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50 nuances d’engrais

La question du jour posée à nos deux invités, Gilles Poidevin délégué général de l’UNIFA et Alain Canet, président de l’Association française d’agroforesterie était : « les engrais ont-ils sauvé plus de vies qu’ils n’en ont coûté. » Et la réponse proposée par Alain : « ce n’est pas le sujet, regardons plutôt l’état des sols. » Ce que nous avons fait.

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2015 a beau être consacrée année mondiale des sols, la situation n’est pas vraiment réjouissante sous nos pieds. Nos deux invités sont d’accord sur le diagnostic : il n’y aujourd’hui que 1,3% de matières organiques dans les terres. Or en deçà de 1%, la machine est bonne à jeter : les campagnes deviennent désertiques, sans retour possible. Et le compost ne nous sauvera pas, affirme Alain, ardent pourfendeur de cette pratique qui détruit une partie de la matière organique.

S’il y a urgence à ressusciter la terre, les méthodes divergent. Quand l’un (Gilles) propose des engrais industriels, qu’ils soient issus de l’azote de l’air ou du bon vieux fumier, l’autre (Alain) suggère de reconstituer les écosystèmes in situ. Comment ? En réinvitant les arbres et les animaux au milieu des cultures. Ainsi, les racines d’un bon gros chêne aèrent les sols, ses feuilles produisent de la matière organique, ses glands nourrissent les cochons qui y vivent en dessous. Ca s’appelle l’agroforesterie et c’est selon le spécialiste, le seul salut pour la terre comme pour le monde agricole.

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Vient alors une séquence plus belliqueuse où Alain annonce que la guerre de la matière organique aura bien lieu, que sa rareté est engagée. Pour Gilles, en revanche la fin des engrais azotés n’est pas pour demain, l’azote de l’air étant inépuisable et les réserves de gaz nécessaires pour le transformer en engrais estimées à près de 500 ans. Lorsque l’on aborde la questions des nitrates dans l’eau, chacun y va de son explication et de son témoignage. Gilles préfère répondre sur les aspects sanitaires et rappeler, Sciences et Vie à la main, qu’ils sont bons pour la santé et même recommandés pour les sportifs. Alain lui regrette d’avoir bu hier une eau de Paris aussi traitée pour éradiquer ces surplus agricoles. A 12h10, on décide alors de conclure par une bière locale pour mettre tout le monde d’accord.

Pour voir un résumé du débat, c’est là :

 

Et pour le débat tout entier, c’est ici :

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