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Foodscanner : la qualité nutritionnelle des légumes passée au crible

Vous avez toujours rêvé de connaître la valeur nutritionnelle des légumes qu’on vous propose sur les étals ou dans votre panier hebdomadaire ? Ce sera bientôt possible, grâce à des chercheurs militants du sol vivant.

Devant un étal, le consommateur se perd parfois dans de longs et douloureux dilemmes. Faut-il choisir une tomate locale mais sans label ? Ou plutôt sa cousine bio, mais venue d’Espagne ? Est-ce la tomate côtelée, la tomate noire ou la tomate verte zébrée qui sera la plus goûtue ? Ou encore, faut-il toujours choisir la tomate la plus chère pour s’assurer de manger des aliments de meilleure qualité ?

Chacun peut bien sûr se fier à ses valeurs et essayer de consommer de façon à soutenir les méthodes de production qui lui semblent intéressantes pour les producteurs et les lieux où ils vivent. Mais reste toujours une grande inconnue : la qualité nutritionnelle des légumes (pas innocente par ailleurs dans l’intensité du goût). Quelle tomate regorge le plus de vitamines, de minéraux et autres polyphénols ? Pour répondre à cette question, il faut pour le moment faire des tests en laboratoire dont le coût avoisine le millier d’euros. Ça fait cher, très cher, la ratatouille.

Diffuser l’info de la terre

Depuis 2018, deux structures se sont donc alliées pour tenter de concevoir un outil open source capable de scanner les aliments et les plantes pour mesurer leur valeur nutritionnelle. Il s’agit de Ver de terre Production (un organisme de formation connu pour sa chaîne Youtube débordant de contenus passionnants sur la culture en sol vivant et sur la recherche agronomique) et du réseau MSV (une association regroupant les maraîchers cherchant à avoir un impact positif sur l’environnement notamment en appliquant les itinéraires de culture du maraîchage sur sol vivant).

Le maraîcher Vincent Levavasseur, également directeur de Ver de Terre Production, résume ainsi le projet : Nous pensons que tous les maillons de la chaîne agroalimentaire ont besoin de mesures et d’informations précises : l’agriculteur veut connaître la qualité de ce qu’il cultive et l’impact de ses pratiques agricoles, le grossiste qui lui achète ses légumes veut savoir si la qualité est bonne, le transformateur qui fabrique une soupe aussi veut savoir tout ça, ceux qui certifient et les distributeurs également et puis bien sûr le consommateur. Nous pensons donc qu’il faut démocratiser ces informations, et notre but est de créer une solution qui permette de faire un grand nombre de tests à bas prix. Leur travail a d’abord consisté à réunir le maximum de données disponibles sur le sujet et à réaliser une grande quantité de tests sur des plantes cultivées (cette première phase a déjà donné lieu à une première publication scientifique consultable ici.

En partenariat avec la Start-up Senseen et grâce à une campagne de financement participatif réalisée avec succès, ils ont ensuite conçu un prototype d’outil, baptisé Foodscanner, qui se présente comme un petit objet portatif doté d’un scanner. Grâce à la technologie de spectrométrie infrarouge, cet outil peut mesurer en quelques secondes la qualité d’un légume et transférer les données sur un téléphone portable. À l’heure actuelle, il est déjà efficace sur le blé et le colza. Ses créateurs travaillent sur d’autres plantes, ce qui implique collectes d’échantillons en plein champ et mesures préparatoires. Ils visent d’ici la fin de l’année 2021 une commercialisation de premiers scanners à des tarifs destinés aux professionnels.

Tomate allo ?

À l’étranger, d’autres outils de ce type sont en développement, notamment le « Bionutrient meter » aux États-Unis. Vincent Levavasseur se permet donc de rêver à une véritable révolution dans la connaissance de la qualité des aliments : D’ici quatre à cinq ans, on pourra envisager de développer des outils de ce type vraiment grand public. En équipant par exemple directement les téléphones de puces et de scanners.

Le chef Arnaud Daguin, engagé dans ce projet à travers la plateforme « Pour une agriculture du vivant », n’en pense pas moins : La question de toute ma vie c’est « Qu’est-ce qu’un bon produit ?». C’est avec des opérations comme celles-ci (le Foodscanner, NDLR) que nous saurons répondre à « qu’est-ce qu’il y a dans un produit ? » et « comment c’est arrivé là ?». Et de conclure : Nous avons besoin d’une agriculture qui soit capable de mesurer en temps réel, en permanence et pour pas cher tout ce qu’il y a dans un produit au regard des pratiques de production. Nous avons besoin d’une agriculture qui sait ce qu’elle fait. 

3 commentaires

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  1. Flûte, j’aurais aimé en savoir plus…
    Mais où est le contenu de l’article? Je reste sur ma faim…

  2. Quel intérêt ? L’être humain est il devenu aussi stupide pour se fier à un gadget énergivore plutôt qu’à son intuition devant une carotte ! Comment l’humain en est rendu là et las, il ne peut plus rien faire de lui-même sans être connecté à un fil électrique pour se nourrir, se diriger, laver sa vaisselle, pédaler, cerveaux robotisés, smartphone greffé aux neurones. Ce n’est pas ça la vie sur Terre.

    1. Vous parvenez à savoir si une carotte est bio ou dénaturée quand on vous la présente ? mon instinct n y parvient pas personnellement….
      et si ce genre de pratique incite chaque cultivateur à travailler dans l’interêt de la qualité des produits plutôt que dans l interêt de la quantité produite, qu’en diriez vous ? ce serait quand même positif…. ou alors ce serait une belle reconnaissance pour les producteurs qui font de leur boulot un vrai travail de qualité

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