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Maraîchage à la nage

Il flotte, il vente, il drache. Les miss météo sonnent l’alerte. Rien n’y fait. La mer déborde, l’eau monte partout, même dans les champs. Les maraîchers doivent parfois se transformer en maîtres nageurs. En Haute-Garonne Pascal traverse désormais son terrain à la brasse coulée. Récit.

Vous les voyez vous les salades ?
Vous les voyez vous les salades ?

Pascal est maraîcher bio. Son terrain de jeu ? Quelques hectares en Haute-Garonne. De magnifiques terres en bordure de la Garonne. Le sol y est sableux, enrichi par le limon. Tout peut y pousser et c’est une aubaine pour un maraîcher, sauf que…

En une année, Pascal a subit trois inondations. Dès que les eaux montent, il est aux premières loges. La semaine dernière, ça n’a pas loupé. Au petit matin, alors que Pascal assure son traditionnel tour du propriétaire, il s’aperçoit que la Garonne est décidément très haute. Menaçante même. Il décide alors d’aller voir de plus près ses terrains et de ramener ses chevaux à la maison, bien à l’abri. Sa voiture passe deux grandes flaques d’eau sur la route… les pieds commencent à mouiller.

Des champs, où ça des champs ?
Des champs, où ça des champs ?

Arrivé sur place, le terrain est transformé en un bassin d’un mètre cinquante de profondeur. Les chevaux sont un peu plus loin, leurs sabots dans une trentaine de centimètres d’eau. Courageux, notre Pascal plonge dans l’eau froide, brave le courant, s’accroche à ce qu’il peut et va secourir les bêtes. Le cheval se montre docile et le suit dans cette grande piscine, mais la pouliche, pas question ! Elle ne plongera pas.

Pascal, maraîcher et maître nageur.
Pascal, maraîcher et maître nageur.

Qu’à cela ne tienne, Pascal reprend des forces sous une bonne douche chaude. Il y retourne l’après-midi avec sa compagne, Florence. On est toujours plus forts à deux. La première idée qui traverse l’esprit de notre maraîcher, c’est de prendre… un bateau ! Après tout, vu la hauteur de l’eau, autant traverser les champs à la rame. L’échec. Il y a trop de courant, le bateau n’avance pas. Pascal, grand seigneur enfile sa combinaison de plongée saute dans l’eau et pousse le bateau avec, à bord, sa dulcinée bien au sec. Un peu plus loin, valeureux chevalier, il la portera dans ses bras, toujours pour qu’elle ne se mouille pas. Quel romantique !

Les chevaux dans la gadoue.
Les chevaux dans la gadoue.

Et nos chevaux ? Ils finiront par suivre leurs maîtres, rassurés par la décrue assez rapide dans l’après-midi. Sains et saufs donc. En revanche, les dégâts sont considérables. Les terrains cultivés sont tous inondés et ne donneront plus rien : adieu blettes, salades, carottes ! La petite serre tient à peine debout, l’eau s’y est infiltrée. Quant à la grande serre, elle est totalement détruite. Le cabanon contenant le matériel est lui aussi inondé. Tout est sous l’eau, dans la boue créée par le limon. Ce même limon se dépose sur la terre après la décrue. D’ailleurs lors des inondations précédentes, Pascal avait carrément retrouvé des poissons dans ses fèves.

Alors là y'avait une serre...
Alors là y’avait une serre…

Aujourd’hui, le soleil brille sur les champs de Pascal. Mais ce vendredi, la météo semble avoir trouvé d’autres victimes. La tempête se dirige vers l’Ouest. Agriculteurs de Normandie et de Bretagne, rentrez vos bêtes et sortez vos palmes !

La cabane du jardinier, version pieds dans l'eau.
La cabane du jardinier, version pieds dans l’eau.

Un commentaire

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  1. Courage!
    En 40, quand mon père est revenu à la ferme familiale (les soldats belges avaient été démobilisés) les Allemands avaient tout pris, même le brave cheval de trait était parti. Il a vu ses deux parents, ces deux vieillards dit-il (alors qu’ils avaient peut-être 50 ans) se remettre au travail : ben, on continue, avaient-ils dit devant son désarroi.
    Lui il est parti en Angleterre rejoindre la RAF en volant un avion au nez et à la barbe des Allemands…la ténacité des gens de la terre!

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