Du rugby et des vignes

Jean-Marc Grussaute, la crème du Jurançon !

De millésimes en millésimes, ce biodynamiste convaincu prouve qu’il est l’un des plus grands vignerons du Sud-Ouest. Ses arguments ? Des vins secs et moelleux à la fois, profonds et lumineux.

Dans un chapitre Sud-Ouest un peu fourre-tout qui rassemble des vignobles aux vertus et aux réalités multiples, Jurançon se distingue grâce à de fabuleux vins blancs, secs ou moelleux. Direction le Béarn, donc, pour découvrir cette appellation de quelque 1500 hectares et faire connaissance avec Jean-Marc Grussaute, l’un de ses vignerons les plus talentueux.

Pour atteindre le domaine Camin Larredya et rencontrer ce bonhomme trapu à la barbe broussailleuse, ancien deuxième ligne de rugby de la section paloise, il faut, depuis le village de Jurançon, emprunter une route sinueuse qui trompe la pente de coteaux quasi-montagnards. Arrêt à la Chapelle de Rousse, devant la ferme des Grussaute composée de plusieurs bâtiments aux volets rouges.

Une de mes premières décisions ? Sortir de la coopérative pour mettre en bouteilles mes propres vins.

À ses « pieds », un amphithéâtre de vignes plantées en terrasse. En arrière-plan, la chaîne pyrénéenne dans son entier ou presque. L’endroit a de la gueule ! À la mort de son père, Jean-Marc Grussaute n’a que 15 ans et cire les bancs du lycée agricole de Masseube, dans le Gers. Aîné de la famille, il enchaîne avec un BTS viticulture-œnologie pour vite reprendre le domaine.

Une de ses premières décisions ? Sortir de la coopérative pour mettre en bouteilles ses propres vins. Aujourd’hui, le vigneron a la cinquantaine et ses vins superbes sont plébiscités bien au-delà des frontières de l’AOC depuis de nombreux millésimes.

Pourquoi un tel succès ? Parce que ses cuvées, d’un équilibre, d’une précision et d’une complexité remarquables, en sec comme en moelleux, naissent d’une démarche ultra-exigeante. Jean-Marc Grussaute conjugue bon sens paysan, travail en bio et en biodynamie pour cultiver ses vignes comme un jardin, rentrer en cave la plus belle vendange possible et la vinifier sans maquillage, au plus près du terroir et du raisin.

Son « terrain de jeu » s’étend sur une petite dizaine d’hectares autour de la ferme, plantés sur un sol de poudingues silico-argileux riche en galets roulés. Sur la commune de Lasseube, il a aussi défriché un hectare d’un coteau posé sur un très singulier et très vieux calcaire antérieur à la formation des Pyrénées. Sur cette forte pente, il a planté du petit manseng, cépage vedette de l’appellation avec le gros manseng, mais aussi des variétés beaucoup plus rares comme le camaralet et le lauzet… Toujours en mouvement, Jean-Marc Grussaute n’a donc pas fini de placer très haut les vins de Jurançon.

On va déguster ?

Camin Larredya, jurançon sec, La Part Davant 2016

Il est un peu comme un pilier de rugby qui serait capable de courir le 100 mètres en moins de 10 secondes… Puissant mais vigoureux, carré des épaules mais vif, ce blanc sec a des choses à raconter ! Composé de gros manseng, petit manseng et petit courbu, il cueille aussi son monde par son volume, sa structure, l’intensité et la longueur de son fruité, sur des notes d’agrumes notamment. Poisson en sauce ou viande blanche ?

Camin Larredya, jurançon, Au Capcéu 2016

Vous cherchez le compagnon d’un foie gras, d’un plat sucré-salé ou d’une tarte aux figues ou aux abricots… Vous l’avez trouvé ! Né de raisins de petit manseng passerillés, ce moelleux déploie une palette aromatique riche et complexe autour de fruits confits. Très expressif et long en bouche, il se montre aussi d’une grande élégance car le vigneron a eu le talent de lui prêter un remarquable équilibre.

Pas de commentaire

Close

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recevoir le magazine

1 newsletter par semaine.
No pubs, Pas de partage de donnée personnelle

Oui ?

Recevoir le magazine

1 newsletter par semaine.
No pubs, Pas de partage de donnée personnelle