kiwi vigoureux

Celui qui sait grimper aux arbres

Au cœur de la vallée du Lot, Martine et Jean-Pierre Roumat font grimper le kiwi depuis 1986 dans leur ferme de Bernardin. On vous raconte son ascension ?

C’est l’heure de la taille d’hiver des kiwis dans le verger de Jean-Pierre Roumat qui n’habite pas en Nouvelle Zélande mais près de Fauillet, dans le Lot-et-Garonne. Dans ses champs, les plantations de kiwis forment comme un grand parasol, un plafond végétal porté par des troncs tortueux. Ici, pas de parité, les arbres femelles sont 4 à 5 fois plus nombreux que les arbres mâles. En effet, petite coquetterie végétale, le kiwi dit dioïque, a ses fleurs mâles et ses fleurs femelles sur des pieds distincts. Pour que les fleurs deviennent fruits, il faut donc que le vent et les abeilles amènent le pollen des pieds mâles aux pieds femelles, tout un programme !

À l’origine, la liane de kiwi est une plante de forêt, elle se sert des autres arbres comme support et grimpe comme le lierre, explique Jean-Pierre. Si on la laissait faire, elle monterait à 15 mètres de hauteur. En ce moment, l’heure est donc au palissage pour dompter la plante, abaisser ses branches et faciliter la récolte.

Le kiwi est originaire de Chine. Son nom vient du néo-zélandais « kivi-kivi ». Riche en vitamine C, un seul fruit couvre les apports recommandés pour une journée !

La récolte, elle, se tient au mois d’octobre, entre le 25 octobre et le 1er novembre plus précisément après l’été toujours aux petits soins, où il faut arroser les lianes quand il fait trop chaud, éclaircir les palissages pour enlever les trop petits kiwis ou les kiwis déformés … À la Ferme de Bernardin, on ramasse 25 tonnes de kiwis par hectare, soit une production annuelle de 50 tonnes pour 2 hectares d’exploitation, précise le kiwiculteur. Quand on a commencé en 1986, on devait être 4 ou 5 à produire du kiwi dans le Lot-et-Garonne. Aujourd’hui, le kiwi est devenu la plus grosse production fruitière de la région, mais nous sommes encore peu nombreux en bio, confie Jean-Pierre.

Attachée au respect de l’environnement, la ferme est certifiée « Agriculture Biologique » depuis 2000. Sur la production de kiwi, on a supprimé tout ce qui était intrants non organiques, et on travaille uniquement avec des fientes de poules, sans aucun produit phytosanitaire. Côté distribution, la Ferme de Bernardin emprunte les chemins de la vente directe et fournit des restaurateurs partout en France et des magasins bio de la région bordelaise. Un engagement qui porte ses fruits quand on sait qu’environ 90% de la filière de production du kiwi en France est en coopérative.

C’est l’amidon contenu dans le kiwi qui va se transformer en sucre. Si on récolte trop tôt, le kiwi ne sera pas suffisamment sucré.

Ici, les kiwis sont cueillis à point, en fonction du taux d’amidon contenu dans le kiwi. C’est l’amidon contenu dans le kiwi qui va se transformer en sucre. Si on récolte trop tôt, le kiwi ne sera pas suffisamment sucré. Les kiwis sont alors conservés dans les frigos de la ferme à 0° sans aucun conservateur. Le froid évite qu’ils ne perdent de l’eau, et ce, jusqu’au mois d’avril.

Pour pouvoir être consommés, les kiwis devront encore mûrir un peu grâce à l’éthylène, un gaz naturel, qui déclenche la maturation des kiwis. Le mode d’emploi ? Mettre les kiwis dans un sac en papier bien fermé avec une pomme ou une banane, qui sont des fruits rejetant naturellement de l’éthylène. En décembre, on patiente 8 jours avant que les kiwis soient mûrs. En fin de saison, 1 ou 2 jours suffisent.

Le kiwi, c’est un peu comme l’avocat, il faut l’acheter pas tout à fait mûr pour être sur de le manger à point, conclut Jean-Pierre.

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