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Les belles biques bêlantes des Embestchés

Bique dans un pré
Bique dans un pré

Ils fournissent trois Ruches alsaciennes et respirent le bonheur dans le pré. Bienvenue à la ferme des Embestchés, à 30 minutes de Colmar et 750 mètres du niveau de la mer.

Salomé, Ferme des Embestchés Crédit photo : Thomas Louapre
Salomé, Ferme des Embestchés Crédit photo : Thomas Louapre

Sur la route du col du Bonhomme, sorte de Lautaret alsacien, la ferme des Embestchés est une carte postale à la Man Ray les jours de brouillard ou un camaieu vert pré lorsque la brume descend dans la vallée. Ici, Gaspard et Salomé, 60 ans à eux deux, ont repris l’exploitation familiale emplie de chèvres gracieuses et délicates, de moutons bêtas et bêlants et de cochons toujours prêts à tremper leur groin dans la gadoue pour boulotter une châtaigne. Au total près de 300 bêtes, les unes faites pour la traite, les autres pour le jarret. « Mes parents sont arrivés ici en 1978 avec à peine dix chèvres et aucun bâtiment d’élevage. Au début, ils campaient dans une petite canadienne », raconte Gaspard qui n’était pas encore né.

Gaspard dans une étable
Gaspard dans une étable

Dominique, le pater familias, ingénieur agronome formé par René Dumont, « ça laisse des traces », n’atterrit pas à Lapoutroie par hasard. Il connaît par cœur cette enclave pré-vosgienne pour y avoir passé tous les étés de son enfance. Rapidement, Thierry, montagnard passé par l’Ecole hôtelière rejoint l’exploitation. Au fil des années, les deux hommes agrandissent le cheptel d’alpines chamoisées et invitent ovins et porcins à la table de leurs clients. Ils construisent une fromagerie pour transformer sur place le lait de leurs chèvres et, en 1988, portent à bout de bras la création du « Cellier des montagnes », premier point de vente collectif alsacien où une douzaine de producteurs se relaient quotidiennement pour faire tourner la boutique fermière (qui cartonne).

Thierry
Thierry

Pendant ce temps-là, Gaspard et Salomé poussent entre les plantes sauvages. Etait-il écrit qu’ils reprendraient l’exploitation ? Pas vraiment. D’ailleurs, longtemps Gaspard a lutté contre cette idée. Il quitte la ferme quelques années pour se former à Pau, en génie biologique puis en développement local, parcourt le monde… « je voulais être sûr de revenir aux Embestchés par choix. » C’est ce qu’il fait sereinement en 2005. A son arrivée, il convertit l’exploitation en bio, avec certification à la clé. « On croit que l’agriculture paysanne et biologique sont similaires mais quand il faut passer en bio pour de vrai, ça change quand même les choses. Il faut être irréprochable sur toute la ligne. » Salomé, la benjamine de la fratrie enfile les bottes de l’exploitation quelques années plus tard puis c’est au tour de Roxanne, hier apprentie de devenir la 4e associée. Régulièrement, des woofers viennent compléter la dream team, certains pour apprendre le français, d’autres pour éprouver leur motivation fermière.

Des biquettes dans une étable
Des biquettes dans une étable

Cette ouverture au monde extérieur, le quatuor y tient. Tous prennent régulièrement des vacances pour recharger les batteries ailleurs, « c’était inenvisageable il y a 20 ans, se souvient Thierry. Travailler à 8 mains offre une vraie liberté. » Lui se concentre aujourd’hui sur la recette d’un camemchèvre mais rêve un jour de grande transhumance : traverser les Alpes à pieds pendant douze mois complets. Dans quelques années peut-être, le jour où Marjanne, la fille de Gaspard saura elle aussi faire avancer le troupeau…

Les Vosges
Les Vosges

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Un commentaire

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  1. C’est carrément tentant! Nous lâchons notre production salicole sur Ré, et on cherche à se reconvertir dans une exploitation bio (nous l’étions déjà en tant que sauniers, nous continuons sur notre lancée…), mais laquelle?
    Courage à eux et bravo encore !

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