Plus belle ma ville

Cette semaine je passe l’éponge dans ma rue

D’ici 2050, près de 70 % des êtres humains vivront en ville, alors comment faire pour verdir son cœur et ses trottoirs ? Cette semaine, j’ai pris mon balai de sorcière, ma bêche et ma baguette magique pour embellir mon quartier.

Depuis quelques mois, au fil de mes aventures dans le merveilleux monde de l’écologie, j’ai appris à recycler mon vélo, manger à l’œil, trier mes poubelles ou encore consommer moins d’énergie dans mon misérable bouge… En termes de transition énergétique, je peux carrément me lancer des fleurs sans pesticides. Et après ? Une fois dans la rue, comment ne pas laisser ses engagements dans le sac ? Aujourd’hui, des initiatives locales commencent à voir le jour grâce à celles et ceux qui ont décidé de changer les choses et d’agir avec leurs bras-bras. Car le meilleur moyen de passer un nouvel échelon dans cette quête de l’écologie perdue c’est tout simplement… de s’en-ga-ger (en trois syllabes, même). Un écocitoyen va avoir du mal à bosser tout seul dans son coin, il faut qu’il ouvre son bec.

À Saint-Etienne, les cantines sont à 80% bio et locales.

Avoir du bio dans la cantine de ses enfants ? Pas si utopique, comme projet ! 

Il faut en parler avec les autres parents d’élèves et le maire du quartier pour trouver des solutions ensemble (“1 + 1 + 1 + toi et moi”, comme dirait Sinclair). Cette lutte a fait ses preuves dans plusieurs régions: en Isère, où les agriculteurs ont créé une coopérative pour fournir les écoles du département et maintenant plusieurs restaurants ; à Mouans-Sartoux, en éduquant les écoliers à ne plus gaspiller (un geste économique qui a permis de financer l’alimentation bio de tous les repas) ; à Saint-Etienne, les cantines sont à plus de 80 % bio et locales… On retrouve par ailleurs toutes les initiatives auxquelles se rallier concernant la restauration bio sur cette jolie carte. Pour Paris, c’est nettement plus lent et l’objectif est d’atteindre 50 % de bio dans les cantines d’ici 2020 (mais surtout de mettre fin aux actuelles disparités d’un quartier à l’autre).

Et si, lors de la prochaine réunion de locataires et de copropriétaires, on lâchait un peu le voisin du 5e trop bruyant ? 

Et si, à la place, on réfléchissait plutôt à l’installation d’un compost dans la cour ou pire encore, d’un jardin partagé ? Un choix plus facile à imposer quand on est élu représentant des locataires, sinon c’est l’élu en place qu’il faut mettre dans sa poche (avec des pots-de-vin sans sulfite, cela va sans dire). Le tout, c’est de convaincre le syndic de mettre en place un tel dispositif avec l’accord des autres locataires. Toutefois, pour bien vendre son projet, il faut connaître son sujet, donc ne sortez pas cette proposition dans une saillie emphatique si vous ne savez pas combien coûte un bac à compost et que vous pensez qu’on peut y mettre des bouteilles en plastique. C’est ainsi que Jean-Jacques Fasquel s’est reconverti en maître composteur afin d’œuvrer dans les copropriétés parisiennes. Un procédé qu’il a d’abord mis au point dans sa propre résidence de 600 logements (avec l’aide de la mairie et de l’organisme Paris-Habitat). On peut désormais suivre ses aventures compostables ici.

65 sites de compostage partagé ont vu le jour depuis 2009 sur le territoire de Grenoble-Alpes Métropole.

Pour créer un jardin partagé, le procédé est à peu près le même. Si toutefois je n’ai pas de cour luxuriante prête à accueillir un tel projet, je peux jeter mon dévolu sur une parcelle d’espace public, autour d’un arbre dans la rue, dans un square. Dans ce cas, il est conseillé de se regrouper en association (le principe d’un jardin partagé étant que je n’agis pas toute seule mais avec d’autres fondus de la main verte) et de prendre contact avec le Centre de ressources des jardiniers urbains (pour Paris → main.verte@paris.fr) qui apporte son aide pour faire un dossier auprès de la mairie. Ailleurs, n’hésitez pas à contacter le réseau national des jardins partagés.

Si ce mur me déprime et que je veux y coller des fleurs, j’ai droit ! C’est le budget participatif qui l’a dit, d’abord.

À Paris, il est désormais possible de végétaliser à gogo, on nous explique même comment. Cette opération de végétalisation sauvage a vu le jour grâce aux nombreux votes favorables pour ce projet dans le dernier budget participatif de Paris (la preuve que ça sert à quelque chose d’y coller son nez). Pour cela, il faut tout de même un permis quand il s’agit d’un espace public ou d’un mur appartenant à son voisin (dont il faut avoir l’accord, des fois qu’il serait verdurophobe). Il suffit donc de délimiter l’espace choisi à fleurir et d’envoyer une demande expliquant votre projet ici. Le permis sera délivré sous un mois (et à moins que je choisisse un emplacement au milieu du périph’, peu de chances qu’on me refuse mon permis) avec, sur demande, un kit de plantation. On trouve ainsi des pieds d’arbres végétalisés par-ci, par là, rue de Charonne dans le XXe ou rue Faidherbe dans le XIe, des palettes végétalisées comme celle située rue d’Alsace dans le Xe ou enfin des murs verdurisés rue Montmorency dans le IIIe.

A Rennes, le budget participatif permet d'inviter des moutons-tondeurs ou des éoliennes urbaines dans la ville.

D’autres villes ont suivi cette même voie comme Lyon, avec l’association Côté Jardins fondée en 1988, qui propose aux habitants de la région de produire leurs propres légumes biologiques sur une parcelle de terrain dédiée. Quoi qu’il en soit, si un projet de ce genre vous séduit, parlez-en à votre mairie, plus les propositions se multiplient, plus les villes s’engageront dans la végétalisation de leurs rues. L’Assemblée Nationale a également voté depuis peu une loi imposant aux nouveaux centres commerciaux de végétaliser leur toiture en France au-delà d’une certaine surface. Notons d’ailleurs que les budgets participatifs ont de plus en plus le vent en poupe et permettent dans quelques villes (à ce jour : Paris, Montreuil, Metz, Rennes et Grenoble) de concrétiser à plus grande échelle des initiatives écologiques. La végétalisation sort là aussi grande gagnante, c’est ainsi le premier projet lauréat du budget participatif de Grenoble. Quant à Rennes, la première édition de son budget participatif, “La fabrique citoyenne”, a retenu des projets tels que l’aménagement d’espaces verts, des composts de quartier ou encore des murs végétalisés.

Faute de jardin partagé, et si on avait tous un p’tit grain pour bombarder sa ville (de graines hein) ?

C’est l’idée défendue par le concept de guerilla gardening. Assembler des graines dans des boules de terre et d’argile faites maison (de nombreux guides pratiques expliquent comment s’y prendre) et de les déposer où bon nous semble tant qu’on trouve que ça manque de fleurettes. L’opération ne marche pas toujours, il faut espérer qu’il pleuve pour ramollir la pâte et faire germer les graines qu’on a violemment catapultées, de préférence en mai. Le concept est simple et à la portée de tous, pour une fois qu’on peut jeter des trucs n’importe comment et que ça a une réelle utilité, youpi.

Allez, je suis motivée, c’est parti pour un petit coup d’aspirateur sur les trottoirs ! Bon ça je vous rassure, ça sert à rien. En revanche, si vous êtes d’humeur à faire le ménage en dehors de chez vous, il existe des opérations  de grande envergure pour nettoyer les forêts, les parcs, les plages, les berges… Dans cette veine, les magasins Leclerc agissent depuis 1997 avec l’opération “Nettoyons la nature” qui réunit à une période donnée un maximum de bénévoles de tous les âges pour collecter des déchets. On peut proposer une opération soi-même ou rejoindre celles proposées dans le coin-coin. Dans le même genre, “Initiatives Océanes” de l’association Surfrider Europe Foundation propose des actions similaires. Sa démarche étant avant tout de sensibiliser les populations à la pollution des fonds marins dont 80 % des déchets proviennent de la terre.

Le film Demain a largement dépassé le million d'entrées. Le monde aurait-il envie de se bouger ?

Small is beautiful

Pour favoriser des transports en commun, les pistes cyclables ou mettre en place un pédibus, je peux aussi prendre contact avec mon conseil de quartier. Ca semble fou mais en fait, plus on adopte une citoyenneté active, plus on participe, plus on a de chances de faire changer les choses d’abord à un niveau local, puis petit à petit… Finalement, il existe des solutions même si je ne suis pas parent d’élève (et que je hais les enfants), délégué du personnel (et que je n’ai rien de personnel) ou président de la République (même si j’adore le beurre Président). Moi aussi, je peux faire en sorte avec mes petites mimines d’avoir un quartier plus propre, plus vert, avec plus de vélos et surtout plus de licornes, le tout c’est de s’y mettre !

Un commentaire

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  1. Et alors le film « qu’est ce qu’on attend » vous connaissez????
    c’est une expérience formidable ici dans un village de France en Alsace plus précisément et qui met en pratique tout ce qu’il y a dans le film demain
    à voir absolument….. ça redonne du punch

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