WeFarmUp : le tracteur qui dit Oui !

L’heure est à l’économie du partage sur Internet. Echanger des biens entre pairs pour faire du bien à  la planète comme à notre porte monnaie. Aujourd’hui, les agriculteurs s’y mettent aussi et grâce à la toute nouvelle plateforme WeFarmUp.com peuvent partager le matériel agricole qui roupille sous les hangars.

Le partage de biens entre particuliers, aujourd’hui tout le monde connaît. Blablacar, Oui Car, AirBnB pour ne citer que les plus gros… Et l’agriculture alors ? Ce secteur dont le partage et l’entraide sont ancrés dans ses valeurs, ne serait-il pas en train d’entamer sa révolution numérique agricole et de donner un coup d’accélérateur par l’approche collaborative permise par internet ? Depuis la rentrée, l’actualité ne cesse d’en donner des signes en tous les cas. Le 16 septembre c’était la parution du livre Agronuméricus – Internet est dans le pré d’Hervé Pillaud qui dévoile à quel point le numérique et notamment le Big Data, peut aider l’agriculture à relever les défis alimentaires, économiques et environnementaux de demain.


Site wefarmup

Le 6 octobre dernier, c’était le lancement d’une nouvelle start-up qui pourrait bien révolutionner l’utilisation du matériel agricole … en le partageant entre agriculteurs. Son nom ? WeFarmUp.com, une plateforme de partage de matériel agricole sur internet.  L’AirBnb du matériel agricole ? C’est tout le mal que l’on souhaite à Laurent Bernède, son fondadeur, avec qui nous avons demandé de nous en dire un peu plus.

Pourquoi WeFarmUp ?

Laurent Bernède : Le matériel agricole coûte cher, il est faiblement utilisé et peut-être facilement partagé. Les machines agricoles sous-utilisées et immobilisées sous des hangars ne servent souvent que quelques jours par an : désherbeurs mécaniques, charrues, semoirs, outils de sols, de manutention, d’épandage, …

Plus d’un tiers du chiffre d’affaire des exploitations agricoles est consacré aux charges de mécanisation et 100% de ces charges sont fixes. A eux seuls, les tracteurs représentent environ 40 % des charges de mécanisation d’une exploitation. La mise en commun est donc un facteur de réduction importante : le cofarming, terme qui pourrait bien entrer dans le vocabulaire agricole du XXIe siècle,  consiste à exploiter les possibilités offertes par la coopération numérique pour dégager des nouvelles marges de compétitivité et de flexibilité. WeFarmUp est donc une forme de redéfinition de l’entraide agricole 3.0 : la communauté au service de la productivité financière des exploitations.

tracteur 3

A qui s’adresse WeFarmUp ?

– Aux exploitants agricoles qui possèdent du matériel « inactif », souhaitent le rentabiliser et générer de la trésorerie.

– Aux exploitants agricoles qui souhaitent disposer d’un matériel spécifique au moment où ils en ont besoin quand ils ne le possèdent pas ou que le leur est en panne ou pas suffisamment performant.

– Aux concessionnaires qui ont du matériel agricole d’occasion qui dort.

– Aux entreprises agricoles ou aux CUMA (Coopératives d’Utilisation du Matériel Agricole) qui souhaitent améliorer le taux d’utilisation de leur matériel.

tracteur 2

Comment ça marche WeFarmUp ?

Les uns référencent et géolocalisent le matériel qui « roupille sous le hangar » et qu’ils souhaitent proposer à la location. Ils fixent le prix journalier, le montant de la caution et mettent à jour le calendrier des disponibilités du matériel.

Les autres recherchent s’il existe le type de matériel dont ils ont besoin, au moment où ils en ont besoin, dans un proche périmètre.

Ils entrent ensuite en relation pour parler des conditions de mise à disposition du matériel avant de se rencontrer en vue d’effectuer la location.

Une assurance qui couvre la responsabilité civile, les dommages et le bris de machine, a été conçue par le partenaire Groupama. Le prix de l’assurance (environ 10 % du montant de la location) s’ajoute au tarif de location proposé par l’agriculteur. WeFarmUp prélève une commission de 15%. L’agriculteur touche 85% du prix de location. Une caution échangée par chèque apporte une garantie supplémentaire au propriétaire.

WeFarmUp prévoit de proposer de nouvelles fonctionnalités : un calculateur pour aider les agriculteurs à fixer le « bon prix » de location de leur matériel. Une application mobile est également prévue un peu plus tard pour géolocaliser le matériel agricole disponible depuis un smartphone.

 

 

Quels sont les premiers résultats et les perspectives ?

Quelques semaines après le lancement de WeFarmUp, un peu plus de 500 agriculteurs s’étaient déjà inscrits et une centaine d’entre eux avaient déjà référencé un ou plusieurs matériels sur la plateforme. Et ce n’est qu’un début. WeFarmUp estime que 400.000 à 500.000 agriculteurs et 2000 concessionnaires disposent de matériels agricoles susceptibles d’être mis en location sur sa plateforme internet. Le potentiel est donc énorme, auquel s’ajoute les plus de 11.000 CUMA en France pouvant avoir recours à cette plateforme pour satisfaire plus largement les besoins de ses adhérents.

L’objectif visé par WeFarmUp serait qu’un agriculteur, où qu’il se trouve en France, puisse avoir accès à tous types de matériels dans un rayon de 20 kms autour de son exploitation. Cette possibilité offrirait alors de nouvelles perspectives. Il serait alors envisageable qu’un agriculteur puisse s’installer, sans matériel agricole ! Il allègerait alors son compte d’exploitation des lourdes charges liées à la possession de son propre matériel agricole. Même si on n’est pas encore là, il faut quand même avouer que ces nouveaux services numériques pourraient bien révolutionner la manière de gérer une exploitation agricole et d’améliorer leur trésorerie, qu’elle soit d’un côté ou de l’autre de ce système d’échange (agriculteur propriétaire ou locataire).

Et vous savez quoi ? Cette plateforme internet Franco-Française est la première plateforme de partage de matériel agricole au monde ! Cocorico ! Quelques jours après son lancement, l’information faisait déjà le tour de la planète.

Tweet asie Wefarmup

 

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laurent bernèdeLaurent Bernède, fondateur et président de WeFarmUp.com était bien placé pour avoir cette idée. En plus d’être agriculteur, il est prestataire de services aux agriculteurs (Sarl De Lacaussade) et également concessionnaire de machines agricoles John Deere (Dupuy SAS). Il connait parfaitement les charges de matériel qui pèsent sur les exploitations agricoles et la bouffée d’oxygène qu’une économie du partage pourrait apporter à la plupart des agriculteurs.

2 commentaires

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  1. Pour pouvoir partager ou échanger, il faut posséder un minimum de bien matériel, non?

    Tout un chacun s’invente prestataire de service pour gagner trois francs six sous sans avoir les charges d’un prestataire de service engendrant ainsi l’effondrement de pans entier de l’économie. Plus l’économie de « partage » avance, plus le nombre de chômeur augmente. Plus la dette des Etat augmente puisque la solidarité nationale encore appelée – la collecte des impôts – est mis à mal.

    Paraît-il que cette économie est sociale et solidaire, qu’elle est aussi bonne pour l’environnement?!!
    Je n’y vois que la progression d’un matérialisme excessif en offrant un prétexte « éthique », « moral » au « je ne jette plus mais j’échange » pour assouvir mon besoin toujours croissant de « posséder » au moins pour quelques « heures » le modèle dernier cri d’un objet, d’une technique, d’une innovation, le tout au moindre coût.

    Le moindre coût, c’est ce qui fait que le processus de changement de modèle économique sera quasiment inexorable. En effet, la majorité des consommateurs est obnubilé que par les offres de rabais, les % de rabais, les prix les plus bas… Regarder les publicités à la télé …comment elles tentent de nous conditionner. Et tant pis pour les conditions de travail des gens (des enfants) qui produisent les biens et services en question.

    Un petit conseil, pendant que vous avez encore trois francs six sous ou plutôt, pendant que vous avez encore un travail, investissez au plus vite dans du capital. Car bientôt, les maîtres du monde, encore plus qu’hier, seront ceux qui auront des biens matériels à louer. A louer pour pas cher ou très cher… je ne sais trop.

  2. Ce principe existait déjà en France et dans d’autres pays avec les cercles d’échanges et de machinisme agricole mais pas via une plateforme virtuelle.

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