fbpx

Permaculture urbaine

L’incroyable « jardungle » comestible d’Adrien

En à peine deux ans, Adrien a réussi à transformer sa pelouse de 200 m² en un foisonnant jardin à croquer. Bienvenue dans son potager urbain en permaculture aussi magique que productif.

Le jardin entoure une maison ancienne dans une petite rue de Villemomble (Seine-Saint-Denis), en proche banlieue parisienne. Sa superficie ne dépasse pas les 200 m², soit moitié moins que la moyenne des jardins français. Sa productivité au mètre carré, en revanche, en fait pâlir la plupart.

En s’y baladant début septembre, on y a vu des courges volantes, des tomates bleues, des tournesols géants rouges et des haricots à croquer. Cela fait seulement deux ans qu’Adrien a semé sa première graine. En arrivant sur place, en 2015, il avait planté en rang des buis et des lauriers-palmes. Je faisais aussi dans la monoculture de gazon, rigole aujourd’hui le jardinier des lieux. La démarche, classique, était très efficace. C’était vert toute l’année mais il n’y avait pas de vie, pas de spectacle, se souvient le néo-jardinier de 34 ans. C’est la lecture d’un article qui a poussé Adrien à changer de trajectoire.

Cet article racontait l’histoire de Joseph Chauffrey, un jardinier rouennais aussi productif qu’inspirant que votre magazine préféré est allé rencontré en 2017. Fasciné par cet exemple, Adrien se renseigne et lit beaucoup, pour apprendre comment à son tour rendre son jardin comestible. Il met ses talents d’observateur et de bricoleur, développés dans une école d’art, au service de son projet.

Aides végétales

Cela donne notamment de jolies structures en bambou, qu’il décrit ainsi : Les tomates sont montées jusqu’à 2,5 mètres, guidées par une structure en échafaudage et tuteurées par les ipomées, ces plantes grimpantes exubérantes. Elles commencent à s’appuyer sur une seconde structure parallèle (en forme de compas pour suivre le déplacement du soleil) pour former une arche et finiront, faute de nouvel appui, par se laisser descendre de l’autre côté, pour caresser les aubergines en contrebas. Poétique et malin.

Cela donne aussi des structures époustouflantes comme cette pergola en bois sur l’allée latérale de sa maison. À ses pieds, il a installé d’un côté un récupérateur d’eau (un bac en bois doublé d’une bâche) et de l’autre un bac à compost (en trois parties, pour assurer la rotation des différents stades de maturation du compost). Le tout est recouvert d’un filet récupéré sur un chantier. Cette installation permet donc à la fois :

– de faire courir des courges suspendues, qu’on dirait volantes, sur une surface aérienne beaucoup mieux exposée et beaucoup plus importante que la surface au sol de départ

– de conserver un volume d’eau bien précieux en période de sécheresse

– de composter des quantités énormes de végétaux.

Choyer le sol

Cette valorisation de la matière organique est un objectif en soi, aussi noble aux yeux d’Adrien que la production de légumes. C’est pourquoi il écume son quartier à la recherche de tontes ou de feuilles mortes jetées par ses voisins et récupère le broyas des services communaux d’élagage qui passent dans sa rue. Ces trésors seront compostés mais aussi déposés sur le sol, partout sur le terrain, en paillis. La loi de la nature, c’est l’abondance. Une salade peut donner plusieurs milliers de graines. Ça déborde de vie ! Et on sait que le vivant mange du vivant. Donc j’apporte un maximum de vie et de choses à manger pour le sol de mon jardin, explique-t-il. Et ça marche : en deux ans, son sol est plus riche, léger et grumeleux.

Autonomie potagère

Aujourd’hui, Adrien peut manger frais toute la belle saison, préparer une grosse quantité de conserves pour l’hiver et offrir des légumes à ses proches et voisins.

Depuis cet été, le jardinier a créé une page Facebook où il partage ses créations et distille conseils et croquis à ceux qui lui en demandent. Son but : booster les imaginaires en montrant des choses possibles. Beaucoup de gens rêvent d’une maison à la campagne, avec un grand terrain, si possible au bord d’un cours d’eau. C’est un beau projet, mais on ne pourra pas tous le réaliser. Surtout, on peut déjà faire énormément en ville et dans les jardins existants.

En l’écoutant, on se souvient d’une étude qui calculait que dans notre pays la surface des jardins des particuliers est quatre fois plus vaste que celle occupée par les espaces naturels protégés. Certes, chaque jardin a ses contraintes mais, après tout, cela peut être aussi vu comme un avantage : La petite surface, l’ombre, ça force à réfléchir et à inventer, c’est intéressant. Ça m’amuse beaucoup, d’ailleurs je ne suis pas sûr que ceux qui ont un plus grand jardin s’éclatent plus que moi.

Et vous, chers lecteurs, maintenant que votre imaginaire est boosté, comment allez-vous vous amuser dans votre jardin ?

6 commentaires

Close

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    1. euh ! en lisant bien l’article: il y a un lien vers la page Facebook
      Mon potager urbain en permaculture

  1. Merci pour cet article inspirant. C’est magnifique ce qu’Adrien a réalisé.
    Cela me permet de rêver à ce que je ferais avec un jardin plus grand que ma cour à l’ombre de 70M2

  2. Bravo Adrien, t’es un artiste et la nature te le rends bien. Une source d’inspiration et qqs part je t’admire un peu mais chut! Continue à nous éblouir! @ bientôt l’ami!

Recevoir le magazine

1 newsletter par semaine.
No pubs, Pas de partage de donnée personnelle

Oui ?

Recevoir le magazine

1 newsletter par semaine.
No pubs, Pas de partage de donnée personnelle