Soyez sport avec la planète

Cette semaine, je remue ma graisse écologiquement

Les fêtes sont loin derrière nous, ne restent que les bourrelets en trop et la graisse durablement stockée par de trop longs repas d’hiver. Voilà une bonne raison de se mettre au sport ! Alors allons-y, galopons, nageons, poussons de la fonte, ça ne fera de mal à personne, pardi ! Ah ? Si…? Le sport pourrait être anti-écologique ? Qu’ouïs-je ? Comment cela peut-il être possiblement possible de la possibilité vraie ? Allez, pas de panique, on vous donne aussi des pistes pour se dépenser vert.

On se félicite tellement de nos activités sportives, qu’on oublie d’y associer un engagement écoresponsable. Et pourtant, si le sport est bon pour la santé, il peut avoir un impact très néfaste sur l’environnement. Je ne condamne évidemment pas les puristes qui piquent un cent mètres nus dans la forêt pour se reconnecter aux arbres. Sauf erreur, cette pratique n’est pas la plus répandue (pour d’obscures raisons, c’est très mal interprété de courir à poil dans les jardins publics). Mais qu’en est-il des autres ? À quoi faut-il faire attention pour rester écolo tout en se cultivant un corps d’athlète ?

65 % de la population pratique ainsi une activité sportive par semaine, et 20 % s’adonne régulièrement au running. On compte pas moins de 2,5 millions de manifestations sportives chaque année en France.

Le sport est devenu l’apanage des français cool et branchés qui investissent à gogo dans cette nouvelle passion. Le sport est de loin le divertissement préféré des français, un loisir universel qui se passe de traduction, qui mêle toutes les cultures et toutes les classes sociales, c’est pourquoi il se doit de porter des valeurs écologiques exemplaires. Et pour ça, il y a encore un peu de boulot.

Qui sont les mauvais élèves ?

On n’a pas vraiment de raison de se sentir concerné par l’écologie dans le sport quand on fait juste de la corde à sauter au square en bas de chez nous. Et pour cause, tous les sports ne sont pas égaux dans leur impact écologique. En haut du podium, on trouve le ski dont le bilan carbone est loin d’être au top (infrastructures coûteuses, neige artificielle, matériel de ski, voyages en avion etc.), sur ce point, l’ADEME livre plusieurs conseils pour faire de la glisse sans ravages.

Dans le même genre, on trouve le golf dont le green n’est pas si green que ça et si les golfeurs ont soif de verdure, la verdure, elle, a soif d’eau. Un terrain de 40 hectares par exemple, nécessite autant d’eau qu’une ville de 7000 habitants. Difficile de ne pas pointer du doigt la natation, avec ses piscines chauffées et ses maillots de bains aux textiles peu écolo, mais bon, on va quand même pas vous inciter à faire vos longueurs dans la Garonne.

 

Quant à la course à pieds, elle n’est pas polluante en tant que telle, pas plus que le vélo ou la marche, la vraie catastrophe c’est surtout les événements sportifs. Chaque marathon laisse derrière lui des déchets par milliers (sacs plastiques, emballages, gobelets, t-shirt etc.) et les participants doivent pour beaucoup s’y rendre en voiture ou en avion. Cela relève donc principalement de la responsabilité des organisateurs qui doivent s’engager pour des événements plus responsables. Allez, les gars, on va y arriver !

Le sport, un loisir coûteux ? Ça dépend pour qui !

Les Français consomment environ 9 milliards d’euros d’équipement sportifs chaque année ce qui revient à une dépense moyenne de 253 euros par foyer. Un joli pactole ! Le souci c’est que ces équipements ne sont pas toujours très éco friendly. Premier impératif : dépenser moins et mieux. C’est en tout cas ce que recommande Stratégie nationale de développement durable du sport. La course à pied, par exemple, ne nécessite pas un bombardement d’équipements renouvelé tous les six mois, un vélo peut être réparé à l’infini (je vous en avais déjà fait le récit, ) etc. Si on ne se laisse pas mener par la mode par le bout du nez, le sport n’est pas censé coûter un bras.

D'après la Fondation du Football, 100 milliards de litres seraient utilisés chaque année pour arroser les terrains de football français en gazon naturel, soit plus de 3 mètres cube chaque seconde (3 171 litres par seconde exactement).

Quels vêtements choisir pour engloutir amoureusement ma sueur ?

L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Ça, c’est dit. Mais la branche des vêtements de sport est encore plus concernée avec des textiles à la pointe de la technologie (résistant au froid, à la transpiration, aux odeurs, etc.). Pour être aussi efficaces, ils nécessitent certains composants chimiques, notamment le PFC (perfluocarbure), un imperméabilisant polluant comme l’a dénoncé Greenpeace Allemagne en 2016.  Très volatile, on retrouve des traces anormalement élevées de ce composant dans la nature (soit dit en passant, l’enquête de Greenpeace a été étendue à l’ensemble des textiles hors sport et le résultat est tout aussi affligeant, le mieux serait donc de ne plus mettre de vêtement du tout, YAY). Certains pays comme la Norvège ont interdit l’utilisation des PFC, forçant ainsi les marques à trouver un mode de production alternatif.

Alors comment fait-on ma bonne dame, me direz-vous ? Déjà, je vous répondrai que nous n’avons pas gardé les cochons ensemble, espèce de malpoli. De deux, je vous conseillerai de privilégier les marques qui se sont personnellement engagées à ne plus utiliser de PFC comme The North Face (censée faire disparaître ce composant d’ici 2020) ou celles qui semblent les moins polluantes (d’après l’étude de Greenpeace, seules quelques vestes analysées chez les marques Vaude et Jack Wolfskin, une paire de gants The North Face et  un sac à dos Haglöfs seraient épargnées).

Par ailleurs, d’autres marques écoresponsables voient le jour, comme Veja, dont les chaussures sont conçues à partir de coton organique et de cuir végétal (mais un vrai runner vous avouera que ce sont des baskets de ville plus que des baskets de course). Dans le même genre, la marque Taygra propose aussi des chaussures 100 % artisanales et véganes. Par ailleurs, la marque britannique Páramo a été la première à signer la charte Greenpeace et garantit donc des vêtements sans PFC. Dans cette même lignée, on peut trouver la marque californienne Patagonia, certifiée Bluesign (une norme textile écoresponsable). Pour ce qui est du made in France, on peut commander des vêtements à la boutique Ligne Nature avec son label écoresponsable “Global Organic textile Standard”.

Recyclage, mère de toutes les vertus

Petit couac parmi toutes ces marques, ça fait mal au porte-monnaie. Dans ce cas, plusieurs solutions s’offrent à nous : acheter d’occasion (quand on ne peut pas acheter du neuf de qualité). Le tout, c’est de ne pas changer de baskets tous les ans parce qu’elles sont déjà fichues (alors qu’on les as achetées neuves). Eh oui, car les produits de sport (et pas que les vêtements) ne sont franchement pas marrants à recycler. Les balles de tennis, par exemple, sont un vrai calvaire, c’est pourquoi il existe désormais des opérations balles jaunes pour éviter qu’elles ne viennent polluer nos poubelles.

De la même façon, plutôt que d’acheter une petite bouteille d’eau chaque fois que vous envisagez de suer un peu, optez plutôt pour une gourde en inox, certes c’est pas le même prix mais au moins vous la garderez jusqu’à votre mort et pourrez l’offrir en héritage à vos enfants (les p’tits veinards).

Et enfin, quid du grand champion de la sueur sportive, le déo ? Après le scandale des sels d’aluminium, on n’est plus forcément emballé par cet usage. Vous bilez pas ! Parole de moi, le déo c’est pour les faibles. Déshabituer son corps à ce genre de produits chimiques ne vous fera pas puer plus qu’avant (parce qu’avec du déo, on pue quand même je vous signale, c’est juste mélangé à une odeur de lavande pas fraîche). Et puis, si vous êtes en manque, le mieux c’est encore d’utiliser une pierre d’alun ou d’étaler une pincée de bicarbonate de soude sous les aisselles. À 1 euro les 200 grammes, on se met bien.

Néanmoins, rassurez-vous jeunes athlètes ! Le sport reste une activité honorable (même si physiquement, on l’est moins) et oh, combien moins polluante que n’importe quelle sortie en 4×4. Si l’on doit être concerné par l’empreinte écologique de l’industrie sportive et inviter ses dirigeant à “verdir” leur structures et leur produits, il ne faut surtout pas se décourager et continuer de titiller de la fonte et braver le bitume, roulez jeunesse !

5 commentaires

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  1. « Après le scandale des sels d’aluminium, on n’est plus forcément emballé par cet usage […] si vous êtes en manque, le mieux c’est encore d’utiliser une pierre d’alun »

    AAAAAAAH mais la pierre d’alun est composée à 100% de sels d’aluminium et de potassium. C’est pas parce que c’est naturel que c’est pas néfaste pour votre organisme !
    Mais bon, quitte à mourir un jour, c’est effectivement toujours mieux de ne pas utiliser les aérosols, à défaut de s’étaler du bicarbonate ou du marc de café sous les bras.

    1. Le seul dérivé d’aluminium actuellement remis en cause est le chlorhydrate d’aluminium, aussi appellé aluminum zirconium pentachlorohydrate.

      Il n’est pas contenu dans la pierre d’alun naturelle.

    2. penser également aux huiles essentielles, notamment l’huile de palmarosa qui est l’ingrédient phare pour concocter une crème anti-transpirante.

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