation Naranjas del Carmen était bien loin des 6000 kilos d’oranges cueillis et expédiés quotidiennement aujourd’hui. Au début, on vendait à peine 4 cagettes par jour, raconte la jeune femme. En effet, lorsque Gonzalo et Gabriel prennent les rênes du verger en 2010, il y a du pain sur la branche. L’orangeraie abandonnée depuis 10 ans est complètement à restaurer. Il faut remettre en place l’arrosage, désherber, replanter, tailler. Année par année, sans une goutte de produits chimiques, les efforts des garçons portent leurs fruits. Il y a trois ans, on voulait demander le label bio et puis comme il est assez coûteux et pas forcément aussi exigeant que nos pratiques, nous avons décidé de nous en passer, explique Jenna.

Ici, les oranges sont cueillies et expédiées le jour-même. Dans les supermarchés, elles sont stockées au moins un mois au frigidaire avant d’arriver en rayons.
Orangers avec vue pas dégueu sur la Masia el Carmen.

En effet, Naranjas del Carmen produit sans pesticide ni herbicide, désherbe à la main, récolte les fruits à la demande et les expédie dans la journée. Elle favorise la qualité avec des variétés comme la Navel lane latte, la rolls de l’orange, salarie ses employés à l’année quand les confrères payent les saisonniers à la tâche… Nous avons mis en place un potager pour créer de l’activité toute l’année, rapporte Jenna.

Pas de temps mort ici, tout s’enchaîne. De janvier à avril c’est la saison de récolte et d’envoi des oranges. D’avril à mai, nous disposons les ruches entre les orangers afin de les polliniser et produire notre excellent miel d’oranger. De juin à juillet, une partie de l’équipe passe au potager tandis que l’autre se charge de l’élagage des arbres âgés et la préparation de nouveaux terrains pour la plantation des nouveaux arbres. On en profite aussi pour réviser le système d’arrosage, photographier tous les arbres et les publier dans le verger des propriétaires. En août enfin, l’équipe lève le pied avant de reprendre en septembre octobre avec de nouvelles plantations. Et d’ouvrir la saison en novembre avec des clémentines.

Ici les agrumes ne reçoivent aucun traitement chimique. Avant la récolte, ils sont parfois badigeonnés à l'huile végétale pour faire fuir les insectes. Et après récolte, rien du tout, nada.

La terre est bleue comme une orange, écrivait Eluard. Chez Naranjas del Carmen, depuis 2010 l’orange voit la vie en vert. Et ça lui sied plutôt très bien…

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