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Thérapie florale

Florvital, l’art de soigner par les plantes

Depuis son petite village d’Auvergne, Sébastien Portal fait la promotion de l’aromathérapie. Il cultive chaque année plusieurs dizaines de plantes qu’il distille avec le plus grand soin. Plongeon dans son univers, ses huiles essentielles et ses hydrolats.

© Anne-Claire Héraud

Dans les hauteurs de Lavaudieu, un petit village d’Auvergne enveloppé autour de son abbaye du XIe siècle, Sébastien Portal produit et distille depuis 2009 des huiles essentielles et hydrolats, ingrédients essentiels de l’aromathérapie, une médecine aussi douce que son savoir-faire.

Dix ans qu’il cultive, sur les collines environnantes, entre trois et cinq hectares de terre. Dans ses champs, on rencontre des plantes bien connues du public comme la menthe, le bleuet, l’aneth et la mélisse mais aussi des herbes plus confidentielles comme l’aurone dont Sébastien raffole. Aussi appelée armoise citron, c’est une plante arbustive qui dégage un parfum puissant, assez citronné. Elle est employée pour lutter contre la fatigue et permet de soigner les douleurs gastriques et les rhumes.

Sébastien connaît ses plantes sur le bout de ses doigts verts, mais aussi leurs propriétés, leurs odeurs et leurs besoins. De prime abord timide et taiseux, le paysan-distillateur se révèle bavard lorsqu’il s’agit de parler botanique. Il s’accroupit au pied de chaque bosquet pour nous faire sentir les quelques fleurs qui font figure de résistantes. Lors de notre passage, en mai, le printemps peine à s’installer et les champs sont encore bien clairsemés. Les nuits sont encore fraîches et les températures flirtent dangereusement avec le zéro. Qu’à cela ne tienne, Sébastien Portal commencera sa récolte par la sauge officinale.

Producteur-cueilleur

Sébastien choie ses plantes tout autant que l’environnement qui les voit pousser. Pour lui, tout est lié. Il pratique la rotation des cultures et n’utilise aucun produit phytosanitaire. Et à l’exception du bleuet qu’il sème lui-même, tous les plants sont achetés à des producteurs bio. Sébastien Portal fait également partie du syndicat SIMPLES. Créé en 1982 dans les Cévennes, cette structure regroupe une centaine de producteurs-cueilleurs de plantes médicinales aromatiques, alimentaires, cosmétiques et tinctoriales (utilisées pour teinter naturellement des matériaux). Nous suivons un cahier des charges très strict en ce qui concerne la protection de l’environnement, la préservation des ressources floristiques et la qualité de la production.

Lorsque la nature sort doucement de son sommeil hivernal et que les plantes adventices se multiplient, le paysan-distillateur désherbe les rangs de manière mécanique afin de faciliter ensuite la récolte qui elle, est manuelle ou électrique comme c’est le cas pour la menthe ou la camomille matricaire. Une fois les plantes récoltées, Sébastien ne les sèche pas. Je distille toutes mes fleurs fanées, préfanées ou fraîches directement après cueillette.

© Anne-Claire Héraud

Concentration maximale

Après ce petit tour du propriétaire, nous redescendons la colline vers un grand hangar. C’est là que Sébastien cache son alambic et son petit labo où il distille plantes et fleurs pour les transformer en huiles essentielles et hydrolats que l’on appelle eaux florales et qui  désignent l’eau de distillation de l’huile essentielle. Un kilo de plantes permet d’obtenir un litre d’hydrolat mais en ce qui concerne les huiles essentielles, ce n’est pas du tout le même ratio. Par exemple, pour un litre d’huile essentielle de mélisse, il faudra une tonne de plantes. Une concentration qui explique que les huiles essentielles de qualité aient un coût. C’est comme pour le vin, une fiole à 4 €, c’est louche !, plaisante l’aromaculteur.

Sébastien distille sa cueillette par lot de 100 à 125 kilos. Grâce à un montoir, les plantes entières arrivent par le dessus de l’alambic pour être distillées. Le procédé consiste à faire traverser une cuve remplie de plantes aromatiques par de la vapeur d’eau. Ensuite c’est une réaction en chaine de phénomènes chimiques qui permet d’extraire les huiles essentielles d’un côté et de récolter l’hydrolat de l’autre.

© Anne-Claire Héraud

Il est important, lors de la distillation, que les huiles essentielles ne soient pas brûlées, explique le spécialiste. L’objectif est de se retrouver au plus près des essences d’origine. Toute la complexité, c’est que l’on essaie à la fois de distiller le plus rapidement et le plus doucement possible. Huiles essentielles et hydrolats sont ensuite embouteillés dans des flacons opaques afin d’en optimiser la conservation. Les dates optimales d’utilisation des huiles sont en général de 12 à 18  mois mais on peut les conserver sans problème jusqu’à cinq ans. Aussi, certaines huiles ne sont pas à utiliser pures, comme celle essentielle de romarin. Les médecines douces peuvent aussi être très puissantes.

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www.florvital.fr

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