C’était sans doute un nom prédestiné. Dans la famille Bouchez, on est éleveur de père en fils et on prépare directement la viande dans le labo de la ferme (les fameuses Viandes du Chateauneuf). Cette dernière s’appelle la ferme du Bout là Haut et se trouve tout au Nord, dans le Pas-de-Calais où l’herbe est bien verte et la brume parfois épaisse. Pendant 12 heures, Franck le fiston de la famille nous fait vivre une journée de vétérinaire-éleveur auprès de ses Limousines.
Il est 06h du matin, je me lève en vitesse parce que je sais que des génisses sont prêtes à vêler. En arrivant je peux constater qu’un veau vient juste de naître, la vache va bien et lèche son veau… La journée commence bien !
Un café s’impose et ça me permet d’organiser la journée. Nous sommes plusieurs à travailler sur la ferme : je laisse les consignes pour chacun sur une feuille de papier tout en regardant la météo. Ensuite les ajustements se feront par téléphone tout au long de la journée.
Première étape de la journée : faire boire les veaux et nourrir les vaches. Il faut pour cela deux personnes en hiver et une en été. Ici, Gauthier se charge de distribuer le méteil. Il est apprenti et alterne des semaines à la ferme et des semaines au lycée agricole.
Après avoir bien mangé les vaches voudront dormir un peu alors on refait les lits… Elle n’est pas belle la vie ? Nous le faisons à la main, c’est plus dur mais ça permet d’avoir des animaux plus calmes et habitués à voir du monde. Allez Dany et Gauthier, courage !
Ce matin il est prévu de boucler les veaux derniers nés, il s’agit de leur attribuer un numéro qui les suivra tout au long de leur vie. Il est 10h, nous allons les rechercher en pâture, direction le parc de tri.
Les vaches sont rentrées. Nous utilisons un couloir de contention et une cage de contention. Rien de méchant mais la sécurité des personnes est primordiale. Ainsi tout le monde est calme et les bovins aussi.
Chaque veau porte un numéro et aura ainsi un passeport : c’est le début de la traçabilité. Durant toute sa vie, les évènements sanitaires, vêlages, ventes… sont consignés sur le logiciel de la ferme qui est en lien avec l’administration et le cabinet vétérinaire.
Nous profitons de cette demi-journée de mise en place pour bien refaire les lots et répartir les bovins dans chaque étable. Pour cela il nous faut séparer les vaches gestantes et non gestantes. Je vois ainsi celles qui resteront un peu plus longtemps avec le taureau : c’est l’une de mes principales activités sur la ferme.
Bien sûr tout cela se passe beaucoup mieux avec un chien de troupeau ! Sumo vieillit un peu mais veut toujours être avec nous quand nous nous occupons des vaches de plus près…
Il est maintenant 11h30, Dany et Gauthier préparent les tracteurs pour l’arrachage de betteraves qui commence vers midi. J’en profite pour aller voir des vaches et des génisses en pâture et oh surprise ! Le taureau du voisin a succombé au charme de nos limousines. Je suis pour le mélange des couleurs mais quand même, demain il faudra le renvoyer chez lui.
Les betteraves sont arrachées et ramenées à la ferme dans un silo, nous les aurons ainsi à disposition pour les distribuer tous les jours en hiver. Marcel (à pied sur la photo) est en retraite mais il est l’un des piliers de la ferme, depuis l’entretien du matériel et des bâtiments jusqu’au travail dans les champs il est sans arrêt sur le front et ses conseils sont très écoutés.
Nous avons récolté 5 hectares sur les 6 lorsqu’une forte pluie nous empêche de poursuivre (vive le Pas-de-Calais !)
Il est 18h. Retour à la ferme pour s’occuper des animaux pendant que Gauthier passe la balayeuse afin de nettoyer les routes, ce qui est indispensable après la récolte des betteraves. Je suis certain que tout le monde dormira bien ce soir ! Il y a bien sûr des papiers à faire (5 heures par semaine en moyenne) mais ils attendront sûrement encore un peu…
PS/ La prochaine fois, je vous raconterai la vie de l’atelier car c’est avec autant de passion qu’une autre équipe poursuit notre travail afin de toujours progresser dans la qualité de la production.
Photo de Une : ©Thomas Louapre
Bonjour,
Pourquoi faut il faire boire les veaux? ils sont séparés de leur mère? ou bien j’espère qu’ils ne portent pas de muselières comme cela se pratique pour garder la viande blanche?
cordialement
Veaux sous la mère ?
bonjour,
question de quelle façon le bétail est abattu ?
MERCI.
Merci pour ce reportage qui nous montre combien votre métier est exigeant et aussi combien vous respectez vos bêtes. Moi qui suis soucieuse du bien-être animal, cela me fait plaisir.
Nadine