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Heureux qui comme Ulysse… quand un cheval passe son permis labour

Certains apprennent à conduire un tracteur, d’autres se forment au dressage des chevaux de trait et de labour. Pascal, maraîcher biologique et Ulysse, bel Irish Cob en sont à leur 3e leçon de conduite. Premières impressions.

Ulysse, bel Irish Cob aux muscles saillants et aux pattes garnies de fanons, fait son entrée sur ses terres agricoles.
Ulysse, bel Irish Cob aux muscles saillants et aux pattes garnies de fanons, fait son entrée sur ses terres agricoles.

Utiliser un cheval pour le maraîchage, comment cette idée t’a traversé l’esprit ?

Pascal. Au départ, je voulais un cheval pour le monter. J’avais quand même un peu dans l’idée de me servir de la force équine pour le maraîchage que je débutais. J’aimais beaucoup la race des Irish cobs. Ce sont des chevaux qui allient force et beauté. Ils sont autant utilisés pour l’équitation que pour tracter des calèches. J’ai trouvé Ulysse et je l’ai « engagé ». Il était jeune et fougueux, ce qui m’a valu des côtes cassées lors d’une promenade. J’ai décidé de le mettre au maraîchage en cette période de printemps, pour démarrer les semis. La chambre d’agriculture finance la formation au savoir faire en matière de traction animale et à l’attelage utilitaire, alors j’ai sauté sur l’occasion.

Quel est l’intérêt d’utiliser la traction animale, plutôt qu’un simple tracteur ?

Avec le cheval, le sol n’est pas tassé. Seuls les sabots peuvent écraser la terre, mais nous faisons en sorte de faire marcher Ulysse dans le sillon. Sur un petit terrain comme celui-ci, le cheval tourne plus facilement, on gagne donc en maniabilité. Et bien sûr, on protège la planète : pas d’intervention de machine, pas d’émission de CO², un bilan carbone quasi nul. Quand on veut aller au plus loin dans le maraîchage biologique, c’est une évolution logique que d’utiliser « l’énergie-cheval ».

Le plus difficile ? Avancer droit.
Le plus difficile ? Avancer droit.

Ulysse est attelé à quoi ?

C’est une kassine. Cet outil agricole moderne a été élaboré par l’association Prommata, basée en Ariège et dont le but est de soutenir, dans leur démarche d’autonomie, les personnes qui travaillent en traction animale. La kassine est composée de 2 disques, qui servent à monter des billons, sortes de buttes qui préparent la terre aux semis. Elle est tractée par le cheval grâce au collier. On peut adapter tout un tas d’outils à la kassine, en fonction de ce que l’on veut faire à la terre.

L’exercice n’a pas l’air facile ? Quels sont les principaux problèmes rencontrés ?

La première difficulté, c’est de faire accepter l’attelage à l’animal. Il doit rester docile. Ensuite, il faut lui apprendre à réaliser un tracé droit, et obéir aux ordres. On doit arriver à guider le cheval et travailler la terre en même temps. On se trouve donc aux commandes à la fois de la machine et de l’animal. D’où l’importance de l’obéissance à la voix.

Facile le dressage des chevaux de trait ? Que n’henni ! 
Facile le dressage des chevaux de trait ? Que n’henni !

Ulysse se débrouille très bien, pour une 3ème séance ?

Oui, il apprend très vite. L’attelage ne lui pose pas de problème et il est costaud. Aujourd’hui, il a compris qu’en marchant dans le sillon et non sur la butte du milieu, il peinait beaucoup moins. Par contre, nous avons encore du travail à faire pour tracer des sillons droits. C’est le plus compliqué, parce-que si la première rangée est de travers, toutes les autres le sont aussi. Il n’y a pas qu’Ulysse qui apprend, moi aussi. Régine est aussi là pour relever mes erreurs.

Un cheval de trait, ça se dresse à la voie et à la poigne.
Un cheval de trait, ça se dresse à la voie et à la poigne.

Régine, c’est qui ?

C’est une ancienne gérante de centre équestre. Alsacienne, elle a tout quitté pour s’installer en Ariège, et fait partie de la trentaine de formateurs en traction équine. Elle travaille au sein de l’association Objectif Cheval. Elle se déplace pour dresser chevaux et ânes de la région, au gré de la demande, qui se fait de plus en plus fréquente.

Vous êtes 3 aujourd’hui pour travailler avec Ulysse, pourquoi ?

Nous ne sommes pas de trop, à cette étape du dressage. Régine, la formatrice, prend les commandes avec les rênes et dresse à la voix. Moi, je m’efforce de guider la kassine pour creuser droit. Ce n’est pas de tout repos, il faut beaucoup de force dans les bras pour manipuler l’outil. Quant à Florence, ma compagne, elle se met en fond de terrain, devant le cheval, pour l’attirer à elle et ainsi permettre un tracé plus droit. En général, il faut 7 à 10 séances pour parfaire le dressage. Ulysse est brave et comprend vite, il en faudra sûrement moins pour qu’il soit opérationnel.

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