À vos bêches !

Le combat des « guérilleros de la greffe » a porté ses fruits

Leur combat ? Greffer des fruits sur les arbres des villes pour les rendre comestibles. Découverte d’un mouvement américain qui pourrait bien essaimer de ce côté de l’Atlantique.

En 2012, un petit groupe de militants de San Francisco armés de scalpel devenaient célèbres dans le monde entier. En quelques mois à peine, leurs actions étaient racontées dans de nombreux articles de presse et même exposés à la biennale d’architecture de Venise, dans la catégorie Interventions spontanées : le design pour le bien commun. Leur but ? Rendre les rues des villes plus comestibles. Leur méthode ? Greffer les branches d’arbres fruitiers sur celles des arbres municipaux.

Croquer la ville

Tout a commencé, quand une quadragénaire américaine, Tara Hui, a voulu convaincre les résidents de son quartier pauvre de la banlieue de San Francisco de planter des poiriers et des cerisiers dans les rues. Un bon moyen de palier au manque d’épiceries et de produits frais dans le coin. Mais la pratique est interdite, de peur que les fruits tombés n’attirent les rongeurs ou ne fassent glisser les passants. Deux arguments insuffisants aux yeux de Tara Hui, qui a donc eu l’idée de greffer des branches de prunier comestible sur un arbre de sa rue.

Dans les mois qui ont suivi, d’autres personnes du coin ont commencé à l’imiter, en adoptant le nom de Guerilla grafters, les guerilleros de la greffe. Des actions qui permettent bien sûr plus de sensibiliser l’opinion à l’idée d’une ville comestible que de faire des confitures.

Il y a des guérilleros de la greffe dans le monde entier. Nous recevons très souvent des mails de gens inspirés par notre projet.

Tara Hui expliquait à l’époque :

Pour montrer aux gens qu’avoir un arbre fruitier sur un trottoir n’est pas du tout un problème, nous ne greffons que là où les gens s’engagent à entretenir les arbres (…) et nous commençons à petite échelle.

Interrogée il y a quelques jours, Tara Hui nous a confirmé que ce mouvement de greffes se poursuit à San Francisco et ailleurs. Nous ne tenons pas un inventaire précis des greffes, mais il y a des guérilleros de la greffe dans le monde entier. Nous recevons très souvent des mails de gens inspirés par notre projet.Et ce même si leur idée ne plait pas à tout le monde : leurs greffons ont été arrachés à plusieurs reprises autour de San Francisco.

Sur Internet, on trouve des traces de réunions de guérilleros à Oakland, Vancouver ou encore en Slovénie :

Et en France ? Aucune greffe n’a été recensée par le mouvement. Si vous en connaissez, signalez-la nous dans les commentaires ci-dessous. Et si vous voulez rejoindre le mouvement, un manuel très précis a été produit par l’association et peut être consulté ici. Si vous ne lisez pas l’anglais, on vous conseille aussi les cours donnés par l’association Les Croqueurs de Pommes aux fraternités ouvrières de Mouscron.

 

Photo de Une : Guerrilla Grafters by Nicolas Zurcher, 2012.

8 commentaires

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  1. Séduisante et singulière expérience, à première vue, que de greffer des arbres fruitiers sur les arbres en ville. Les fruits obtenus sont-ils identiques aux fruits de l’arbre d’origine?
    Tous les arbres conviennent-ils à tous types de greffons?
    Qui arrache et pourquoi ? Pourquoi appeler cela guérilla?

  2. Bonjour
    Saif erreur le lien vers le manuel en anglais est absent.
    Merci pour les informations qui nous viennent de loin mais qui nous donnent l’espoir d »un monde meilleur à porter de main

  3. Merveilleux, je réfléchissais depuis longtemps à l’utilité des arbres d’ornement autour de nous, voilà la solution, je vais commencer par greffer des arbres plantés chez moi et en parler autour de moi. Merci pour cette espérance d’abondance.

  4. super, pourquoi ne pas en faire dans toutes les villes et même dans nos jardins privés trop petits pour avoir plusieurs arbres fruitiers ? Parlons en autour de nous et publions.

  5. Vu un greffon à Lyon. Mais restons discret sur le lieu pour l’instant car en effet il y a risque d’arrachage.

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