Le vin chaud, potion magique des vignerons

C’est la boisson emblématique de Noël et des grands froids. Très présent en Europe du Nord et dans les régions de l’Est de la France, il gagne du terrain dans les marmites avec ses effluves épicés où l’on trouve une pincée de convivialité, une pointe de chaleur et  beaucoup de saveurs. Recette d’un succès expliquée par la Tribu du gourmets du vin d’Alsace, qui veut redonner ses lettres de noblesse à un produit qui fleure bon l’authentique…

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Du vin chaud, ça se prépare avec… du vin évidemment. Blanc ou rouge ? Peut importe la couleur pourvu qu’on ait l’ivresse ? Pas tant que ça… « C’est bien mieux d’utiliser les vins de son terroir, conseille Didier Bonnet, président de la Tribu des gourmets du vin d’Alsace, association qui regroupe des vignerons et des passionnés du vignoble. En Alsace, le vin chaud doit être du blanc, nous sommes une région qui produit quasi exclusivement du vin blanc. C’est logique d’utiliser des vins locaux ».

La Tribu a pour vocation de « réconcilier Strasbourg avec son histoire viticole, résume Didier Bonnet. Plantées aux abords de la ville par les Romains au premier et deuxième siècles, les vignes ont été un élément essentiel dans le développement de la ville. Pensez qu’au XVIIIe siècle, les meilleurs vins d’Alsace étaient bus à Stockholm, Londres, Varsovie et même Moscou ! Ils voyageaient dans toute l’Europe, transitant par le port de Strasbourg ».

Didier bonnet

Depuis quatre ans, chaque jour que dure le marché des délices de Noël sur la place d’Austerlitz à Strasbourg, du 27 novembre au 24 décembre, les vignerons de la Tribu livrent leur vin blanc pour le stand de l’association. Le mélange se fait à l’abri des regards, avant de finir dans les grandes marmites surveillées comme du lait sur le feu par les gourmets du vin d’Alsace. Les habitués ou les touristes attirés par ce petit marché tenu par des producteurs locaux apprécient le breuvage servi dans des écogobelets réutilisables et consignés. « C’est mon adresse ! » sourit Louise, une voisine de la place, « quand je veux boire un vin chaud, je viens ici, il est bon, un peu différent. Certains vins chauds, on ne sait pas trop ce qu’il y a dedans. Boire du vin local est évident pour moi, d’abord parce que je consomme en priorité des produits locaux, et aussi parce qu’il y a beaucoup de choix dans la région».

L’origine et la qualité du vin utilisé sont essentiels dans la réputation du vin chaud. « Chaque édition du marché de Noël, on envoie une équipe de vignerons et de journalistes tester les vins chauds, poursuit Didier Bonnet, certains sont de véritables tord-boyaux qui percent l’estomac. La qualité du vin est essentielle pour obtenir un bon vin chaud. Par ailleurs, la Ville de Strasbourg a banni du marché il y a quelques années les churros, paella et autres créations culinaires qui n’avaient pas grand-chose à voir avec les traditions de Noël. Alors pourquoi ne pas vendre que du vin chaud fait avec des vins locaux ? » C’est pour diffuser ce message que la Tribu distribue sa recette « pour inciter les gens à chauffer du vin blanc d’Alsace, et pour qu’ils se réapproprient les vins de terroir plutôt qu’un cépage qui n’évoque rien ».

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Pour faire son vin chaud, voici la recette de la Tribu des gourmets du vin d’Alsace

Pour un litre de vin chaud, mettre à chauffer doucement un litre de vin (un blanc d’Alsace bien sec comme un riesling ou un pinot blanc), couper une orange et un demi citron en petits morceaux avec la peau, à incorporer au vin. Ajouter deux bâtons de cannelle, deux étoiles d’anis et dix morceaux de sucre. Mélanger doucement surtout au début afin de bien délayer le sucre.

Lorsque le vin est bien chaud, rajouter une bonne cuillère à soupe de miel, de préférence de sapin des Vosges, bien mélanger pour que le miel s’incorpore entièrement.

Faire chauffer jusqu’à frémissement, laisser infuser le tout une demi-heure, réchauffer légèrement avant de servir.

« Il y a un petit secret qui n’est pas écrit mais qu’il ne faut pas oublier d’ajouter : c’est d’ajouter un peu d’eau pour équilibrer le breuvage et le rendre digeste » révèle Nicolas. Et surtout, « ne pas oublier de mettre un couvercle sur la marmite, c’est important. Un conseil : si vous voyez une marmite de vin chaud sans couvercle, ne vous arrêtez pas, passez votre chemin. »

 

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Le vin chaud des enfants

Ce qui marche pour le vin local marche aussi pour les variétés locales d’un tout autre genre : depuis deux ans, une autre marmite attire les gourmands au stand des gourmets : le jus de pomme chauffé avec une pointe de cannelle. « Le jus de pomme chaud, c’était une schnaps idée, comme on dit en Alsace, rigole Didier Bonnet, une idée qu’on a en fin de repas. Charles Brand, vigneron et coprésident de la Tribu, a proposé un soir de vendre du jus de pomme chaud sur le stand. Et bien ça a beaucoup de succès ! Les gens qui ne veulent pas boire d’alcool et les enfants apprécient cette variante». Qu’importe la boisson chaude pourvu qu’on ait l’ivresse !

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