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Ce qui les lie

Le domaine du Chapitre, des vins belges produits en famille

Depuis 2013, la famille Hautier s’est lancée dans l’aventure viticole. En plus de leur exploitation céréalière, ils ont décidé ensemble de diversifier leur activité avec la plantation de plus de 22 000 pieds de vignes. Une activité qui les rend aujourd’hui épanouis, les anime de rencontres, d’événements à succès et qui les rapproche plus que jamais. Nous sommes allés à leur rencontre.

Annie, la mère, propriétaire depuis les années 80 de 22 000 pieds de vignes. ©Nahia Farmer.

Vieux agriculteurs, jeunes vignerons

Annie et son mari se définissent comme des vieux agriculteurs, jeunes vignerons du fait de leur histoire. C’est dans les années 80 qu’elle et son mari Étienne deviennent propriétaires de la ferme du Chapitre. Ils commencent alors leur activité d’agriculteurs avec l’exploitation de céréales et l’élevage de bétail. Mais la ferme est en ruine, il faut la reconstruire. Les rénovations dureront 2 ans : ravalement de façade, démantèlement de l’ancienne brasserie, il faut pallier aux risques d’effondrement… Tout cela a un coût, mais le cœur y est ! Le couple a la volonté de construire leur activité sur le domaine du Chapitre. 

Après plus de 10 ans d’activité, Annie et Etienne s’intéressent de près à la culture viticole et envisage même de s’installer à Bordeaux pour acheter un vignoble. Il arrive donc le moment où il faut en parler à leurs proches, à commencer par leurs 3 enfants ! Et leur réaction va bien les surprendre…

Vous êtes bêtes et cons, leur répondent-ils ! Âgés d’une petite vingtaine d’année, Guillaume, Pierre et Bertrand encouragent leurs parents à rester en Belgique, affirmant que eux resteraient à Nivelles de toute manière. Ils tentent de les convaincre en leur assurant qu’ils finiraient toujours par vouloir revenir dans leur pays d’origine, mais surtout, en leur proposant de créer leur vignoble sur le domaine du Chapitre. Avant d’ajouter vouloir les aider en travaillant avec eux dans ce nouveau projet.

L’idée de créer un vignoble sur leurs terres devient peu à peu un projet sérieux. Bertrand souhaite même continuer ses études et étudier la viticulture et l’œnologie pour travailler ensuite avec ses parents. Il part donc étudier 2 ans à Bordeaux, et rapportera de fortes compétences qui aideront la famille dans sa nouvelle activité.

Soit on garde toutes les grappes et on fait de la quantité sans pour autant avoir de la qualité. Soit on fait une vendange en vert et on sacrifie quelques grappes (ou la moitié) pour avoir de la qualité. Et c’est ce qu’on a décidé de faire.

« On a appris sur le tas »

Avec leurs expériences d’agriculteurs, les Hautier connaissent seulement les précautions à prendre contre les maladies de la vigne. Pour démarrer leur nouvelle activité, Annie nous raconte qu’ils ont appris sur le tas. Ils visitent des vignobles en Allemagne, en France, au Luxembourg, se rendent dans des salons viticoles et lisent beaucoup de livres sur le sujet… Car, à partir de la vendange jusqu’à la mise en bouteille, c’est un métier qui est hyper technique.

Et là, il y a une belle histoire, annonce Annie. Un samedi d’été 2014, quelqu’un sonne à la porte de Annie et Étienne. C’est un monsieur assez costaud, avec un grand sourire, et qui porte sous son bras plein de bouteilles de vin. Ce monsieur s’appelle Luc et leur raconte qu’il vient de Zottegem en Flandre : Je suis vigneron, j’ai les même cépages que vous et je voudrais vous aider dans votre travail. De la vendange à la mise en bouteille, car j’ai toujours rêvé d’être maître de chai dans un vignoble plus important. Avant d’ajouter : Et les Français ne veulent pas de moi !

Luc propose à Annie et Étienne de collaborer et de s’entraider dans leurs activités de vignerons. Après avoir goûté ses vins, Etienne et Annie sont séduits. C’est le début d’une belle collaboration ! C’est devenu un copain, un ami, dit Annie.

Le travail du vin, technique, a demandé une union de tous les partis. ©Nahia Farmer.

Culture raisonnée et durable

Après de nombreuses rencontres, visites, lectures, pour étudier le métier de vigneron, la famille Hautier prend la décision de se tourner vers la culture raisonnée et durable.

Soit on garde toutes les grappes et on fait de la quantité sans pour autant avoir de la qualité. Soit on fait une vendange en vert et on sacrifie quelques grappes (ou la moitié) pour avoir de la qualité. Et c’est ce qu’on a décidé de faire.

La famille choisit donc de produire un vin le plus naturel possible et non bio, car toutes les solutions pour faire du vin bio n’existent pas avec les cépages résistants. Au lieu d’utiliser des pesticides, les Hautiers préfèrent le désherbage dynamique qui prend plus de temps, mais qui permet de ne pas utiliser de produits toxiques.

Au niveau des sulfites, ceux ajoutés dans les vins du Chapitre sont à la moitié d’un taux bio, c’est à dire nettement moins qu’un vin traditionnel. Parce que on veut rester sur quelque chose de naturel. Il faut un minimum de sulfites pour que le vin soit conservé, explique Annie. Si on veut le garder dans sa cave quelques années, ou le transporter d’un endroit à l’autre. Et de préciser : Il y a toujours des sulfites naturellement dans les raisins, car on met du soufre pour nourrir la vigne. Ça passe dans les feuilles et ça arrive dans les raisins.

Choisir le prochain vin

Pour choisir leur prochain vin, la famille se réunit et déguste les différents assemblages. C’est parfois une affaire de négociation, dit Annie. Une fois, au mois d’août, nous n’étions pas d’accord et puis Luc vient avec un autre avis, du point de vue de sa culture flamande, mais qui ne correspond pas à celle des wallons. Bertrand a donc proposé de faire appel à des dégustateurs. Nous avons contacté des personnes que nous avions déjà rencontrées et qui connaissaient le domaine pour venir nous apporter leur opinion. Entre 50 et 60 personnes ont répondu et se sont présentées. Plusieurs assemblages leur ont été proposés avec un questionnaire anonyme. On leur a seulement demandé de mettre soit homme ou femme, bien qu’il y avait plus de femmes que d’hommes. Même si les gens ne s’y “connaissaient pas, ce n’était pas important. On voulait juste savoir si c’était bon ou mauvais pour eux. Car ce n’est pas simplement aux œnologues qu’on veut le vendre.

Quand nous avons analysé les réponses, une ligne directrice s’est dessinée et nous avons pu choisir le prochain vin. Nous avons remarqué que les femmes étaient plus sévères que les hommes. Nous avions volontairement demandé aux participants de venir seul pour ne pas être influencé par leurs proches. C’était hyper chouette !

Après un certain temps d'apprentissage, la famille s'est tournée vers le vin durable en agriculture raisonnée. ©Nahia Farmer.

Si vous aussi vous voulez découvrir le domaine du Chapitre, déguster le vin avec les producteurs, consultez le calendriers des animations sur la page Facebook d’Annie. Vous apprendrez peut-être alors que le prochain projet pour la famille Hautier est de produire du jus de raisin pour l’année 2020 !

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Prochains événements : Dégustation Vignobles et Brasseries de Wallonie le 11 et 12 mai de 11h à 18h. Et si vous êtes patients, cet été vous pourrez participer à un apéro dans les vignes !

 

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