Alimentation du futur : l’innovation au poil

C’est tout frais, tout chaud, révélé la semaine dernière dans la sélect South africa revue of science : les poils seraient comestibles. Bourrés de kératine, ils pourraient même devenir les protéines du futur et nourrir l’ensemble de la planète. Wahouh, une telle nouvelle, ça décoiffe !

« Depuis 37 ans, notre laboratoire de biologie moléculaire étudie la structure des phanères, explique le Professeur Youssou Mbeki. Nos récentes recherches ont porté sur la digestibilité de la kératine, composante principal du poil. En associant la cidroxypoline, nous nous sommes aperçus non seulement que la kératine devenait assimilable par l’organisme mais surtout qu’elle apportait autant de protéines qu’un steak haché. » Rappelons pour les néophytes en biochimie que la cidroxypoline est un acide aminé dérivé de la pomme et que c’est grâce à la combinaison précise des différents acides aminés que l’organisme fabrique les protéines indispensables à la régénération cellulaire et à de nombreux processus biologiques. En bref : poils + extraits de pommes = 100% des AJR en protéines.

Cheveux d’ange
Sur un plan scientifique, la nouvelle est de taille mais dans nos assiettes ça donne quoi ? Car tout le monde n’est pas forcément comme Lisa qui, il y a quelques mois, a fait le buzz sur internet, en exposant son addiction pour les poils de chat (la démo ici). D’autant qu’a priori, la trichophagie (ça s’appelle comme ça quand on boulotte des touffes) n’est pas forcément bien vue en société. « Il ne s’agit pas de servir les poils sur un plateau, rétorque le diététicien de l’équipe Mbeki mais d’incorporer les phanères dans des préparations alimentaires. » Un peu comme on met du tofu ou du seitan dans les plats végétariens pour remplacer la viande ? « Nous avons testé divers ragoûts aux poils d’impala ou de phacochère et les résultats sont vraiment encourageants. Les poils au contact de la cidroxypoline prennent la forme de pâtes très fines, comme des cheveux d’ange. » Aucun risque de se coincer un poil dans la gorge ou d’avoir un cheveu sur la langue, donc. Nous voilà rassurés.

Poil à gratter
En Californie, la nouvelle de la South africa revue of science hérisse le poil. Des comités de défense des animaux se sont mobilisés ici et là pour que les bêtes puissent garder leur pelage. Jennifer Anniston est rapidement montée au créneau sur le thème « il n’y a que moi qui peut m’exhiber à poil ». En même temps, on la comprend. C’est vrai qu’on imagine mal des champs de vaches imberbes dans nos campagnes. « Tous les animaux ont un pelage d’hiver, expliquent les experts, il ne s’agit pas de les mettre à nu mais de les tondre comme on le fait pour les moutons. » Autres détracteurs, certains biologistes australiens arguant le fait que l’on retrouve dans les poils une grande partie des substances toxiques genre plomb, arsenic ou mercure absorbés par l’individu via l’alimentation ou la respiration dans les mois ou années précédents. Bon appétit.

En France, le syndicat des tondeurs de moutons est plus enthousiaste. « Chaque année, nous jetons plus de 3200 tonnes de laine de mouton, l’industrie du pull préférant le cashemire, l’angora ou les fibres synthétiques. Ce serait pour nous un débouché intéressant et un excellent moyen de valoriser notre production, » se réjouit Jean-Pierre Marty. A la Ruche qui dit Oui ! on veut bien du Bourguignon aux poils de mérinos mais uniquement si la bête est bio. Ou du Parmentier de moustaches de poisson-chat. Parce que vous le valez bien.

Un commentaire

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  1. J’ai lu des choses tellement affreuses sur la laine que cette histoire de poils ne me dit rien qui vaille. Meme un mouton bio peut souffrir…

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