Les voyages forgent les vignerons

Nicolas Gaignon, un Saumurois dans le Minervois

Avec sa compagne Carine Farre, ils pilotent l’excellent vignoble du Loup Blanc, dans un magnifique coin du Languedoc. Coup de foudre pour ce couple ultra-sympathique et leurs vins de terroirs et de partage.

Canada + Saumur = Minervois… Vous allez comprendre ! Alain Rochard et Laurent Farre, saumurois de naissance, s’installent au Québec au milieu des années 1990 pour ouvrir le bistrot Le Continental où, depuis, ils partagent leur amour de la dive bouteille. Passionné par le vin, Alain obtient un diplôme de sommelier-conseil et achète un domaine en 2002, à l’extrémité nord-est du Minervois, là-bas, dans ce sublime arrière-pays languedocien adossé à la Montagne Noire.

Le couple fonce plein sud, bien loin de la Loire mais à deux pas du canal du Midi, pour un aller sans retour. 

D’accord mais qui va s’occuper de la propriété au quotidien ? Nicolas Gaignon, dont les origines et les premiers pas en vigne laissent imaginer qu’il va embrasser pour de bon le terroir ligérien, et Carine Farre, compagne de celui-ci et sœur de Laurent. Le couple ne s’attarde pas trop à réfléchir et fonce plein sud, bien loin de la Loire mais à deux pas du canal du Midi, pour un aller sans retour.

Quinze ans plus tard, « Nico » et Carine sont toujours là et bien là, enracinés dans cette sublime géographie, puissante et douce à la fois, entre garrigue, pins et canyon. Restructuration du vignoble, conversion en bio, passage en biodynamie, construction d’une cave plus confortable que la vieille baraque initiale, ces deux-là n’ont pas vraiment goûté au farniente et à la sieste pour hisser leur vignoble du Loup Blanc parmi les domaines les plus intéressants de la région. Ils n’ont de toute façon pas intérêt à chômer car on en redemande de leurs vins, à Montréal et ailleurs ! Loin d’une certaine école languedocienne qui, au milieu des années 1990, tenait à montrer ses muscles avec du degré et de la concentration à outrance, eux cherchent surtout à poser leurs vins blancs et rouges sur des équilibres élégants et digestes.

Préserver cette fraîcheur si précieuse dans le grand sud, voilà l’idée. S’il était resté à Saumur, « Nico » aurait joué du cabernet franc en rouge et du chenin en blanc. Ici, sur à peine vingt hectares, sa partition est riche d’une dizaine de cépages dont le grenache, le carignan, le cinsault et les plus rares tempranillo et alicante, ou encore le terret bourret et le grenache blanc pour les blancs. En excellent chef d’orchestre, il en invente des cuvées drôlement gourmandes et harmonieuses.

On va déguster ?

Vignoble du Loup blanc, vin de France, Le Régal blanc 2016

Assemblage de terret blanc et gris, de grenache blanc et gris, et de carignan blanc, cette cuvée se révèle d’une grande franchise d’expression. Les arômes ? Fenouil, agrumes, notes fumées, raisins frais. Puissant et riche mais sans aucune lourdeur, le vin se donne en une bouche pleine, mûre, une matière soyeuse et une finale longue et salivante. À servir à table, sur des poissons cuisinés par exemple.

Vignoble du Loup blanc, minervois, Le Régal rouge 2016

Beaucoup de grenache et de carignan, un peu de syrah, voilà les ingrédients de ce vin rouge issu de dix parcelles différentes. Sans renier ses origines sudistes, il en refuse les potentiels excès : il trouve un équilibre idéal entre un tempérament généreux et une fluidité, une vivacité et une digestibilité remarquables. Juteux, il délivre des notes de fruits rouges et de réglisse. Pourquoi pas sur une viande blanche légèrement épicée.

Vignoble du Loup blanc, minervois, La Mère Grand 2014

Avec cette cuvée, on a la confirmation que la signature du domaine tient à la recherche de fraîcheur et d’équilibre. Carignan et grenache lui donnent ce caractère méditerranéen qui s’exprime en finesse beaucoup plus qu’en force. Tendu et tendre à la fois, le vin file droit au goût, pour escorter par exemple une viande rouge grillée ou une épaule de cochon rôtie.

Vignoble du Loup blanc, IGP Aude Val de Cesse, Méchant loup 2014

Avec le tempranillo – associé au grenache –, c’est un peu d’Espagne qui s’invite sur le terroir languedocien. Et le cépage ibérique est le bienvenu ! Le domaine ne produit pas des vins ramenards ou vulgairement flatteurs. Tenu par une bonne structure, marqué par des tanins fins et une bouche pure et précise, celui-ci se révèle profond, racé et très élégant. Un vin complet ! Sur une viande rôtie ou mijotée.

Pas de commentaire

Close

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recevoir le magazine

1 newsletter par semaine.
No pubs, Pas de partage de donnée personnelle

Oui ?

Recevoir le magazine

1 newsletter par semaine.
No pubs, Pas de partage de donnée personnelle