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Les mille et une vies du chanvre breton

Farine, pâtes, huile, bières, mais aussi plastique et tissu. De la tige à la graine, le chanvre est polyvalent et se transforme de multiples manières. L’association Bretagne chanvre développement veut structurer une filière locale autour de cette plante fabuleuse. Jugez plutôt… Pour en savoir plus sur l’association, c’est ici.

Texte : Claire Baudiffier
Photos : Thomas Louapre

Pierre-Yves Normand, qui a créé l’association Bretagne chanvre développement, a installé des plantations expérimentales sur de petites parcelles agricoles. Une trentaine de variétés de chanvre « industriel » sont autorisées aujourd’hui en France.

Si la Bretagne comptait 100 000 hectares de culture de chanvre il y a un siècle et demi, elle en recense aujourd’hui autour de 250 hectares. L’association a formé une trentaine d’agriculteurs à cette culture, dont Yves de Broc, à Plomelin. L’idée est de développer une filière avec des acteurs en hyper local, autour de Quimper.

L’une des applications possibles du chanvre, c’est bien sûr la transformation en textile (via les tiges). De nombreux Bretons ont d’ailleurs fait fortune, jadis, en vendant des toiles de chanvre.

Une autre plantation expérimentale, sous serre cette fois-ci, côtoie les arbres fruitiers d’un maraîcher finistérien.

Au siège de l’association Bretagne chanvre développement, ce matin-là, c’est manucure : Solen Lebrequer, en reconversion vers un projet autour du chanvre, s’y attelle. Les déchets de la plante sont nettoyés soigneusement avant d’être mis à sécher pour analyses et vérification de la non-présence de THC. Si les législations française et européenne n’évoluent pas dans le sens de la commercialisation des fleurs, celles-ci seront détruites.

Ici, le chanvre sèche à la verticale dans une pièce à 25 °C.

Après avoir séché, les graines deviennent tisane. Celle-ci est vendue localement sous la marque Chanvre de Bretagne. Son taux de CBD n’excède pas 2 % et elle a des propriétés relaxantes.

Les tourteaux (à gauche) seront ensuite pressés localement pour obtenir de l’huile, au savoureux goût de noisette. À droite, la farine de chanvre (qui contient 30 % de protéines) est utilisée avec d’autres farines pour la fabrication de pâtes par l’entreprise spécialisée Créa Nature. 10 000 repas avec ces pâtes ont été servis aux écoliers de Quimper.

Graines (décortiquées ou non), tisane, bières, huile, plastique, tissu, pâtes, farine, cookies… Voici, entre autres, pour le moment, les produits développés par l’association. Nutritionnellement, le chanvre est très intéressant puisqu’il est riche en protéines, vitamines, acides gras essentiels, minéraux et oméga 3 et 6.

Pour le moment, les fleurs de chanvre, qui concentrent le plus de cannabidiol, ne peuvent pas être exploitées. Elles ne sont pas destinées à la vente, puisque le cadre réglementaire ne le permet pas. L’association espère que la législation évoluera pour qu’une filière de chanvre bien-être puisse se structurer.

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