Réactions en chêne

La fabrication des tonneaux nécessite une série de gestes précis dont dépendra la qualité du vin qu’ils abriteront. À Gaillac (Tarn), où la Tonnellerie du Sud-Ouest a conservé une échelle artisanale, le précieux écrin de bois passe de main en main dans un ballet fascinant.

Texte : Aurélien Culat
Photos : Thomas Louapre

L’unité de base, c’est la douelle, ce morceau de bois qui constituera la paroi de la barrique. Celle que vient de découper Lucas, apprenti-tonnelier, est en chêne de la forêt de Tronçais, vieilli 36 mois. Prix du mètre cube : 6000 euros. À manipuler avec précaution…

Premier assemblage, après avoir fait tremper le bois. Grégory, le chef d’atelier, réunit entre 28 et 32 douelles pour une barrique de 225 litres. Les cercles de métal sont provisoires.

Les “fleurs” sont mises à chauffer une quarantaine de minutes sur des braseros afin de faire sécher le bois et de libérer les arômes qu’il confiera au vin.  

De la barrique émanent des parfums de brioche et d’amandes grillées. Chaque “chauffe” est ajustée pour répondre aux demandes du vigneron. Le cépage, le terroir et le climat sont des informations que le tonnelier doit garder en tête au moment de cette opération essentielle.

La presse effectue l’essentiel du travail de force en cintrant les tonneaux dans leurs cercles. Mais l’artisan doit repasser derrière, au marteau, pour ajuster au millimètre.

Chaque tonneau étant unique, il faut à chaque fois prendre sa circonférence pour fabriquer les deux fonds. Une erreur de quelques millimètres et l’étanchéité ne serait pas assurée.

Fabien assemble les fonds à partir de planches taillées comme des lames de parquet. Les tonneaux ne contiennent ni clou, ni vis, ni colle, mais un élément extérieur est incorporé entre les parois et le fond : une pâte de farine et d’eau.

Les fonds et les cercles définitifs étant posés, le tonneau est poncé pour l’éclaircir et l’embellir.

Moment crucial. Le test d’étanchéité est réalisé à haute pression. Ouf, ça passe pour cette barrique.

Une dernière touche, technologique cette fois : la pyrogravure au laser. Sont indiqués la gamme de barrique, l’année de production et le type de chauffe réalisée.

Pour assurer la promotion de ses barriques, Baudoin de Montgolfier passe un jour sur deux à l’étranger, où s’effectue 70 à 80 % des ventes. L’occasion aussi de sentir l’évolution du goût mondial. Aujourd’hui, si le boisé n’a plus la cote, les tonneaux sont toujours appréciés pour accompagner délicatement le vieillissement des grands vins.

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