Une vie de cueillettes et de sirops frais

Pour Dominique, cueilleuse de plantes sauvages, le thym et le romarin tiennent une place importante dans sa vie, sa cuisine et sa trousse à pharmacie. Tous les ans, elle va les chercher dans les montagnes chaudes et ensoleillées des Pyrénées Orientales et de l’Aude. Une à deux semaines de cueillettes là haut dans les montagnes. Récit.

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Armée de ma faucille pour le thym, et du sécateur pour le romarin, ainsi que de mon fidèle panier en osier, j’arpente les sites que j’ai repérés l’année d’avant. Je récolte du matin au soir, pendant 4 à 5 jours. Les plantes ramassées sont emballées dans de grands draps qui serviront à les transporter jusqu’à mon retour en Gironde. Et il faut faire vite car les plantes peuvent s’échauffer et s’oxyder si elles attendent trop longtemps. La récolte s’arrête quand mon véhicule est rempli.

 

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La cueillette sauvage est un travail consciencieux. Tout d’abord, le maniement de la faucille et du sécateur est délicat. Il ne faut pas se couper et il faut récolter les plantes comme si on les taillait, c’est-à-dire ne pas couper au ras du pied ou anarchiquement, mais en gardant une forme en boule et en laissant des feuilles pour la reprise. Et puis, il faut changer de site tous les ans, pour laisser la végétation se reposer et reprendre.

 

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Parmi les 40 à 50 plantes que je cueille ou que je produits, le Thym et le Romarin occupent une place importante. Ces deux plantes aromatiques, excellentes condimentaires mais également merveilleuses médicinales, je vais les chercher là où elles poussent naturellement, dans les montagnes.

 

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A peine rentrée des Pyrénées, le thym et le romarin doivent être rapidement sortis des draps et mis à sécher dans le « séchoir ». Le séchage durera de 5 à 10 jours, selon la météo. Il est « naturel », à température ambiante.

 

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Parallèlement, une partie de la récolte encore fraîche part pour la fabrication de sirops et d’apéritifs. Pour faire les sirops, une infusion concentrée et longue (12h minimum) permet d’extraire le maximum d’arômes, puis une cuisson courte avec le minimum de sucre permet de conserver ces arôme. Pour les apéritifs, deux techniques. Une macération de quelques semaines dans le vin, ou bien une mise en fermentation dans de l’eau sucrée, laquelle se poursuivra de 6 mois à un an en bonbonnes avant la mise en bouteilles !

 

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Quand le thym et le romarin sont bien secs dans le séchoir, il faut rapidement les conditionner, pour éviter une reprise d’humidité, et pour libérer le séchoir pour d’autres plantes. Cela commence par le « battage » : la récolte est mise dans des draps et battue sur une surface dure, par exemple un mur ou un arbre, afin de détacher les feuilles et les fleurs des rameaux. Il y a ensuite un tamisage qui permet de supprimer les ramilles qui restent. Et c’est enfin le tri manuel, qui permet d’enlever les dernières petites impuretés.

 

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Les plantes sont alors conditionnées en grands sacs en papier kraft et stockées dans une pièce de stockage, isolée et protégée de l’humidité par un déshumidificateur. Ces stocks serviront ensuite à confectionner les différentes tisanes et autres mélanges aromatiques qui seront ensuite pesés, mis en sachet et étiquetés.

Et voilà le résultat : aromates, tisanes médicinales, sirops et apéritifs ensoleillés. Il n’y a plus qu’à déguster !

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