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Le jour où j’ai invité un diable dans ma cuisine

Depuis le temps qu’il trônait sur l’armoire… il était temps de tirer le diable par la queue et de le poser sur le poêle à bois à l’occasion d’un séjour dans les Vosges. Le diable dont on parle n’a ni corne ni cape rouge : c’est un objet rond, beau, en terre cuite vernissée, déniché dans la boutique de Vincent Pirard, potier de Soufflenheim en Alsace. Il nous avait bien dit que cuisiner avec un diable était promesse de saveurs. Dont acte.

Première scène : préparer le diable (ça marche aussi pour les romertopf, version facilement trouvable dans le commerce, mais moins personnalisée, évidemment). On prend le diable par la queue et on le plonge dans l’eau. La terre cuite doit être imbibée pendant un bon quart d’heure, pour faire son office. Car dans le diable, les aliments cuisent à l’étouffée, et toutes leurs saveurs restent enfermées dans le pot. Mais n’allons pas trop vite.

Le diable d'Anne en pleine action.
Le diable d’Anne en pleine action.

Deuxième scène : remplir le diable. Après le bain dans l’eau, le diable est posé sur un plan de travail. Il convient de sécher un peu l’intérieur du diable avec un torchon, et d’y poser les ingrédients à cuire. Nous avons testé avec des oignons au fond (qui tirent de l’eau donc humidifient à nouveau le diable), des pommes de terre coupées en quartier, quelques rondelles de carottes, des poireaux détaillés en morceau et une branche de thym. Nous avons refermé le couvercle, un peu inquiet de voir le diable en action.

Troisième scène : attendre. Attendre. Attendre. Evidemment notre poêle à bois chauffe, et plutôt bien, mais il faut compter un peu plus de temps de cuisson par cette méthode. Nous l’avons dit, la cuisson à l’étouffée permet de garder toutes les saveurs des aliments. De mémoire d’anciens, interrogés à ce sujet, cette façon de faire remonte à bien loin. Comme d’autres concepts forts éprouvés, la cuisson à l’étouffée revient à la mode, avec la tendance du manger sain et naturel, et aux conseils mitonnés aux petits oignons de grands chefs, comme Alain Ducasse par exemple, qui a inspiré cette recette.

Un diable qui aurait perdu sa queue...
Un diable qui aurait perdu sa queue…

A vrai dire, le grand avantage de cette cuisine est l’absence de matière grasse : la vapeur qui se constitue dans le diable suffit à cuire sainement les aliments. Après, on peut ajouter un petit coup de vin blanc avant de reposer le couvercle !

Quatrième scène : le temps a passé, largement de quoi nous documenter sur le sujet. Peu de fumet dans la pièce, nous veillons donc à soulever de temps en temps le couvercle du diable pour voir ce qui se trame à l’intérieur. Un coup de pique dans une pomme de terre nous indique que la cuisson s’achève. Il aura fallu deux heures à feu de poêle à bois moyen pour parvenir à cuire tout le contenu du diable. Un peu plus qu’avec une cocotte en fonte, me direz-vous, mais l’attente fut cordiale !

Epilogue : le temps des conseils. Evidemment, le diable étant façonné en argile, c’est à la fois un bel objet mais aussi fragile. Il faut donc en prendre soin et le poser dans un endroit protégé (le notre a retrouvé sa place, au-dessus de l’armoire). A la fois, cassé pour cassé, il permettra de retourner chez le potier pour le remplacer ! Pour le laver après utilisation, de l’eau et une poignée de gros sel suffiront, éviter absolument les produits ménagers qui vont s’incruster dans la terre.

La vengeance est un plat qui se mange... brûlant.
La vengeance est un plat qui se mange… brûlant.

Dans la série de conseils lus et entendus : il faut éviter les chocs thermiques, donc pas de passage au frigo par exemple. On peut cuire des plats élaborés avec de la viande qui est d’une tendresse absolue au terme de la cuisson. Il paraît que le diable peut se poser dans un four à moins de 200°, mais nous n’avons pas testé. Heureux utilisateurs d’un poêle à bois, nous préférons utiliser cette source de chaleur… et nous raconter histoires et souvenirs en attendant que le diable nous livre ses secrets.

3 commentaires

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  1. Bonjour, j’ai également un poele à bois et un diable, mais je me pose la question… Dois je laisser le diable sur le dessus du poele (auquel cas cela fonctionne mais est très long. Ou, puis je le mettre directement sur les braises et les flammes dans le poele?

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