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Pleins champs sur la culture

Bon, soyons honnête, l’approche n’est pas des plus bucoliques. La route n’a fait aucun effort pour nous produire le paysage vallonné qui va bien sur les photos. La ferme principale, un peu tristoune, n’est plus habitée depuis un certain temps. Bref, aucun risque de passer par la case séduction instantanée. Au rythme des saisons n’est pas seulement une ferme et se mérite par la découverte, c’est précisément tout son charme.

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Cherchez l’apicultrice et vous trouverez la cultivatrice de fruits rouges. Trouvez les maîtres maraichers du lieu et vous croiserez la spécialiste des plantes médicinales. Vous pensez que Charles, Matthieu, Marie, Joseph, Thibault, Sébastien, Anne-Sophie, Maxime, Marion, Paul et Laurène qui font partie de cette même ferme cultivent des fruits et légumes et bing, ils insistent pour être présentés comme les animateurs du Festival de Cauberotte, « un événement « Agri-Culturel », expression des arts, de l’artisanat, du bien-être et de la culture en pleine nature » dont la 8ème édition s’est achevée en juillet dernier, excusez de la constance du propos.

Et d’ailleurs le festival en question a tout simplement lieu dans la ferme, intimement lié à l’activité rurale et produit d’une longue amitié gastronomico-musicale qui lie Paul Bosshardt et Maxime Grémont, les principaux animateurs du lieu. Ces deux là sont complices comme cochon et vous referaient le monde vite fait bien fait si on leur donnait tous les codes. En attendant, la grande histoire pouvant s’avérer être le cumul de petites, c’est au lieu-dit Laverny à Moncrabeau, à quelques encablures d’Agen qu’ils mettent leur talent à l’épreuve.

Ici 180 variétés de fruits et légumes vendues uniquement en circuit court.
Ici 180 variétés de fruits et légumes vendues uniquement en circuit court.

Ici on joue collectif et les enjeux dépassent très largement les problématiques agricoles. Toutes sortes de compétences s’agrègent, chacun fabrique ou produit quelque chose à la fois nécessaire à la communauté mais qui va également compléter l’offre pour les clients locaux. Mais surtout chacun apporte sa pierre à une réflexion plus globale. On commence par considérer l’homme dans la nature, puis on réfléchit à l’homme dans la société rurale de 2015, sa place, son rôle, on en parle avec les anciens et les voisins, on se positionne et puis, in fine, on cultive intelligemment, en accord avec soi-même et son environnement naturel, mais aussi social.

 

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Et tous ces débats multipliés par le nombre de protagonistes, ça vous fait aussi un sacré champ de neurones à cultiver. Au fond, c’est bien de ce projet là dont on parle avant tout. Certes Paul et Maxime ne sont pas peu fiers de leurs 180 variétés de légumes différentes livrés en totalité en circuit court. Ils affichent également joyeusement l’absence totale de pesticides ou même d’engrais sur leurs terres avec un rendement équivalent à celui de l’agriculture conventionnelle. Mais au fond, c’est surtout l’utilisation de variétés issues de semences paysannes adaptées au sol et au climat local qui les passionnent parce que c’est là que se tissent des liens intergénérationnels, que se pensent les alternatives en n’opposant pas les anciens et les modernes, les premiers pouvant s’avérer très innovants et les seconds ringards.

Leur projet pour améliorer leur productivité en transformant les surplus de production en conserves les anime sérieusement. Il s’agit de ne plus rien perdre des fruits trop mûrs ou des aubergines fatiguées. Il faut donc pouvoir cuisiner et si possible avec les meilleures recettes qu’ils ont déjà mises à l’essai, dont une glace à la tomate verte et des chutneys dont ils parlent avec déjà les yeux plus gros que le ventre. Dans la maison de Paul une salle toute neuve vient d’être repeinte de frais, c’est là qu’ils prévoient de poser leur chaîne de production avec l’obligatoire autoclave pour les conserves.

Petit festival deviendra grand...
Petit festival deviendra grand…

Première partie de l’étage de la fusée. Le satellite, c’est le festival, parce que c’est là que les messages d’avenir qu’ils veulent faire passer, notamment aux jeunes, doivent pouvoir se développer. Et là ça coince parce qu’ils rentrent dans la civilisation des normes et de l’administration pour laquelle ils n’affichent pas, dès l’abord, un amour débordant. Les conditions d’accueil, le travail avec les scolaires, l’organisation d’ateliers ou de la restauration représentent un changement d’échelle qui n’est pas encore possible dans leur modèle économique.

Quelques travaux sont donc nécessaires pour ouvrir des locaux mais surtout, ils s’imaginent déjà pouvoir sortir de la saisonnalité festivalière et avoir un emploi à plein temps dédié à la pédagogie. Et ainsi, leur festival pourrait très vite faire des petits, être reproduit ailleurs, formant ainsi un réseau d’initiatives ruraux-citoyennes exemplaires.

Alors, on les aide ?

 

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Pour découvrir le projet en images, c’est par ici…

Et pour le soutenir, c’est .

Article de Pierre Hivernat

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