Yumi, ferme urbaine en rose et bleu

Si on était au XXe siècle, on dirait que Yumi est vraiment un truc de filles. Mais en 2017, cet univers fait de néons roses et de micro-pousses est surtout un joli écrin d’agriculture urbaine.

Textes : Hélène Binet – Photos : Thomas Louapre

Vous n’avez jamais vu la ferme ?, annonce la pétillante Laura, biberonnée aux jus de légumes frais de la maison. Sur le perron de cette minuscule échoppe parisienne, au 27 rue du Château-d’Eau, on se demande bien où la jeune femme veut en venir.

©Thomas Louapre

Attention à la marche, baissez la tête. Nous voilà donc en route vers le sous-sol de la boutique, euh, en route vers la ferme. Quelques marches plus bas, notre fermier nous attend : Pablo, étudiant d’AgroParisTech au tablier bleu qui lui descend jusqu’aux pieds. Depuis plusieurs mois, il teste ici avec le reste de l’équipe Yumi l’agriculture sans lumière naturelle.

©Thomas Louapre

Dans cet ancien entrepôt textile, d’une quarantaine de mètres carrés à vue de nez, des étagères blanches accueillent des champs miniatures. Des micro-pousses de chou rouge, de brocoli, de basilic, de cresson, de betterave, de radis, de pois, de coriandre, de capucine… mettent seulement cinq à douze jours pour pousser dans des barquettes remplies de coco et de terreau bio.

©Thomas Louapre

Ambiance printemps sous les Tropiques. Dans la pièce, la température flirte avec les 20 °C toute l’année et l’hygrométrie varie entre 60 et 80 %. Des ventilateurs brassent l’air. Quant à la lumière, on la doit à des leds roses et bleus qui apportent les meilleurs longueurs d’ondes pour les plantes. On leur offre quatorze heures de lumière par jour et un peu d’eau, explique Pablo. Mais rien de plus, les micro-pousses n’ont pas besoin d’intrants.

©Thomas Louapre

Pendant cette période de pousse rapide, les végétaux passent du stade de graine à celui de micro-pousse, ce moment où les premières vraies feuilles de la plante apparaissent. Petites mais costaudes, les micro-pousses peuvent s’avérer jusqu’à 40 fois plus concentrées en nutriments que leurs homologues matures !

©Thomas Louapre

Comme dans la plupart des expériences d’agriculture urbaine, les Sourciers, spécialistes de la micro-ferme hydroponique écologique, sont passés par là. On n’est pas peu fiers, s’enthousiasme Marion Sarlé qui commente en direct tous nos posts Instagram. Sur tous les projets sur lesquels on a réalisé des études de faisabilité, c’est le premier qui voit le jour.

©Thomas Louapre

Vient alors l’heure de la récolte qui rappellera des souvenirs à ceux qui, enfants, ont joué au coiffeur Play Doh. Pablo sort son matériel : une paire de grands ciseaux en céramique, un petit bac de désinfectant et un saladier.

©Thomas Louapre

La barquette dans une main, les ciseaux dans l’autre, le jeune homme moissonne le champ miniature. Ce sera boule à Z pour les micro-pousses de brocoli qui monteront alors à l’étage pour être vendues dans la boutique Yumi ou livrées aux grands chefs à bicyclette.

©Thomas Louapre

Chaque jour, dans la boutique bar à jus de la maison, les micro-pousses s’invitent sur des tartines, dans des salades et apportent leur petite touche vitalité. Chez Yumi, on souhaite faire consommer un maximum de légumes aux gens, explique Louis, l’un des co-fondateurs. On a créé il y a quatre ans notre gamme de jus de fruits et légumes frais. On ouvre un nouveau chapitre cette année avec nos micro-pousses.

©Thomas Louapre

Souhaitons longue route à cette démocratisation du légume. L’entreprise entend ainsi produire 2,874 tonnes de micro-pousses par an. Pas mal pour une ferme de 0,0037 hectares, non ?

©Thomas Louapre

> Envie de visiter la ferme ? C’est par ici.

 

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4 commentaires

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  1. Consternant …
    Faire pousser des salades hors sol, dans des pièces sans fenêtre ni ventilation naturelle, à grand renfort d’électricité, vous trouvez que c’est du progrès ?
    Les bonnes terres agricoles ne manquent pas en Ile de France, il faut plutôt oeuvrer pour les préserver et cultiver nos légumes dans la terre et la lumière du soleil.
    D’ailleurs, le hors sol n’a pas droit à l’appellation bio me semble-t-il?
    Et que dire de la santé des personnes qui travailleraient dans ces conditions au lieu d’être au grand air comme nos maraîchers bio?
    Encore une start up financée par Xavier Niel et consors ?

  2. Une culture totalement artificielle, hors-sol et tout électrique de graines de bêtise élevées en batterie, bidouillées par des start-uppeurs piqués aux hormones du green-washing , pour une clientèle déconnectée du réel, adepte de « croissance verte ».
    Un truc mort, quoi.
    A vomir.
    Bravo.

  3. « truc de filles »…
    Navrant que même ici on entend ce genre d’expression.

    L’agriculture urbaine c’est un truc de bonhommes ?

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