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Odile, mammifère omnivore (perdue dans les méandres des modes alimentaires)

Sois bio ! Achète local ! La viande tu n’y penses pas ? Le gluten, un poison ! Mange de tout ! En 10 années, j’ai en entendu des vertes et des pas mûres au sujet de mon alimentation. Alors j’ai avalé des vidéos, bu des reportages télévisés, englouti des livres jusqu’à me perdre complètement. Où suis-je ? Où vais-je ? Que mange-je ? Je ne sais plus.

Là c'est Odile avant. Avant quand elle pouvait manger librement.
Là c’est Odile avant. Avant, quand elle pouvait manger librement.

Tout a commencé il y a une poignée d’années vers les années 2007/2008 je crois. On m’a dit que je m’empoisonnais à chaque bouchée. Parce que les légumes étaient traités aux pesticides, que les animaux mangeaient de la nourriture OGM et étaient gavés d’antibiotiques. Parce que les pires conservateurs étaient cachés dans les produits transformés. Alors je me suis mise à manger bio pour éradiquer les produits phytosanitaires qui détruisent les sols et  la santé. Franchement, je me suis sentie mieux, j’étais beaucoup moins souvent malade. Le bio, un bon plan pour diminuer le trou de la sécu ?

Chaque jour au petit déjeuner, mon jus d’orange bio m’interpellait. Etait-ce si cohérent que ça de manger bio, puisque la plupart des produits que je consommais venaient de loin ? Et puis, elles étaient produites comment ces oranges ? Peut-être de manière intensive, en monoculture ? Comment avait-elles été transportées et stockées ? N’avaient-elles pas suivi le même parcours que les autres légumes ?

Là c'est Odile quand elle a découvert le bio.
Là c’est Odile quand elle a découvert le bio.

On m’a soufflé à l’oreille dit qu’il fallait relocaliser la production alimentaire. Pour éviter le transport, les intermédiaires, la spéculation. Bref, revaloriser l’agriculture locale et protéger notre chère planète. Je me suis donc mise à consommer des produits du coin, en majorité bio, en m’accordant quelques exceptions sur certains aliments que je jugeais suffisamment sains pour les avoir vu pousser de mes yeux vu. L’avantage du local, c’est qu’il est facile de se renseigner sur une production quand elle est voisine.

Et j’en ai visité, des fermes ! Je me suis mise à manger de plus en plus de produits dont je connaissais la provenance mais aussi les méthodes de production ou d’élevage. Je me suis tout de suite sentie maître de ma nourriture et c’est tellement plus rassurant. Je suis devenue locavore.

Puis on m’a dit que l’animal était un être sensible et qu’il ne fallait pas instrumentaliser les bêtes pour notre alimentation. Je me alors suis posée de nouvelles questions : a-t-on le droit de vie et de mort sur les animaux ? Peut-on prélever le lait des vaches destiné à leurs veaux, booster leur lactation jusqu’à ce que les mamelles explosent, les séparer de leur bébé pour nourrir l’humain de laitages ? Grosse prise de tête existentielle.

Là c'est Odile quand elle s'est rendu compte qu'on allait tous mourir empoisonnés.
Là c’est Odile quand elle s’est rendu compte qu’on allait tous mourir empoisonnés.

Je me suis renseignée auprès de mes éleveurs locaux. Ce sont des passionnés de leur métier. Ils pratiquent un élevage respectueux de leurs animaux, avec une alimentation maîtrisée, de l’espace et des champs pour que leurs bêtes puissent gambader. Pas de cages ni de hangars sombres et étriqués. La majorité d’entre eux pratique d’ailleurs l’agriculture biologique.

Quand je lui ai parlé d’abattage, François, éleveur, m’a confié que la méthode idéale serait de pouvoir tuer ses porcs à la ferme. On limiterait grandement le stress de l’animal, que l’on pourrait endormir avec des méthodes douces. Or la législation ne le permet pas, pour des raisons sanitaires. Un espoir que ça évolue ?

On m’a dit qu’il fallait devenir végétarien ou vegan que c’était chic parce que même Brad Pitt ne mangeait plus un gramme de steak. Là, je l’avoue, cette incitation a chamboulé mon esprit. C’est un fait, l’empreinte écologique de l’élevage d’animaux est énorme : on dit qu’il faut en moyenne 10kg de céréales pour produire 1kg de viande industrielle. J’ai également lu qu’en France, on consomme l’équivalent d’1,1 milliard d’animaux par an.

Ca, c'est la menace vegan qui semble s'abattre sur Odile.
Ca, c’est la menace vegan qui semble s’abattre sur Odile.

Pour le moment, j’ai finalement décidé de réduire la viande à son strict minimum, sans pour autant la supprimer. Jusque-là adepte de la viande bi-quotidienne, je me suis motivée à réduire ma consommation carnée à 2 fois par semaine. Chaque rare bouchée de viande que j’ingurgite est maîtrisée : je connais l’éleveur et ses méthodes d’élevage. C’est pareil pour les fromages et les yaourts : ils viennent tous de producteurs fermiers des environs. Mes exceptions, ce sont les repas en dehors de la maison, lors d’invitations ou de restaurants, en attendant que tout le monde s’y mette.

Bref, je suis devenue flexitarienne, c’est-à-dire que je privilégie un régime végétarien mais que je m’accorde de la viande et du poisson de temps en temps. Ma grand-mère dirait que je mange de tout, raisonnablement. Mais c’est pas une mode ça Mamie ? Allez, suite au prochain mouvement alimentaire !

5 commentaires

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  1. Je crois qu’on complique trop les choses. Manger des aliments naturels, locaux, de saison et pas transformé industriellement. Et puis écouter les besoins de son corps qui sont très individuels et peuvent varier énormement d’une personne à l’autre.

    C’est l’idée de l’individualité biochimique qui s’oublie chaque fois qu’on cherche le « regime parfait »: Jusque comme nous avons des empreintes digitales différentes, nous avons aussi des « types métaboliques » différents. Les différents types ont besoin de différents nutriments et de différents quantités & proportions de ces nutriments. Le même aliment (par exemple une orange ou de la viande) peut même avoir un effet différent dans des types différents. Malheureusement nous avons souvent perdu ce contact avec notre sagesse intérieure – nos préférences alimentaires sont souvent apprises ou influencées par ce que les experts disent.

    Puis il faut également différencier les différentes qualités d’un aliment. Trop souvent on parle de « la viande » et du « lait », mais il n’y a pas « la viande » ni « le lait ». Il y a la viande industrielle, la viande bio et puis la viande élevée selon les critères du « holistic grazing » (100% sur herbes et en suivant une certaine rotation). Une vache qui mange que des herbes ne consomme pas de céréales ni de soya et alors ne gaspille pas tous cet eau. Au contraire, elle aide à augmenter la fertilité du sol et ainsi aide à réduire le changement climatique. Il n’y a pas « le lait » non plus. Il y a les lait industriel, le lait bio, puis le lait pasteurisé, homogenisé et cru, il y a le lait entier et écremé. L’un n’a rien à voir avec l’autre – son effet sur la santé et sur l’environnement est très différent!

    En brève: Utiliser son sense commun et éviter tous ce qu’est industriel (y inclus les options « vegan » industriels).

  2. Bonjour,
    Ce n’est pas tant le régime de chacun qui importe, qu’on soit végétalien, végétarien, végane, omnivore, crudivore, herbivore, insectivore, locavore, trop-loin-tivore ou cannibale!
    Pour ma part, ma préoccupation du moment, c’est surtout avec quoi on traite le vivant pour le consommer, que ce soit les pesticides sur les plantes, les antibiotiques et autres chimie du même genre.
    Il y aura malheureusement toujours quelqu’un pour s’opposer à un autre sur ces sujets de l’alimentation.
    Il faut être juste en accord avec soit et, surtout, ce qui pour moi est incontournable, n’être ni un hérétique ni un prosélyte. Chercher à convaincre l’autre qu’on a la meilleure alimentation c’est faire absence de bon sens et d’humilité.
    Est-il besoin d’expliquer où nous mène l’utilisation à outrance de l’agrochimie? Non, quel que soit notre mode de vie nous le voyons tout les jours.
    La grande question c’est d’abord de savoir ce que nous voulons aujourd’hui pour nous, nos enfants, nos semblables et ce que nous voulons demain, ainsi que ce que nous souhaitons perpétuer.
    Chez les paysans aujourd’hui, dans l’élevage productiviste, il y a aussi des femmes et des hommes qui sont convaincus de faire bien leur métier. Chez celles et ceux qui font du bio aussi. Qu’est-ce qui a amené les deux à être là où ils sont? Je n’ai pas de réponse toute faite. Mais encore une fois, il suffit d’observer, d’écouter, de comprendre. J’adore la côte de boeuf, une belle côte de porc bio, un ragoût de mouton, certes. Aujourd’hui, du moins depuis plus de 3 ans, je ne consomme plus de viande. C’est mon choix.Pour des raisons qui me sont personnelles voire intime. Cela ne regarde personne. Et je ne me mêle pas de ce que mon voisin consomme. J’ai une forte tendance sur le bio aussi. Mais c’est aussi un lobby qui joue sur sa marque pour pratiquer les prix du caviar.
    Alors manger comme vous le sentez et comme d’autre, comme moi, vos goûts changeront, vos orientations culinaires aussi, vos envies et vos convictions.
    Bon appétit les Abeilles!!!

    1. Bonsoir,
      Cela fait plaisir de lire votre commentaire !
      Je pense que le lien commun que nous devrions avoir plus le fait de devoir tous devenir végan, est la qualité des produits….
      Que ceux qui veulent manger des hamburgers tous les jours, le fasse, mais que se soit de qualité !
      taxons le polluant, le non soutenable !!

      Venez faire un tour sur ma page facebook : la révolution dans nos assiettes !
      https://www.facebook.com/REVOLUTIONDNA/
      Des tutorels, des astuces, des techniques et des reflexions sur l’art culinaire…
      Merci

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