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Pierre Anne : potagiste utopiste

Oui Le Blog, https://magazine.laruchequiditoui.fr
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Certains rêvent de se faire du blé, lui de vivre en autonomie et d’offrir des légumes naturels à l’ensemble de la société. 

Il fait beau aujourd’hui. Sous un soleil normand inhabituel, Pierre nous accueille sur sa toute jeune exploitation : 14 000 m² de terrain qu’il colonise et entend bien faire pousser. Le trentenaire a posé sa fourche, ses bagages et sa famille dans cette ferme des marais du Cotentin au mois de février dernier. « A Partir du 1er février 2014, la famille arrivera au 1 rue Taillefer, 50250 Cretteville, écrit sa femme Mathilde sur la page Facebook créée pour l’occasion. Pierre y fera pousser des légumes, sans produits chimique ni pesticides ! « 

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Serre récup’ pour maraîcher bricoleur.

Depuis quelques mois donc, Pierre a troqué ses habits de travailleur social pour ceux d’agriculteur. Ou plutôt de potagiste comme il aime à se définir.  « C’est pour moi un projet de vie basé sur le partage, c’est pourquoi mon exploitation est constituée en association. » Sans complexe il raconte qu’il débute, même si certaines connaissances lui ont été transmises par la famille. « Ma grand-mère paternelle était paysanne, et coté maternel, mon grand-père était commis de ferme. Les parents, grands-parents et arrière-grand parents de Mathilde, eux, étaient paysans. »

« Ma définition des légumes naturels serait des légumes comme les faisaient nos grands-parents dans leurs jardins, avec du fumier en terme d’engrais, du binage pour enlever les mauvaises herbes et aérer la terre… » Aussi, Pierre applique en grand format les recettes naturelles anti-nuisibles et anti-maladies du jardin, réutilisant les coquilles d’œuf de ses poules et les orties qui bordent le terrain.

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En passant un petit coup d’oeil au potager des enfants, les filles de Pierre ont elles aussi eu envie de planter quelques plants de maïs. La transmission est en marche!

Décroissant dans l’âme, le passionné place la récup’ au coeur de son projet. Sur le terrain il a donc construit lui même sa serre pour faire pousser ses plants avec de la bâche plastique et quelques morceaux de bois. Son tunnel est d’occasion. Forcément. Et comme tout est pensé pour ne rien gâcher, le toit de sa serre alimente un récupérateur d’eau de pluie pour arroser les cultures.

Pas question d’acheter des plants, Pierre réalise ses semis et nous en détaille les différentes étapes. Devant nous, des mini plants de tomates, courgettes, concombres… qui attendent d’être assez costauds pour rejoindre les champs. Toutes les graines viennent de l’association Kokopelli qui vend des semences libres de droit et reproductibles. Logique.

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Début de tracteur.

Dans le premier champ, radis, salades et les tout premiers plants de tomates sont en place. Ce qui frappe au premier coup d’œil c’est l’agencement particulier des légumes… Les salades sont alternées avec les tomates ! En regardant de plus près on voit des coquilles d’œuf broyées à leur pieds, fameux remparts contre les limaces.

Dans le second champ, les rangs de concombres alternent avec ceux de navets, de rutabagas. Plus loin, un espace est réservé aux pommes de terre. Pour les butter pacifiquement et mécaniquement, Pierre a bricolé un outil à accrocher à son engin, enfin à celui de ses voisins qui lui filent un coup de main et lui prêtent du matériel. « Cette année, c’était mon baptême de tracteur. »

 

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Premiers rangs, premiers émois.

La visite se termine par le coin des bêtes, une grande basse-cour avec poules, canards et chèvres. « Voila des nouveaux habitants, explique-t-il sur sa page Facebook en mars dernier. Une vieille bique nommée Mireille et une bonne quinzaine de poules. Qui veut des oeufs frais ? ». Des poules pour les œufs, des canards pour la viande et des chèvres pour tondre, en ce début de l’été, l’équipe est au complet.

« D’ici une bonne quinzaine de jours nous aurons des pieds de salades et de tomates à vendre : cerises, Saint-Pierre, ananas, coeur de boeuf. » La quinzaine étant passée, les premiers légumes arrivent dans les assiettes des Normands gourmands. Le potagiste décroissant a réalisé une première partie de son rêve. « L’autre jour je réfléchissais à ce fameux projet et je me disais : enfin, je ne vais plus travailler, je vais vivre ! »

 

Photo de Une : © Thomas Louapre

 

 

 

3 commentaires

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  1. Dommage que vous soyez si loin de chez moi (début de l’Eure/Elbeuf…) sinon je serais venue me rassasier chez vous !
    Bon courage et surtout bonne continuation !

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