Zéro sulfite

10 raisons objectives (ou presque) de se mettre au vin naturel

« Si tu mets une camisole chimique à ton vin, comment veux-tu qu’il danse ? » Dans un manifeste fraîchement pressé. Antonin Iommi-Amunategui, bloggueur à Rue89 lève le coude et le poing pour défendre le vin naturel Son livre rouge, on l’a lu. On l’a bu. On l’a cru. Et on a eu envie de partager avec vous les 10 vraies bonnes raisons d’adopter ce jaja-là.

 

Grapes harvest

 

1- Le vin naturel est naturel

Sans blague ! Oui mais ça fait pas de mal de le rappeler :  le vin naturel, contrairement à ses consorts conventionnels, est fabriqué avec du raisin bio et à peu près rien d’autre. Rappelons que la législation autorise près de 70 additifs dans le vin classique et 35 pour les cuvées bio. Ce qui veut dire qu’on a le droit de fourrer dans nos bouteilles de l’albumine d’oeuf, de la colle de poisson, des morceaux de bois de chêne, du sucre, de la gélatine…

Passons rapidement sur les résidus de pesticides que l’on peut également trouver dans nos litrons (en 2013, Que Choisir a découvert jusqu’à 14 substances dans une même bouteille). Rien de tout ça dans les barriques de Thierry Puzelat ou de la famille Rietsch. « Un vin naturel est conçu à partir de raisins issus de l’agriculture biologique ou biodynamique, vendangés à la main, vinifiés à l’aide de techniques artisanales, sans aucun intrant, à l’exception possible, mais pas encouragée, de très faibles doses de sulfites ajoutées,» rappelle en substance l’Association des vins naturels.

 

vins_sains

 

2- Il ne ment pas (et c’est un des seuls)

« Je n’ai pas de définition du vin naturel parce que le vin devrait toujours l’être, explique Richard Leroy (le vigneron de la BD Les Ignorants). Aujourd’hui les gens ne savent pas de quoi ils parlent. Ce serait très important de clarifier les choses, d’indiquer tous les produits sur l’étiquette. » Le problème, c’est que contrairement aux yaourts ou tout autre produit de consommation, le vin jouit d’une dérogation spéciale : il n’a pas à préciser la liste de ses ingrédients sur l’étiquette, juste à indiquer la présence de sulfites lorsqu’elle est supérieure à 10 mg/l (ce qui est presque toujours le cas) sans pour autant avoir à la quantifier.

Du coup, du plus mauvais picrate industriel à la Romanée Conti (en biodynamie soit dit en passant), on trouve l’immuable mention « contient des sulfites ». Dans les vins naturels, il n’y en aura pourtant que d’infimes traces quand les taux approcheront les 400 mg de sulfites par litre dans les blancs autorisés en Europe.

 

3- Il se boit comme une bière

Vous n’avez jamais été à l’aise avec les gants blancs, la chorégraphie du tire-bouchon, le gouleyage et compagnie ? Ca tombe bien, le vin naturel se sert sans chichi. Parfois, c’est même carrément comique. Votre hôte débarque avec une bouteille qu’il secoue dans tous les sens pour enlever quelques bulles. « Le vin naturel se veut plus populaire, moins protocolaire, décomplexé, raconte Antonin. Les vignerons nature cassent les codes du vin à Papa et s’inspirent pas mal des usages de la bière que l’on boit au Comptoir. » D’ailleurs, si vous cherchez un endroit où vous en jeter un petit sans sulfites, c’est par ici à Paris et là à Lyon. Et partout ailleurs, par .

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4- Il amorce la révolution

« Le vin naturel est aujourd’hui la manifestation la plus visible d’une agriculture artisanale, autonome et saine, écrit Antonin. C’est aussi un modèle économique alternatif, viable et durable. » Reprenons dès le début : le raisin pousse sans engrais chimiques sur des terroirs préservés,  il se transforme ensuite sous l’action de levures indigènes naturellement en vin. Pas de chimie ici, juste de la patience, du savoir faire et pas mal de main d’oeuvre (50% de mon chiffres d’affaires c’est de la main d’oeuvre, rappelle Olivier Cousin, le rebelle d’Anjou). Bref, les sols restent sains, le sang des agriculteurs aussi.

Côté distribution, même topo, le vin naturel a tout bon. On le trouve chez des petits cavistes, des bars à vin, des bistrots planqués, jamais dans les rayons des grandes surfaces qui ont vidé nos centre-villes. « Même si les vignerons naturels ne sont que 300, ils ont une vraie responsabilité aujourd’hui, poursuit Antonin. La viticulture représente en France 15,4% de la valeur de la production agricole pour seulement 3% des surfaces utilisées. Les viticulteurs sont les agriculteurs les plus écoutés. Ceux engagés dans la voie naturelle doivent s’exprimer, montrer, fédérer et faire basculer le reste du monde agricole dans leur contre-culture. Le vin naturel est le mode d’emploi pour recouvrer une liberté égarée dans les rayons de notre société de l’hyperconsommation. »

 

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5- Ses étiquettes nous font marrer

Il suffit de faire un tour sur les étiquettes de vins nature pour comprendre qu’on est ici décontracté du verbe comme du slip. Il y a ceux qui en profitent pour gentiment tâcler les conventionnels. Le château Lestignac par exemple en indiquant la mention « agriculture normale certifiée par Ecocert ». Ou le château Massereau qui appelle sa cuvée « le sans sulfites ajoutés » et présente une étiquette avec une simple croix noire. Il y a ceux qui tentent des jeux de mots plus ou moins audacieux : boire du trou-trou, For ceps macération, ou ressortent carrément de bonnes vieilles blagues de cru : you fuck my wine… Mention spéciale  à Pascal Simonutti, pour avoir décliné la pochette des Sex Pistols « Never mind the bollocks » sur les étiquettes de son Touraine. Ce qui donne  un poétique On s’en bat les couilles”.

 

6- Il sauve la planète 

Parce qu’il n’y a pas que le merlot et le grenache dans la vigne, les vignerons nature aiment réhabiliter les anciens cépages de leur région. Grâce à eux, macableu, bia blanc ou picpoul noir, viennent diversifier la douzaine de cépages qui, aujourd’hui assurent les 3/4 de la production vinicole dans le monde.

 

Antonin, le bloggueur de "No wine is innocent"
Antonin, le bloggueur de « No wine is innocent »

7- Il nous donne mille raisons de surfer

Entre les pages Facebook dédiées au vin naturel et les blogs, sur le sujet, il y a moyen de s’accorder pas mal de pauses sympas dans la journée derrière son ordi. Par exemple…

  • Le blog d’Olif : il aime le vin, la cancoillotte, la BD et les bons chanteurs français, morts ou vifs, habite en Franche Comté et nous conte ses aventure pinardesques du haut de ses 63 printemps.
  • Le propos de Glougueule ? « On parle des vins et des copains, viendez ! «  Vous y trouverez des chroniques, des photos, des illustrations et, en prime, des super tee-shirts subversifs.
  • « On ne mange pas pour se nourrir, mais pour se souvenir. A qui ai-je piqué cette citation ? J’ai oublié. » Guillaume a du Morgon dans les veines et nous raconte ses histoires de table, de rencontres et de vin.
  • No wine is innocent et Antonin aime bien le faire savoir. Vous n’y trouverez aucune critique de pinard mais des articles qui, souvent, mettent les pieds dans le plat.
  • Ex-sommelier, caviste, Sand se dit nombrilo-féministe-pinardière. En mode déjantée, la trentenaire nous livre un max d’informations en direct de sa pinardothek.
  • Missglouglou, alias Ophélie raconte le vin comme elle le ferait à son petit cousin sauf qu’en plus on se croit intelligent. On adore.
  • Les vignerons que Jean-Yves Bardin photographie ont tous un point commun : « faire un vin le plus  naturel possible en laissant s’exprimer le terroir. »

 

Brrr, la nuit des vins nus.
La nuit des vins nus, épisode #2.

 

8- Il décoince grave

D’un côté les clubs de vin, de l’autre les Nuits des vins nus. Plusieurs fois par an, Antonin organise des soirées singulières lubrifiées au vin naturel. Le principe ? Tout le monde s’enferme dans une cave et boit toute la nuit des vins naturels rares voire subversifs mais jamais hors de prix. Il se passe aussi des choses étranges comme le premier combat mondial de « catch-vistes » (où l’on départage deux excellents cavistes aux quilles musclées), des séquences de flou garou ou encore des expériences où l’on fait se rencontrer bondage et bourgogne aligoté. Vous viendrez ?

 

9- On peut en boire plus et plus longtemps

Faites l’exercice : apportez à votre prochain dîner, deux bouteilles. Un vin classique, disons un Bordeaux et un petit vin nature de derrière les fagots. Vous verrez comme le vin nature provoque son lot de commentaires et de discussions. Il surprend, clive, transporte, délie les langues et les gosiers. Et ce n’est pas tout. Le vin naturel procure une ivresse différente, joyeuse. « Une fois je suis resté dans un resto pendant 14 heures à boire du vin naturel, confie Antonin. Ca aurait été impossible avec du mauvais vin. » Record à battre !

 

10-  L’abus d’alcool est dangereux pour la santé bla bla bla

Oui mais quand même…, le vin naturel peut surtout être incroyablement bon, non ?

 

 

 

 

17 commentaires

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  1. Ouais ouais, donc on ne boit du vin que pour se bourrer la gueule et rire joyeusement en regardant des étiquettes… Pas tout à fait ce que j’attends donc chacun son truc hein.
    Et puis les quelques expériences de vins naturels que j’ai (caviste passionné d’Angers justement !) sont franchement pas terribles du tout. Il faut s’habituer ? Oui, probablement, mais pas vu d’ivresse différente et pas agréable au goût donc à ce compte là, je reste sur la bière, probablement plus sain et bien plus intéressant niveau gustatif. Et pour le reste, je reste sur mon vin rouge, de + en + bio.

  2. Il me semble que la qualité dite « bio » est loin d’être aussi clean que cela. Les sulfites sont autorisés dans la fabrication du vin « bio ». Seul le label « biodynamie » garanti leur absence…

  3. Je comprends tout à fait qu’une génération Coca-Cola/Orangina aime le jus de fruit et donc le vin fruité. Alors autant boire du jus de raisin bio, c’est moins compliqué à élaborer et au moins, il n’y a pas d’éthanal, substance cancérigène, faut-il le préciser.

  4. Et le goût dans tout cela ? La question divise voire suscite les passions. POur ma part, si j’adhère sur le principe (pour toutes les raisons invoquées dans l’article), je n’ai pas encore trouvé une bouteille qui me plaise en vin naturel. Toujours un goût d’oxydation plus ou moins présent quand ce n’est pas de Brett… Pour le moment, je n’en tiens donc au bio et tente d’échanger avec les vignerons sur leur approches de la question.

  5. Nous venons tout juste d’ouvrir un bar à vins naturels à Montmartre…
    Je ne ferais plus marche arrière, les vins naturels sont des bijoux qui ne demandent qu’à être goulûment découvert… Pour la nourriture nous avons choisi la même punition ! Des produits directement venu de chez nos producteurs, des produits naturels et bons comme avant. On fait simple, les produits font le reste et les clients en redemande.
    François

  6. Bonjour.
    Deux petites précisions: » L’Amitié Rit  » est aussi un superbe bar à vins ainsi que « La Cave d’Yvry  » chez Paco qui ouvre aussi un bar à vins en septembre.
    Cordialement.

  7. La vache! Ca me fait revenir quelques années en arrière, quand mon pépère « Gustave » était encore parmi nous et qu il cultivait sa vigne pour lui tout seul! Enfin pour nous aussi, tout était fait a la main , et le vin pouvait etre une bonne vieille piquette ou un miracle de la vie (1989 et 1991 par exemple). Alors je vous dis pas comme vous avez raison, et lui aussi , de tout la haut il vous dit bravo!

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