12 heures tombée dans les pommes

Des vertes et des bien mûres : dans la famille Friederich, on cultive les pommes et les petits fruits de père en fils. Aujourd’hui, c’est Guy qui conduit la ferme familiale de Rottelsheim en Alsace, avec autant de prudence et de minutie qu’il guide sa nacelle entre deux rangées d’arbres fruitiers. Nous l’avons accompagné lors d’une matinée de cueillette, la plus belle façon de tomber dans les pommes.

 

1 dans les vergers
Dans la nacelle, Guy Friederich est aux avant-postes. C’est lui qui conduit l’engin doté d’une passerelle, d’un petit élévateur et de quatre palox, grandes caisses en bois qui servent à stocker les fruits. La récolte commence dès les premières heures du matin. Cette année, les arboriculteurs ont attaqué la saison avec deux semaines d’avance. Elle se termine doucemement avec les variétés plus tardives.

 

2 Guy Friederich

Derrière Guy, appuyés sur la barrière métallique qui encercle la nacelle, Aimé et Adlan cueillent aussi les fruits. Méticuleusement mais sans perdre de temps, ils posent les pommes dans des petites caisses capitonnées de tissus, qui sont vidées au fur et à mesure dans les palox. « On met 300 kg dans un palox, précise Guy, on remplit environ cinq palox sur une journée, soit environ 1500 kg de pommes par jour ». Un sacré boulot répété durant toute la saison, qui culmine entre le 25 septembre et le 5 octobre, nécessitant la présence d’une vingtaine de saisonniers dans les vergers.

 

3 Rottelsheim

« Un homme a commencé à planter des arbres à Rottelsheim après la guerre, le climat est bon pour les fruits ici, ça explique le nombre d’arboriculteurs ». Rottelsheim, petit village au nord de Strasbourg, est devenu une référence en matière de fruits : cinq fermes arboricoles écoulent leur production dans la région. Pommes, poires, pêches, nectarines, mais aussi petits fruits rouges : les récoltes se suivent et se ressemblent.

 

4 pommes 2

Dans la nacelle, les quatre palox se remplissent rapidement. Le truculent Aimé n’est jamais à court d’histoires drôles, tandis qu’Adlan, le plus jeune et le plus agile des cueilleurs, n’hésite pas à grimper sur les barrières pour atteindre les pommes les plus hautes. Il faut dire qu’à deux mètres du sol, le spectacle vaut le détour : partout où l’on regarde, c’est une mer de pommiers et d’arbres fruitiers à perte de vue. Deux équipes s’activent dans les allées, en décalé : en plus de celle qui récolte sur la nacelle, une autre équipe à pied cueille les fruits en bas des arbres. Pour ces cueilleurs, des palox sont installés dans des petits trains qui acheminent les caisses d’un bout à l’autre de la rangée d’arbres.

 

Piège à insectes.
Piège à insectes.

Les vergers des Friederich ne sont pas traités, parce que l’exploitation répond à un cahier des charges très strict, celui des vergers éco-responsables. « On installe tout au long des rangées d’arbres des diffuseurs de phéromones qui va créer ce qu’on appelle la confusion sexuelle, pour éviter que le carpocapse s’accouple, » explique Guy en montrant les pièges discrètement positionnés sur les fils qui fixent les pommiers, les larves du carpocapse, qu’on appelle aussi les vers de la pomme, sont capables de faire de sacrés dégâts dans les fruits.

 

7 palox

Après une longue matinée dans les vergers, lorsque les palox seront totalement remplis de pommes, Guy et son équipe de saisonniers rejoignent la ferme, au cœur du village. Les palox sont stockés et rejoignent les chambres froides, à côté des autres récoltes de saison : framboises, quetsches et mirabelles. Quelques légumes de saison sont aussi ramassés dans les allées du potager de la ferme. Plus loin dans la cour, les poules se font entendre depuis leur enclos. « Pour les marchés et les Ruches, on propose des œufs en plus des fruits et des légumes, ça complète la gamme », détaille Guy.

 

8 boutique

En plus des Ruches (une dizaine dans le Grand Est) et des marchés, Guy écoule sa production dans une petite boutique installée au cœur de la ferme. Vous viendrez ?

 

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