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VDM, vie de maraîcher

C’est comment le printemps dans les champs ?

Marre des navets, marre des choux et marre des poireaux ! En cette saison, certains d’entre nous désertent les bancs des maraîchers. En effet, à coté des rayons surapprovisionnés des supermarchés, ceux-ci font pâle figure. Pourtant dans les fermes, nos producteurs donnent toute leur énergie pour nous offrir le meilleur de la nature. Alors, comment ça se passe à la ferme à cette époque ? Visite chez Nicolas et Aurélie, installés à Saint-Martin-en-Haut dans les monts du Lyonnais.

Lorsque nous arrivons à la ferme, Nicolas est en train de monter une serre pour les futures tomates. Celle d’à-côté a pris le vent en pleine face et la bâche s’est arrachée. Du boulot supplémentaire qui n’était pas prévu. « Pour faire ce métier, on doit multiplier les compétences : je suis à la fois agriculteur, bricoleur, mécano, gestionnaire, formateur et commerçant ! Les gens doivent avoir conscience de ça ». Dans trois semaines, les tomates seront plantées et on pourra les déguster autour du 15 juillet. En effet, Saint-Martin-en-Haut, qui porte bien son nom, est perché à quelque 750 mètres d’altitude, la chaleur de l’été met donc un peu plus de temps à arriver. Mais ce qui peut paraître comme un inconvénient est en fait un délicieux atout. « En arrivant tardivement, elles ont le temps de se gorger de soleil, ce qui donne des fruits particulièrement goûteux », tout vient à point à qui sait attendre.

Ses légumes, Nicolas les chouchoute : les petits radis roses sont soigneusement recouverts d’un voile permettant de les garder bien au chaud afin qu’ils puissent grandir et s’épanouir tranquillement. A votre avis, combien de temps ça met à pousser un radis sous une serre ? En été, on en a pour 18 jours à partir du moment où on sème. En cette saison, c’est un peu plus long, environ un mois pour ceux qu’il nous présente.

Il faut que les gens comprennent qu'on a besoin d'eux toute l'année, même quand l'offre est moins diversifiée, ils vont acheter moins de choses et c'est normal, mais le fait d'acheter quelques légumes au lieu d'aller au supermarché, nous, ça nous permet de vivre de notre métier pendant toute l’année.

Le maraîchage c’est aussi des expériences : cette année, Nicolas tente de faire pousser des courgettes un peu plus tôt que d’habitude. Comment créer un climat favorable pour qu’elles grandissent à un bon rythme ? D’abord, le tunnel permet de capter la chaleur. En plus, Nicolas y ajoute un voile en polypropylène, qui laisse passer l’eau et la lumière tout en gardant la chaleur. Cela permet de créer des couches d’air qui font monter considérablement la température. Avec ce procédé, il sera possible d’avoir des courgettes un mois plus tôt que sans.

Mais sa fierté du moment, ce sont ses blettes. Et, en effet, elles ont fière allure. Elles déploient leurs  brillantes feuilles vertes et les côtes charnues ne demandent qu’à être croquées. « Avec l’arrivée des beaux jours, elles reprennent des forces et poussent à toute allure, et en plus, leur qualité gustative est incroyable. » Ayant cuisiné quelques blettes 3 jours plus tard, je confirme ! « Aux alentours de mai, elles monteront en graine, et se sera la fin de la saison. C’est clairement le moment d’en profiter. »

Nous arrivons aux oignons : eux, leurs principaux ennemis, ce sont l’oïdium et la teigne. L’oïdium, c’est un champignon qui se développe avec l’humidité. Grâce à la serre, ils sont protégés des gouttelettes et n’auront donc pas besoin de fongicides. Quant à la teigne, une des astuces c’est de faire pousser de l’ail pas très loin, les chenilles détestent ça ! Ces techniques, c’est de la formation, de l’expérience et de la bidouille. « On passe notre temps à tester de nouvelles choses pour produire des légumes de meilleure qualité. » Grâce à ce savoir-faire, on est assuré d’avoir des oignons non traités.

Mais que sont-ce que ces gros bacs gris pleins de terre avec ces petites pousses qui dépassent ? Nicolas nous présentent des palox qui permettent de conserver une partie des légumes de garde. Ces petites pousses, ce sont des germes : de céleri, de betteraves ou encore de radis noir. Lors de la belle saison, les légumes sont récoltés puis enterrés directement dans ces grosses caisses. La terre permet de couper les légumes de l’oxygène et de les conserver à l’état naturel pendant une longue période. Tous ceux-là ont été récoltés en octobre et sont encore absolument délicieux !

Petit détour par la cave : les pommes de terre attendent sagement dans les cases en bois. « Pour les conserver, il faut une température de 4-5 degrés maximum, c’est l’idéal. » Pas de chambre froide, tout est conservé sans électricité, plutôt écolo, non ?

Derrière tout ça, des années d’expérience, des tests, des succès, des ratages et incontestablement un amour du métier et du terroir. « Il faut que les gens comprennent qu’on a besoin d’eux toute l’année, même quand l’offre est moins diversifiée, ils vont acheter moins de choses et c’est normal, mais le fait d’acheter quelques légumes au lieu d’aller au supermarché, nous, ça nous permet de vivre de notre métier pendant toute l’année. »

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