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Terre en ville

Sans fumier, cultivons nos déchets !

Jardiniers urbains, voici nos conseils pour transformer les matières organiques autour de vous en un parfait substrat de culture.

La culture en bac et en jardinière est particulièrement adaptée au milieu urbain et aux toits - © Baptiste Grard

Pour remplir les jardinières et autres bacs potagers, le jardinier urbain a souvent le choix entre deux solutions bien peu satisfaisantes. La première, ce sont les sacs de terreau du fleuriste ou de la jardinerie du coin. Le problème, c’est que ces sacs sont très lourds, si bien qu’il faut opter pour un véhicule afin de les transporter et/ou se faire mal au dos. Pire, le terreau est souvent composé de terre de tourbières, issue d’écosystèmes riches et rares qu’il faudrait donc s’abstenir d’exploiter.

La seconde, ce sont les ressources et idées que l’on trouve souvent dans les livres de jardinage : la terre végétale, le fumier, la paille, le foin. Problème : ces idées sont certes adaptées aux ruraux mais il faut admettre qu’on en trouve très rarement quand on habite en ville.

De la bière à la terre

Heureusement, chers urbains, sachez que d’autres richesses méconnues s’offrent à vous et qu’il est tout à fait possible de trouver des ressources alternatives là où vous vivez. Listons-en déjà quelques unes :

> Le compost des composteurs collectifs : de plus en plus d’immeubles, entreprises et collectivités proposent des composteurs urbains. À tel point que certains débordent de cette précieuse ressource et ne savent plus quoi en faire !
> Les feuilles mortes des rues et les broyats d’élagage : à vous de questionner les responsables des parcs et de résidences autour de vous ou de vous entendre avec les services municipaux pour récupérer ces ressources automnales.
> Les pots de fleurs usagés : on en trouve très souvent dans les poubelles des jardineries et des cimetières. À utiliser avec l’autorisation des responsables bien sûr.
> Le carton : les poubelles de tri en sont pleines. Mieux vaut privilégier les cartons non traités et sans encres de couleur.
> Les drêches de brasserie : les micro-brasseries urbaines sont de plus en plus nombreuses ; elles peuvent léguer leurs drêches, c’est-à-dire les restes de céréales.
> La sciure : plus rare, vous pouvez trouver de la sciure de bois non traitée chez les personnes qui travaillent le bois en ville.

Cette méthode permet une productivité importante pendant plusieurs années - © Baptiste Grard

Ces matières sont-elles vraiment fertiles ? Une étude récemment publiée vient de répondre positivement à cette question. Depuis 2012, des chercheurs ont en effet cultivé des bacs potagers sur les toits d’AgroParisTech en partenariat avec l’INRAE. L’idée était d’installer différents dispositifs de culture sur les toits avec des techniques low-tech, simples à reproduire, en utilisant uniquement des résidus urbains en tant que sol et sans avoir recours à des fertilisants chimiques. Concrètement, il s’agissait de bacs de 80 ou 90 sur 90 centimètres (du style de ceux que l’on trouve un peu partout dans le commerce ou en autoconstruction), remplis de différents mélanges, par exemple de bois broyé et de compost de déchets verts.

Autant dire que les résultats sont très satisfaisants. Sur les cinq années de mesures, nous avons constaté que la fertilité est importante et ne semble pas baisser significativement d’année en année. Nous nous sommes contentés d’apporter un peu de matière compostée chaque année pour remettre les bacs à niveau mais nous avons toujours eu de bons niveaux de production, analyse l’écologue Baptiste Grard, qui a notamment réalisé sa thèse sur cette expérimentation.

Chacun peut utiliser les matières disponibles autour de chez lui. Il faut d'abord se demander à quoi on a accès, et ensuite tenter d'équilibrer les apports.

Pas de recette magique

Quel est donc le secret de ce mélange fertile ? Il n’y a pas de recette magique, insiste le chercheur. Chacun peut utiliser les matières disponibles autour de chez lui. Il faut d’abord se demander à quoi on a accès, et ensuite tenter d’équilibrer les apports. Il faudra notamment trouver un équilibre entre les matières carbonées (le plus souvent dures, brunes et sèches, notamment les feuilles mortes, les branchages, le papier, le carton, les drêches), azotées (le plus souvent molles, humides et vertes, notamment les tontes, épluchures), entre les différentes épaisseurs de matériaux, et enfin mixer les matériaux selon leur vitesse de décomposition (une épluchure de carotte se décompose en quelques jours, une branche en quelques mois).

À ce petit jeu, la seule limite semble être notre imagination. Les chercheurs ont utilisé des résidus de champignonnières urbaines…. eux-mêmes tirés de marc de café. Baptiste Grard propose même d’utiliser en petite quantité des morceaux de briques et de bétons concassés. Notons que la même équipe de chercheurs a suivi les polluants décelés dans ses cultures et qu’elle a décelé très majoritairement des niveaux inférieurs aux normes en vigueur.

2 commentaires

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  1. Hello ! La solution la plus évidente en ville  » hors sol » (balcon ou terasse) pour moi c’est la culture sur lasagnes : un empilage de couches de5cm en alternant matière verte (déchets de cuisine, épluchures, tonte de gazon) et de matière brunes (carton, branchages, résidus des plants de tomates de l’an dernier). Finir par une petite couche de terre dans laquelle semer ou planter… Ça carbure ! Et À la fin de la saison ça donne un truc qui ressemble à de l’humus, réutilisable comme couche du dessus l’année suivante.
    ça marche en carrés potagers, bacs de culture (seaux de récup’ notamment), sacs…

  2. les feuilles mortes de voiries ! à rejeter non compostables à cause des résidus: huiles voitures…
    les feuilles du Campus vont en décharges

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