Voilà l'été olé

Des vacances plus écolos, y’a encore du boulot !

À force de toujours calculer le coût énergétique et la trace carbone de ceci ou cela, l’écoresponsabilité est devenue un job à temps plein. Alors en vacances, je laisse mes grands principes dans le placard : à moi l’avion, le village de vacances, et tout le tralala. Oui mais en fait non, ma bonne dame (ou mon bon monsieur). On n’est pas écolo à mi-temps. Pour suivre ses convictions, les vacances elles aussi peuvent passer à la moulinette de l’écologie. Suivez-moi.

Vacances j'oublie tout sauf d'être écolo. Bah ouais.

Tout d’abord posons-nous la question : cé kwa les vacances ? Voyager le plus loin possible ? Visiter des musées ? Caresser des dauphins ? Jouer aux jeux vidéo dans sa chambre ? Donner du foin à des biquettes ? Bonne nouvelle, en fonction de ce qui nous plaît, on peut toujours s’adapter.

L’écotourisme, kézako ?

Le concept trouve son origine dans les années 1980 au Costa Rica (eldorado de l’écologie) pour désigner un procédé économique visant à protéger la nature grâce aux revenus générés par le tourisme. Par extension, l’écotourisme vise une forme de voyage responsable qui préserve l’environnement et les populations locales. Le problème, c’est que le terme écotourisme n’est pas protégé, ni encadré par une charte officielle, et qu’on peut nous le servir à toutes les sauces sans que ses engagements soient respectés. Comme pour le reste, le tourisme n’échappe pas à une forme de greenwashing (technique marketing consistant à appâter le chaland avec des arguments écolo du genre si vous prenez ce billet d’avion, Caro de la compta arrêtera de manger de la viande pendant un mois). Pour aiguiller nos choix, il est donc plutôt conseillé de compter sur les associations comme Voyages pour la planète ou les plateformes d’écotourisme durable comme Voy’agir.

Sur le dos de quel cheval galoper vers de nouveaux horizons ?

Bah justement, le cheval, il est parti en RTT. Aujourd’hui, pour voyager, il n’y a pas 36 solutions et l’avion s’impose le plus souvent comme l’option la plus prisée. Le ‘blème, c’est que avion = pas bien. Pour la faire courte, un avion dégage environ 285 g de CO2 par personne et par kilomètre (selon l’Agence européenne de l’environnement, toutefois ce chiffre reste une estimation). Prenons un aller-retour Paris/New York : cela représente 10 000 kilomètres parcourus en avion, soit un peu moins de 3 tonnes de CO2 émises par personne. Pour vous donner une idée, en France, chaque habitant émet en moyenne 7,5 tonnes de CO2 par an. Et plus globalement, le transport est responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre en UE (dont 12,8 % provenant de l’avion exclusivement).

Voyager, c'est :
14 g de CO2/passager/km pour le train
55 g de CO2/passager/km pour une voiture moyenne
68 g de CO2/passager/km pour un bus
285 g de CO2/passager/km pour un avion

Vous l’aurez compris, l’avion n’est pas tip-top. Dans la mesure du possible, on privilégie les voyages en train, en bus (surtout quand on reste en Europe), en covoiturage ou à vélo (bah oui, vous n’avez qu’à regarder la vidéo juste en dessous). Bien sûr, si vous n’avez pas 72 mois de congés payés à utiliser avant mai prochain, il sera difficile de vous rendre au Vietnam à pied. Mais gardez en tête que plus un voyage est long, plus il permet de réduire son empreinte écologique par des choix de transports plus lents. Donc, si vous voulez élever des alpagas au Pérou, posez votre année sabbatique.

La solidarité climatique : une solution qui coûte bonbon

Il existe pléthore de sites vous permettant de calculer votre empreinte carbone (je vous conseille de passer le test sur le site du WWF Suissse, le résultat est assez édifiant). Par ailleurs, depuis 2004 le Geres (Groupe énergies renouvelables, environnement et solidarités, rien que ça) a lancé l’opération CO2Solidaire qui permet de calculer le coût financier de votre impact et de reverser cette même somme à l’un des projets de développement durable proposés dans la liste. Par exemple, pour un aller-retour en avion Paris/Los Angeles, le site estime à 3,86 tonnes de CO2 émises et donc à 92 € la somme à verser pour compenser son impact (en gros, 1 tonne de CO2 émise = 24 €).

Alors bien sûr, c’est pas très populaire comme pratique, parce qu’on a beau aimer la planète et les chatons, on n’est pas forcément disposé à raquer 100 € de plus son voyage pour protéger l’environnement. Toutefois, la somme est donnée à titre indicatif et si vous voulez compenser votre trajet, mais pas trop non plus, vous pouvez verser le montant de votre choix et choisir le projet que vous soutenez.

Limousin, où te caches-tu ?

Vers quelle destination orienter nos espoirs ?

Dans l’expression “partir en vacances”, il y a le mot “partir”. Mais partir où ? Voyager loin, c’est augmenter notre empreinte carbone et la course aux vols low-cost ne fait rien pour calmer nos ardeurs. Ne serait-ce donc pas l’occasion de snober cette offre alléchante pour Marrakech à moins de 20 € pour découvrir un peu le Limousin à la place ? 

Sachez qu’il existe aussi quelques agences spécialisées dans le voyage responsable qui pourront vous proposer des destinations lointaines qui soutiennent les populations locales. Citons par exemple l’agence de voyage Double Sens qui propose des séjours solidaires. Dans cette sorte d’alternative luxueuse au voyage humanitaire, une partie de la somme rémunère les communautés locales. Si on a les moyens, il y a donc des solutions. On pourra trouver d’autres agences écoresponsables avec des labels qui s’engagent pour un tourisme équitable tels que Green Globe ou ATR (Agir pour un Tourisme Responsable). 

 

Quelle (pré)occupations sur place ?

Trouver des activités écolo comme nettoyer les plages ou les forêts ? Dit comme ça, ça ne fait pas forcément rêver, mais entre nous, est-ce que ce serait pas un tout petit plus amusant que de rester immobile sur la plage en se faisant bronzer la couenne à peine enrobé d’une crème solaire indice 2 qui ne nous protégera aucunement de notre inéluctable cancer de la peau ? Ces nouvelles activités dépendent de la motivation et des goûts de chacun, et l’on vous renvoie à nouveau vers le site Voy’agir pour trouver des activités en accord avec vos valeurs ou encore J’agis pour la nature. Si vous êtes branché agriculture, devenez woofer et si vous êtes bricoleur, voyagez-construisez avec les chantiers participatifs Twiza. Pour s’engager un peu plus, l’association TWAM (travel with a mission) propose par exemple de mettre à profit ses connaissances ou son savoir-faire dans le cadre de son voyage.

Oui mais bon, le paradoxe de l’écotourisme

Comme beaucoup de progrès écologiques, il y a souvent un paradoxe qui s’en détache. On produit des voitures électriques, sans essence (youpi !), mais dont la production est bien plus polluante qu’une voiture classique (pas youpi), on imprime moins ses mails (youpi !) mais on en envoie plus (pas youpi). L’écotourisme est logé à la même enseigne. L’heure est à la promotion de lieux encore préservés par la nature, mais le simple fait d’attirer des touristes réduit à néant la volonté de protection initiale. C’est d’ailleurs ce dont a souffert le Costa Rica qui attire des hordes de touristes en quête de paysages peu marqués par la trace de l’Homme. Paradoxe, nous voili, nous voilo ! Morale de l’histoire : à défaut de faire le pire, on ne peut que vous recommander de voyager en essayant de faire pour le mieux…

_______________

NDRL : Cet article ne vise pas à vous faire culpabiliser ! Il est encore difficile de conjuguer ses vacances avec sa conscience écolo. C’est comme ça : voyager, ça pollue. On essaie juste de trouver des pistes pour réduire notre impact et vos bonnes idées sont les bienvenues. Les mauvaises aussi, pas de discrimination.

6 commentaires

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  1. intéressée par votre article suis allée sur les sites
    Ils sont illisibles et pas pratiques du tout
    A part le Woofing

    pour le reste c’est la chasse au trésor mais les indices sont incompréhensibles.
    DOMMAGE C’est rebutant

  2. Enfin un article qui formule tout haut ce que je pense tout bas! Car effectivement il y a un surenchère de voyages au bout du monde : certains de mes amis font systématiquement des voyages à l’etranger en avion à chaque vacances scolaires avec 3 enfants!!! Ce tourisme de masse est catastrophique pour la planète et les populations locales. Mais très difficilement entendu par ces personnes… Nous faisons découvrir à nos 2 filles de régions de France et pratiquant le camping (tente pas en bungalow ) et nous offrons un beau voyage tous les 8 à 10 ans grand maximum!! Et puis savourons notre quotidien et soyons reconnaissants de cette nature qui nous entoure tout simplement!

  3. Assez d’accord avec Ma, le problème essentiel réside dans la tendance actuelle qui pousse les gens à une course au voyage. Je travaille dans le secteur culturel, des personnes plutôt aisées m’entournent, et peuvent donc se permettent (et de fait, se permettent) jusqu’à 3 voyages à l’étranger par an. Je persiste à dire, même si peu de gens me soutiennent, que de telles pratiques sont complètement déraisonnables, que non, elles n’ouvrent pas au monde (ou alors toute les classes moyennes hautes et les plus aisées de France seraient depuis quelques années devenues incroyablement humanistes), et que si chacun se limitait à 3 vrais beaux voyages dans toute son existence, il n’aurait peut-être pas autant à se poser la question de l’empreinte carbonne de son séjour.

  4. Bonjour,
    Merci pour votre article et ok pour l’empreinte carbone laissée lors de nos transports en avion. Pour autant il est quand même utile de s’interroger sur l’origine de l’électricité utilisée par le transport ferroviaire. Carbone non effectivement mais alors NUCLEAIRE c’est pas non plus terrible…

  5. Moi je reste sur place.
    Il est vrai que dans mon petit village breton, il y a toujours un sentier à découvrir… à pied.

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