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Top 5 des villes les plus locavores : à Lyon (5e position), ça brasse local

Bien manger, ce n’est pas seulement aller au resto. C’est aussi et surtout se cuisiner de bons produits, chez soi, tous les jours. Aussi avons-nous eu l’idée de distinguer les villes où l’on a le plus facilement accès aux trésors de nos campagnes. On commence par Lyon sur la 5e marche du podium.

Le marché hebdomadaire du quartier, l’épicerie bio du coin de la rue, la ferme qui vend ses produits à quelques encablures de la ville, le groupement d’achat des amis, la Ruche qui dit Oui hébergée par mon bistrot préféré, les Amaps… c’est là qu’est le vrai sel de la vie : le produit frais, bon, propre, local et souvent, le moins cher ! Mais où est-il le plus facile d’y avoir accès ? Nous nous sommes prêtés au jeu des comparaisons et avons établi un classement des villes les plus locavores.

Cette semaine c’est Lyon qui ouvre le bal, avec la 5e place et sa mousse locale ! Car la capitale de Rhône-Alpes est aussi celle de la bière artisanale.

binouzes

 

Ca mousse à la Croix Rousse. « J’aime penser à la sensation en bouche que va avoir le buveur de bière. Avec trois petits ingrédients, on arrive à faire tant de choses différentes ! » Ludovic Ciléo ne cache pas son plaisir. En ouvrant la Brasserie Platypus en février avec sa compagne Amandine, il n’a pas seulement franchi le pas du brassin amateur à la micro-entreprise. Il a enfin fait rentrer le malt d’orge, le houblon et la levure dans le quotidien de son quartier de la Croix-Rousse.

« L’idée était de ramener l’artisanat en ville. Nous habitons dans un ancien canut : avant, ça bossait dans les appartements ! Aujourd’hui, les urbains sont dans une recherche de contact avec le producteur, avec l’artisan. » La brasserie ouvre ainsi ses portes deux demi-journées par semaine aux curieux, et fait revivre un certain passé de la ville : « Il y a une belle tradition brassicole à Lyon, assure Ludovic. L’eau de Lyon est connue pour faire de bonnes bières, surtout des brunes. C’est pour ça que la Brasserie Georges, qui produit encore pour son propre restaurant, s’est montée ici. » 

 

Brasserie Platypus
Brasserie Platypus

 

500 cuvées pour une région. A croire que la ville reprend ses litres de noblesse, les micro-brasseurs sont partout : Simon Potié, qui produit sa Capsule lyonnaise à Pierre Bénite, et Nicolas Catel, qui brasse ses Bulles d’Orge à Oullins, font mousser la banlieue proche. Nicolas Hugo, sur les quais du Rhône, dans le 3e arrondissement, propose aux amateurs de faire eux-mêmes leur bière, comme Pico-Mousse, à Vénissieux. Pour découvrir ce beau monde, l’association Brassage d’artistes propose tous les premiers jeudis du mois des dégustations avec des brasseurs locaux.

Le mouvement touche toute la région : « Ca fait cinq ans que l’on est en pleine explosion : on est à 107 brasseurs en Rhône-Alpes, ce qui en fait la première région de France en nombre de brasseurs », explique David Hébert, directeur de la production de Ninkasi, à Tarare, dans la banlieue lyonnaise. On se pose la question chaque année : jusqu’où ça va aller ?  Mais toutes les brasseries arrivent à vendre, ils ont même des problèmes pour réussir à produire plus. »

 

Fabrique de bières Ninkasi

 

Sûr qu’avec 80 000 hectolitres produits par an, les artisans de la bière rhônalpine sont bien loin des millions d’hectolitres des grandes brasseries alsaciennes. Ici, c’est la diversité qui règne : « Nous avons trouvé nos clients, assure David Hébert, dont la Ninkasi noire vient d’être élue meilleure bière porter au monde aux World Beer Awards. Les gens se sont intéressés, ils ont commencé à en avoir ras-le-bol de la bière standardisée. Avec au moins 5 bières par brasseur, on a plus de 500 bières différentes dans la région ! On retrouve beaucoup de créativité chez les micro-brasseurs. Et il y a maintenant une vague de brasseurs bio. »

 

Brasserie du Mont Popey
Brasserie du Mont Popey

 

Plantes sauvages et miel bio. Parmi ces nouveaux venus, Stéphan Armengaud, à Saint-Forgeux (Rhône), a monté cette année sa Brasserie du Mont Popey dans une ancienne bergerie. Avec un souci certain pour l’approvisionnement local. « Je fais de la bière au miel bio de Gaston Faure mais aussi aux plantes sauvages : fleurs de sureau, myrte des marais, sauge et achillée, en fonction de la saison, explique-t-il. Ca vient de tout autour de la brasserie, on est en pleine nature ! » Stéphan voyage surtout dans le temps, en rappelant à notre bon souvenir la gruite, brassée à l’époque où l’on contournait les taxes du houblon en donnant l’amertume de la bière avec de l’achillée, gratuite et abondante. Le malt de la brasserie vient lui des Malteurs Echo, installés dans la Drôme, et qui travaillent avec de l’orge local.

 

Bientôt du houblon local ?
Bientôt du houblon local ?

Il ne manque plus grand chose pour boire de la bière 100% locale : « On veut  développer un circuit de proximité pour les matières premières, en priorité le houblon, confie David Hébert, qui préside l’association BIERA (pour Brasseurs Indépendants en Rhône-Alpes). Le but c’est de produire une quinzaine de tonnes pour toute la région. La fleur de houblon représente 0,5 % de la bière, c’est minime, mais pour le goût c’est très important. » Un brasseur-agriculteur de la Drôme, Emmanuel Feraa, s’apprête à semer 4 variétés belges et américaines sur 6000 mètres carrés. Stéphan Armengaux devrait suivre aussi, dans son Beaujolais. « Nous aimerions développer des variétés locales, mais c’est un travail sur 10-15 ans, explique David Hébert. Mais il faut bien commencer ! J’en suis sûr, on s’oriente vers un label Bière de Rhône-Alpes. »

 

Comment avons-nous établi notre classement ?

Afin de mesurer la disponibilité de circuits courts et de ventes à la ferme pour les habitants des grandes villes, nous avons pris en compte le nombre d’AMAPs et de producteurs pratiquant la vente directe dans chaque département, puis ce chiffre rapporté au nombre d’habitants.

Ensuite, dans les grandes villes des trente premiers départements, nous avons pris en compte le nombre de Ruches, puis le nombre de commerces bio, rapportés au nombre d’habitants.

Résultats ?

Nos sources : les cartes réalisées par Les Colibris et Le Marché Citoyen.

10 commentaires

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  1. @Thérèse : C’est bien vrai, ça ! C’est pour ça que nous avons aussi pris en compte les marchés réguliers de producteurs.

  2. Oui ben dans pas trop longtemps alors ! car on cherche à déménager !! 🙂 Un petit article pour nous aider à faire notre choix en prenant en compte ce genre de critère de qualité de vie, serait super !! Merci à la ruche pour ce blog

  3. Et pourquoi ne pas avoir comptabilisé les marchés forains hebdomadaires? La plupart font plus de commerce de proximité que certains magasins bio!

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